Quantité des voyelles latines

Langues anciennes

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Est-ce qu'on sait si la distinction entre les diverses voyelles du point de vue de leur quantité était observée dans la langue parlée spontanément par les Romains (en dehors donc de la poésie) ? Autrement dit, est-elle naturelle ou est-ce une convention artificielle qui s'est développée avec la littérature en vers ? Je n'ai pas trouvé de réponse à cette question dans mes lectures en ligne.
Je sais que ce genre de distinction entre voyelles courtes et longues existe et est discriminante en finnois et en japonais, mais il ne me semble pas qu'on la retrouve dans aucune langue romane moderne. En italien il y a bien un allongement de la voyelle accentuée, mais on n'a jamais (à ma connaissance) d'allongement d'une voyelle non-accentuée, ce qui laisse supposer que cet allongement-là est simplement dû à l'accent tonique. Pourquoi cette distinction a-t-elle donc disparu dans les langues romanes (si elle a jamais existé dans la langue latine parlée spontanément) ?

Merci d'avance.
Bonjour,

Oui, la quantité latine est un vrai fait de langue, le latin a des voyelles longues et brèves indépendantes de la place de l'accent.

Les oppositions de quantité ont disparu à des dates variables dans les langues romanes (vers le VIe s. en français), l'opposition entre voyelles brèves et longues étymologiques subsistent sous d'autres formes, notamment des oppositions qualitatives (de timbre).

Voyez cet article : https://books.google.fr/books?id=EpHyCQAAQBAJ&pg=PA31&lpg=PA31&dq=disparition+de+la+quantit%C3%A9+dans+les+langues+romanes&source=bl&ots=qzLauZcauE&sig=zMlb7vFIMYAmY_U-hEKA6kJPNx0&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwit2sO5jefaAhUBnRQKHV8KAdQQ6AEIfjAJ#v=onepage&q=disparition%20de%20la%20quantit%C3%A9%20dans%20les%20langues%20romanes&f=false

Bien cordialement.
Merci beaucoup, explications très complètes effectivement !

Je me permets de revenir à la charge suite à la lecture de la page en anglais de Wikipédia sur les voyelles en latin classique.
D'après cette page, les voyelles longues et courtes étaient prononcées différemment non seulement en longeur mais aussi en timbre, et l'on en veut pour preuve les erreurs d'orthographe de l'époque suggérant par exemple que le i et le u courts avaient le même timbre que respectivement le e et le o (la longueur mise à part), et on donne pour exemple les erreurs suivantes :

trebibos for tribibus [ˈtrɪ.bɪ.bʊs]
minsis for mensis [ˈmẽː.sɪs]
sob for sub [sʊb]
punere for pōnere [ˈpoː.næ.rɛ]

Est-ce que ces conclusions sont universellement reconnues, ou s'agit-il là d'une simple hypothèse parmi d'autres qui se valent tout autant ?

De même Wikipedia parle de nasalisation de certains en et em en s'appuyant sur le fait que certains écrits font disparaître le n et le m :
censor /ˈken.sor/ > [ˈkẽː.sɔr] (in early inscriptions, often written as cesor)
consul /ˈkon.sul/ > [ˈkõː.sʊl] (often written as cosol and abbreviated as cos)
inferōs /ˈin.fe.roːs/ > [ˈĩː.fæ.roːs] (written as iferos)

Je me demande si tout cela est bien établi, ou juste des pistes.

Merci d'avance.

Bonjour à tous,

je suis en train de réapprendre le latin via la méthode Orberg et je constate que le manuel indique systématiquement la quantité des voyelles pour chaque mot imprimé à chaque ligne de chaque page (textes écrits en prose ou sous forme de dialogue). Je ne me souviens pas de ces indications dans les manuels scolaires losque j’étais étudiant. Dans mes souvenirs, on ne s’intéressait à la quantité des voyelles que pour la scansion des vers.

Ma grande question existentielle du moment : dois-je en tenir compte ?

En vous remerciant,

Orlando

On l’indiquait parfois pour la terminaison -a, afin de distinguer ablatif et nominatif de la première déclinaison.

> @""#p547365 Bonjour à tous, je suis en train de réapprendre le latin via la méthode Orberg et je constate que le manuel indique systématiquement la quantité des voyelles pour chaque mot imprimé à chaque ligne de chaque page (textes écrits en prose ou sous forme de dialogue). Je ne me souviens pas de ces indications dans les manuels scolaires losque j'étais étudiant. Dans mes souvenirs, on ne s'intéressait à la quantité des voyelles que pour la scansion des vers. Ma grande question existentielle du moment : dois-je en tenir compte ? En vous remerciant, OrlandoBonjour,Différents manuels adoptent différentes présentations. La quantité vocalique fait partie intégrante de la langue et il vous est donc conseillé de l’apprendre ; en revanche elle n’est pas notée dans les manuscrits et les éditions de textes anciens.

> @""#p547365 Bonjour à tous, je suis en train de réapprendre le latin via la méthode Orberg et je constate que le manuel indique systématiquement la quantité des voyelles pour chaque mot imprimé à chaque ligne de chaque page (textes écrits en prose ou sous forme de dialogue). Je ne me souviens pas de ces indications dans les manuels scolaires losque j'étais étudiant. Dans mes souvenirs, on ne s'intéressait à la quantité des voyelles que pour la scansion des vers. Ma grande question existentielle du moment : dois-je en tenir compte ? En vous remerciant, OrlandoBonjour OrlandoJe te conseille d’apprendre dans un premier temps les quantités en morphologie nominale et verbale : IS avec i long c’est un datif ou ablatif pluriel décli 1 ou 2, IS avec un i bref c’est une terminaison de génitif sg de la 3e. US avec un u bref c’est un nominatif type dominus, US avec un U long ressortit à la 4e décl type MANUS.ET les grammairiens latins eux-mêmes ont réparti les conjugaisons selon la quantité de la voyelle du radical AMARE A LONG, DELERE E LONG, LEGERE E bref, CAPERE fait capit avec un i BREF et AUDIRE fait audit avec un I long.Et plein de choses de ce genre, et puis le plaisir de scander L’hexamètre dactylique

mănŭs (u bref) est le nominatif de la 4e déclinaison.

mănŭs (u long) est le génitif singulier, le nominatif pluriel ou l’accusatif pluriel de la 4e déclinaison.

Pourquoi se limiter à la scansion de l’hexamètre dactylique ?

Il faut lire :

mănūs (u long) est le génitif singulier, le nominatif pluriel ou l’accusatif pluriel de la 4e déclinaison.

Merci pour vos remarques ! Orlando.