Participe passé du verbe "quérir"

Langue française

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
bien que le verbe quérir soit toujours utilisé et compris , son emploi au participe passé ( par exemple au passé composé : avoir quis ) peut paraître bizarre , recherché ou précieux ou même pourrait être une provocation pour certains…
Ainsi , si l’on veut dire « cette information que j’ai quise auprès des archives administratives de la BnF… » ne risque-t-on pas de paraître pédant et ne faut-il pas se résoudre à dire « .. que j’ai obtenue… » ou « … que j’ai recherchée… ou cherchée » ou « …que je me suis procurée… » , mais cela ne traduirait pas exactement ce que je voulais dire , car dans quérir il y a à la fois l’action de rechercher et d’obtenir. Que faut-il donc faire , s’obstiner à dire j’ai quis , ou même au passé simple « je quis,… nous quîmes » , au risque de faire rire ou de laisser croire qu’on ne connaîtrait pas la langue française ? Merci
Trouvée ?
Seul l'infinitif présent quérir est utilisé. Il ne s'agirait donc pas de pédanterie mais d'un barbarisme.
Contrairement aux composés acquérir, conquérir et requérir qui ont tous leurs temps, quérir n'a survécu qu'à l'infinitif, et encore, dans certaines conditions et dans un certain registre.
Littré nous rappelle qu'il y avait d'ailleurs jadis une autre forme de l'infinitif querre, et nous donne des exemples anciens d'emplois à d'autres temps :
REMARQUE

L'infinitif ancien de ce verbe était querre, qui se trouve encore dans la Fontaine:
"Messieurs, dit-il, en ce lieu n'ont que querre; Les augustins sont serviteurs du roi," [, Ballade des Augustins]
Querre est la forme régulière, du lat. quærere, qui a l'accent sur quæ. Querir ne se montre que dans le XVe siècle. La conjugaison régulière était: je quier, je queroie, querant, quis.
HISTORIQUE

XIe s.
"Que il querreient que Rolans fust ocis", [Ch. de Rol. XX]
"Pour que [quoi] je quis sa mort et son destreit", [ib. CCLXXIII]

XIIe s.
"Un don (Je) vous quier, c'est le cor de Rollant", [Ronc. p. 39]
"[Mes yeux] Qui souvent ont esgardé, Là où je n'ai mie osé Dire que j'estoie quis", [Couci, XI]

XIIIe s.
"Ainsi fu envoiés querre le marchis, et il vint au jor que il li orent mis", [Villehardouin, XXVI]
"Par grant travail [ils] quierent richeces", [la Rose, 5145]

XVe s.
"Si fut tasté et quis, et la lettre trouvée sur lui", [Froissart, I, I, 228]
"Ung vieil gentilhomme de Luxembourg appellé Anthoine le Breton le vint querir et luy dist", [Commines, I, 4]

XVIe s.
"Dond venez vous? où allez vous? que querez vous?" [Rabelais, Pant. II, 9]
"Chacun quiert son semblable", [H. Estienne, Précell. p. 178]
"Quiers tu meilleur pain que de froment?" [Cotgrave]
https://www.littre.org/definition/querir

Refaire vivre aujourd'hui le participe passé "quis", à l'exemple de Froissart, serait assez singulier et passerait pour un archaïsme prétentieux !
On pourrait utiliser s'enquérir :
cette information dont je me suis enquis auprès des archives administratives de la BNF.

https://www.cnrtl.fr/definition/enqu%C3%A9rir
Oui, acquérir peut aussi convenir :
« cette information que j’ai acquise auprès des archives administratives de la BnF… »
et même selon le contexte
« cette information que j’ai requise auprès des archives administratives de la BnF… »
voire, après un succès difficile pour l'obtenir
« cette information que j’ai conquise auprès des archives administratives de la BnF… » 😉