Questions de grammaire
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Bonsoir, chère Hela !
* Il s’étaient CROISÉS / RENCONTRÉS, s’étaient SALUÉS,
Ce sont des verbes pronominaux réciproques avec COD antéposé : accord avec le COD et donc avec le sujet.
- mais ne s’étaient jamais PARLÉ /
C’est un pronominal réciproque avec un COI sans effet et sans COD : invariabilité.
- ADRESSÉ la parole.
C’est un pronominal réciproque avec un COI sans effet et avec un COD postposé : invariabilité.
2) Le participe des verbes « se croire, se voir, s’apercevoir et se sentir » s’accorde-t-il ?
Oui, parce que le pronom réfléchi est un COD antéposé.
→ Elle s’est CRUE déshonorée.
→ Elle s’est VUE / APERÇUE dans le miroir.
→ Elle s’est SENTIE guérie.
La réponse devrait être amendée si le verbe était suivi d’un infinitif.
3) « … elle l’invita à entrer. C’EST à ce moment-là qu’elle remarqua / aperçut le chien.
Habituellement, la forme figée « c’est » est utilisée dans toutes situations.
Mais le langage soigné utilise d’autres formes conjuguées :
→ C’ÉTAIT à ce moment-là qu’il ÉTAIT sans emploi.
→ Ce FUT à ce moment-là qu’il TROUVA un emploi. / qu’elle REMARQUA / APERÇUT le chien.
4) Quand on sonne à la porte peut-on dire « mais qui ça peut bien être ? » ou doit-on avoir une inversion ?
Oui, mais c’est familier.
→ Qui ça PEUT-IL bien être ? (Soigné)
→ QUI EST-CE QUE ça peut bien être ? (Périphrase)
5) Est-ce que les mots « causativité » et « causalité » sont synonymes pour parler de la forme « faire faire qqch à qq » ?
Causativité n’est pas dans le Petit Robert 2007 ni dans le TLFI.
Celui-ci indique à propos de CAUSATIF :
GRAMMAIRE
A.? Synon. vieilli de causal. Conjonction, proposition causative.
B.? Forme verbale causative. Forme verbale susceptible d'exprimer que le sujet fait faire l'action au lieu de la faire lui-même.
Étymol. et Hist. XVe s. causatif de « qui est la cause de ». (FUR. : Une particule causative, telles que sont car, parce que, vu que). Empr. au b. lat. causativus puis attesté au sens de « qui est la cause de ».
A mon avis :
1 CAUSAL et CAUSATIF sont synonymes s’il s’agit de dire que CAR (conjonction de coordination) et PARCE QUE, VU QUE (locutions conjonctives de subordination) sont des termes causals (ou causaux) ou causatifs ;
2 CAUSATIF devrait être réservé à deux autres phénomènes :
- les suffixes –iser et –ifier : électriser, acidifier ;
- le sujet est la cause de l’action, sans agir lui-même : Je l’ai FAIT bastonner.
(On parle alors de verbe CAUSATIF (faire + infinitif) ou, plus souvent, de verbe FACTITIF.)
Pour en revenir à votre question, je pense que :
- causalité est synonyme de lien de causalité (Il a été blessé PAR une voiture.) ;
- « causativité » ou « factivité » sont des termes qui s’appliquent aux situations où le sujet fait accomplir l’action PAR quelqu’un d’autre.
6) Est-ce que le conditionnel présent dans un discours direct doit donner un conditionnel passé dans le discours indirect ?
Réponse négative.
* Je vous CÉDERAIS bien ma place, mais elle est déjà occupée. (Groucho Marx)
→ Il DIT qu’il lui CÉDERAIT bien sa place, mais qu’elle EST déjà occupée.
→ Il A DIT qu’il lui CÉDERAIT bien sa place, mais qu’elle ÉTAIT déjà occupée.
Lorsque le verbe introducteur est au PASSÉ :
a) l’indicatif présent devient un indicatif imparfait,
* Je vous CÈDE ma place. → Il a dit qu’il lui CÉDAIT sa place.
b) le passé composé devient un plus-que-parfait,
* Je vous AI CÉDÉ ma place. → Il a dit qu’il lui AVAIT CÉDÉ sa place.
c) le futur devient un conditionnel.
