Masculin du mot « lecture »
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Bonjour.
Je cherche à former le masculin du nom féminin « Lecture » si c'est possible. Sinon, peut-on le former du latin ou du grec ?
Merci.
Étrange demande ! Dans quel sens ? L'acte de lire (le lire, le lisage?) ou ce qui est lu (le lu ?).
Oui, l'action de lire.
Le lire me semble l'option la plus simple.
https://www.rfpp.net/spip.php?article17
Je vois.
Peut-on formuler l'expression ; « le généreux lire » ou c'est plus propre de dire « la généreuse Lecture » ?
Le contexte manque un peu !
Le « lire » me rappelle le « vivre ensemble ».
De quand date ce procédé qui consiste à convertir l'indicatif d'un verbe en nom (en substantif ?) et est-ce qu'il porte un nom ?
Cela me semble ancien ; il suffit de prendre dans La Fontaine :
« Et le Financier se plaignait
Que les soins de la Providence
N'eussent pas au marché fait vendre le dormir,
Comme le manger et le boire. »
Tu as fait une faute de frappe… 😉 Ce n'est bien sûr pas l'indicatif, mais l'infinitif qui est converti.
On parle d'infinitif substantivé.
C'est sûrement très ancien, effectivement.
Et quelquefois, on oublie l'origine verbale : le rire, le sourire, le diner, le déjeuner…
À plus forte raison quand il s'agit d'un infinitif disparu, comme
le plaisir (ancien infinitif du verbe plaire) ou
le loisir (ancien verbe impersonnel signifiant "être permis").
Pour Freddy. Il existe un ouvrage entièrement consacré à l'historique de l'infinitif substantivé en français. En voir le résumé ici :
https://journals.openedition.org/crm/11601JohnSmithOfficiel a écrit :Oui, l'action de lire.
On peut dire aussi :
Le fait de lire, mais c'est moins simple que
le lire, proposé par Lamaneur.
Ne perd-on pas de vue l'idée qu'une langue est d'abord le fruit d'une convention? Le fait qu'on puisse en théorie la manier ne constitue pas forcément une licence indéfinie aux opérations de l'esprit.
Si, en tant qu'infinitifs substantivés, on distingue nettement « le déjeuner », mais pas « le manger », de leur nature verbale, c'est que « déjeuner » a réellement les traits d'un substantif. On le voit dans l'articulation des deux termes : on ne dit pas « un manger ; les mangers ; etc. » -- pas parce que cela est en soi impossible (car ce le serait alors aussi pour « un déjeuner ; les déjeuners ; etc. »), mais parce que le mot « déjeuner » contient désormais tout ce qui a trait à son concept, alors que « manger » se trouve parmi d'autres substantifs qui endossent également l'idée du manger : nourriture ; bouffe. Autrement dit, le substantif « déjeuner » est nécessaire à la langue, au contraire du substantif « manger »… ou du substantif « lire ».
Un masculin à « lecture » n'est pas nécessaire.
Les mots sont des inventions, qui me font envisager le nécessaire et l'absolu.
Peut-être que JohnSmithOfficiel a une raison de chercher ce masculin ? Une raison bizarre ?
Duane a écrit :Les mots sont des inventions, qui me font envisager le nécessaire et l'absolu.
Les mots superflus sont des inventions superflues.
"Le manger" n'est pas interchangeable avec "la nourriture".
En perdre le boire et le manger, ce n'est pas "en perdre la nourriture et la boisson".
Si les termes ne sont pas interchangeables dans ce contexte, ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas des valeurs interchangeables, mais parce ce qu'en perdre le boire et le manger est une expression dont la somme des parties n'a pas le même sens que ces parties prises isolément. Autrement dit, dans en perdre le boire et le manger, « manger » ne signifie pas plus « manger » que « nourriture ». Il n'est que « manger » dans « en perdre le boire et le manger ». Pour ce qui est du substantif « manger », on peut indifféremment dire « j'ai mangé du manger » ou « j'ai mangé de la nourriture ». Ces mots sont donc interchangeables du point de vue de leur signification.
Dans "en perdre le boire et le manger" , le substantif s'emploie au sens d' "action de manger".
On en perd le manger, on n'effectue plus cette action.
En perdre le boire et le manger : Être si préoccupé qu'on ne pense plus aux nécessités de la vie (Larousse en ligne). Vous escamotez cette caractéristique pourtant si particulière des expressions populaires, qu'elles ne signifient pas ce qu'elles disent. Dans en perdre le boire et le manger, pour être en mesure de conclure que « manger » s'emploie au sens d'action de manger, et non au sens de nourriture, il faut d'abord considérer que en perdre le boire et le manger signifie être si préoccupé qu'on ne pense plus aux nécessités de la vie. Or, en perdre le boire et le manger pris comme vous le faites comme une succession décomposable de termes ne signifie pas être si préoccupé qu'on ne pense plus aux nécessités de la vie, mais en+perdre+le+boire+et+le+manger, et sous cet aspect « manger » n'a pas le sens d'action de manger, mais de nourriture. Bref, vous abordez cette expression comme si sa signification était déductible de ses termes. Ce n'est pas le cas, ou, plus exactement, ce n'est plus le cas.
Merci de la leçon, professeur Optimates.
Et tout ça pour dire que l'infinitif substantivé "le manger" n'est pas plus utile que "le lire"… 😉