* Je vous CÉDERAI ma place. → Il a dit qu’il lui CÉDERAIT sa place.
Apparemment, le conditionnel présent reste tel quel.
Si le verbe introducteur est au PRÉSENT ou au FUTUR, il n’y a pas changement de temps.
* Il dit / Il dira qu’il lui CÈDE sa place.
Cher Edy,
Je suis complètement perdue quant à cette concordance du subjonctif! Faut-il utiliser (et pourquoi) le présent ou l'imparfait du subj dans la première phrase et le passé ou le plus-que-parfait du subj dans la seconde?
1) Cela lui prit un instant AVANT QU’elle ne le RECONNAISSE / RECONNÛT.
(présent ou imparfait du subjonctif parce que la subordonnée est postérieure à la principale ?)
2) a) AVANT QU’elle AI PU / EûT pu (?) le prier de ne pas le faire, il prit une cigarette et l’alluma.
b) AVANT QU’elle PUISSE / PûT (?) le prier de ne pas le faire, il prit une cigarette et l’alluma.
Je vous remercie de votre patience.
1) Cela lui prit un instant AVANT QU’elle NE le RECONNAISSE / RECONNÛT.
Avant que appelle le subjonctif.
Si le temps de la principale est au passé (comme ici), le temps de la subordonnée doit être :
- reconnût, dans un registre soutenu ;
- reconnaisse, dans un registre courant.
Les formes composées de l’accompli L’EÛT RECONNU / L’AIT RECONNU sont également admissibles.
Le NE explétif n’est pas obligatoire.
2) a) AVANT QU’elle AIT PU / EûT pu (?) le prier de ne pas le faire, il prit une cigarette et l’alluma.
C’est pareil : EÛT PU dans un registre soutenu et AIT PU dans un registre courant.
b) AVANT QU’elle PUISSE / PûT (?) le prier de ne pas le faire, il prit une cigarette et l’alluma.
Idem (pût / puisse), mais le a) exprime l’accompli par la forme composée. Question de nuance ici.
Bonjour Edy,
Eh bien ce que je ne comprends pas c'est pourquoi on peut utiliser soit l'imparfait (ou présent) soit le plus-que parfait (ou passé) dans les 2 phrases. Pourquoi ce choix, pourquoi ne tranche-t-on pas?
Si je suis la règle bêtement elle dit si la subordonnée est postérieure à la principale on met l'imparfait du subj :
1a) Cela lui prit un instant (antérieure ?) AVANT QU’elle ne le RECONNAISSE / RECONNÛT (postérieure ?).
2a) AVANT QU’elle PUISSE / PûT le prier de ne pas le faire (postérieure ?), il prit une cigarette et l’alluma (antérieure ?).
Mais voilà que vous me dites qu'on peut également avoir:
1b) Cela lui prit un instant (postérieure ?) AVANT QU’elle ne l'AIT RECONNU / EÛT RECONNUT (antérieure ?).
2b) AVANT QU’elle AIT PU / EÛT pu le prier de ne pas le faire (antérieure ?), il prit une cigarette et l’alluma (postérieure ?).
Il semble que cela ne soit pas une question de chronologie mais d'aspect. Pourriez-vous m'éclaicir tout ça ? Je suis totalement dans le brouillard! :/
Je vous remercie de tout mon coeur!
Bonsoir, chère Hela !
Je vais rappeler les principes, en me limitant aux situations dans lesquelles :
1 le verbe de la subordonnée est au SUBJONCTIF,
2 ET le verbe de la principale est au PASSÉ.
C’est dans ce cadre que vous questionnez.
LE SUBJONCTIF compte quatre tiroirs-temps :
1- L’IMPARFAIT ET LE PLUS-QUE-PARFAIT sont du registre soutenu ou littéraire (le plus souvent, à la seule troisième personne du singulier) :
11- L’IMPARFAIT exprime le procès non accompli : simultané ou postérieur,
* Je souhaitais qu’il VÎNT.
12- le PLUS-QUE-PARFAIT exprime le procès accompli et l’antériorité ;
* Je souhaitais qu’il FÛT VENU.
2- LE PRÉSENT ET LE PASSÉ sont du registre courant.
21- le PRÉSENT exprime le procès non accompli : simultané ou postérieur,
* Je souhaitais qu’il VIENNE.
22- le PASSÉ exprime le procès accompli et l’antériorité.
* Je souhaitais qu’il SOIT VENU.
APPLICATIONS
11 Cela lui prit un instant avant qu’elle le RECONNÛT. (Forme soutenue)
12→ avant qu’elle l’EÛT RECONNU. (Forme soutenue, aspect accompli avec antériorité)
21→ avant qu’elle le RECONNAISSE. (Forme courante)
22→ avant qu’elle l’AIT RECONNU. (Forme courante, aspect accompli avec antériorité)
11 Avant qu’elle PÛT le prier de ne pas le faire, il prit une cigarette.
12 → Avant qu’elle EÛT PU…
21 → Avant qu’elle PUISSE…
22 → Avant qu’elle AIT PU…
Ne vous braquez pas ici sur l’antériorité : même si elle n’apparaît pas dans la forme du verbe (voyez le subjonctif présent), elle sera quand même exprimée par « avant que ».
Il n’y a rien à trancher : c’est ce que les grammaires enseignent et c’est ce qui ressortit au « bon usage ».
Dans les quatre formes, vous avez :
- 2 formes soutenues,
- 2 formes courantes.
Dans chaque groupe, vous choisirez soit le non accompli, soit l'accompli, selon ce qui convient.
Bonsoir Edy,
Je reformule ma question si vous voulez bien. Quelle différence de sens y a-t-il entre :
1a) Cela lui prit un instant avant qu’elle le RECONNÛT.
1b) ………………………… avant qu’elle l’EÛT RECONNU.
2a) Avant qu’elle PÛT le prier de ne pas le faire, il prit une cigarette.
2b) Avant qu’elle EÛT PU…
J'espère que ce coup-ci je comprendrai enfin la nuance 😞
Bonsoir, Hela !
1a) Cela lui prit un instant avant qu’elle le RECONNÛT.
1b) ………………………… avant qu’elle l’EÛT RECONNU.
2a) Avant qu’elle PÛT le prier de ne pas le faire, il prit une cigarette.
2b) Avant qu’elle EÛT PU…
Aucune différence, rien qu'une nuance d'accompli dans la formes composées. Ce qui n'est guère perceptible et ne vous avance pas.
Voyez-vous une différence entre ?
* Lorsque je l'aperçus…
* Lorsque je l'ai aperçue…
On dira bien que la première est le temps du récit. Soit, mais, dans les récits, le passé composé se taille sûrement la part du lion. D'autant plus que le passé simple est plein de formes bizarres, comme le subjonctif imparfait.
Vous pouvez vous interroger aussi sur la différence :
* S'il avait plu / eût plu, nous aurions / eussions mangé des escargots. (Ici, c'est un niveau de langue.)
Désolé de ne pas savoir faire mieux.
Est-ce que cette histoire d'accompli veut dire que l'action s'est produite?
1a) Cela lui prit un instant avant qu’elle l’EÛT RECONNU.
On insiste sur le fait qu'elle l'a enfin reconnu ?
2a) Avant qu’elle EÛT PU le prier de ne pas le faire, il prit une cigarette.
On insiste sur le fait qu'elle n'a pas pu le prier de ne pas fumer ?
Désolée de vous harceler ainsi 😞
Accompli signifie non seulement que l'action s'est produite, mais surtout qu'elle est terminée.
- J'écris présente le procès dans son accomplissement en cours.
- J'ai écrit le présente dans son achèvement.
1a) Je suis d'accord.
2a) C'est admissible : elle n'a pas pu. (Forme composée)
Allez, bonne nuit, chère harcelante ! (Je n'ai pas dit harceleuse.)
Cordialement,
Edy
Merci, Edy. Faites de beaux rêves. 🙂
Chers profs, bonjour
1) met-on "salle" au singulier ici:
J’aurais aimé voir ce film lorsqu’il est sorti en SALLE.
2) Y a-t-il une différence entre "Marie n’a pas pu AVOIR VOLE ces documents" et "Marie n’a pas pu VOLER ces documents"?
3) Est-ce exact d'utiliser ces locutions adverbiales avec un verbe au passé?
"mais il A REPONDU que, POUR LE MOMENT / POUR L’INSTANT, les problèmes scolaires de son fils étaient…"
Merci d'avance,
Hela
Pour le 3)
Non, tu peux écrire “pour le moment, mon problème EST que je ne sais pas répondre”
Bonsoir, chère Hela !
* J’aurais aimé voir ce film lorsqu’il est sorti en SALLE.
Le singulier exprime un nom générique : « tout ce qui s’appelle salle de cinéma ».
Au pluriel, le sens est « dans les salles ».
Je pense que les deux formules se valent.
* Marie n’a pas pu AVOIR VOLE ces documents.
L’infinitif passé se justifie par l’antériorité et l’accompli ; il me semble donc justifié.
Mais je préfère ceci :
* Marie ne PEUT pas AVOIR VOLÉ ces documents.
L’émission de l’idée de probabilité (devoir) coïncide ainsi avec l’énonciation, ce qui est logique.
* Il A REPONDU que, POUR LE MOMENT / POUR L’INSTANT, les problèmes scolaires de SON fils ÉTAIENT…
Dans cette formule de discours indirect (a répondu que), les deux locutions sont acceptables : elles résistent bien au passage du discours direct dans le discours indirect.
Vous observerez que « son fils » vient de la transformation de « mon fils » ; et que, dans le discours direct, « étaient » aurait été « sont ».
→ Il a répondu : « Pour le moment / Pour l’instant, les problèmes scolaires de MON fils SONT… ».
Léah vous a donné une autre solution.
Amicalement,
Un grand merci à vous.
Edy, vous m'êtes d'une aide très précieuse 🙂
J'aimerais revenir sur un point. Quand utilise-t-on alors "Elle n'a pas pu voler le collier", ou est-ce erroné?
a) Elle n'a pas pu avoir volé le collier puisqu'elle était avec moi ce matin-là. (correct ?)
b) Elle ne peut pas avoir volé le collier puisqu'elle était avec moi ce matin-là. (meilleur ?)
c) Elle n'a pas pu voler le collier puisqu'elle était avec moi ce matin-là. (faux ?)
Très bonne semaine.
Bonsoir, chère Hela !
Le meilleur est le b) : comme je l’ai dit, le présent exprime bien l’actualité de la déduction et le « avoir volé » exprime avec raison l’antériorité et l’accompli.
Le c) n’est pas fautif, et c’est ce qu’on lit généralement.
Le a) est malencontreux par le cumul des passés ; mais il reste intelligible.
Merci Edy, maintenant j'ai tout compris!
Bonjour à tout le monde !
J'ai des questions et j'espère que vous me donnez votre avis
1- Comment appelle le verbe être en grammaire ?
… peut-être un verbe attributif ou substantif ?
2 -Est -ce que vous connaissez qu'il y a une virgule qui a tué un homme
Quelle est cette phrase ?
Peut-être cette phrase : "Tuez , pas gracié " Au lieu de "Tuez pas ,
gracié."?
3- Combien y a -t- il de complément en français?
Je vous attends
Bonjour.
1- Comment s'appelle le verbe être en grammaire ?
Ce verbe a plusieurs emplois :
Verbe auxiliaire des temps composés actifs :
Il est arrivé.Verbe auxiliaire de la voix passive :
Il est écouté.Verbe d'état d'une phrase attributive :
Il est petit.2 -Est -ce que vous connaissez qu'il y a une virgule qui a tué un homme Quelle est cette phrase ? Peut-être cette phrase : "Tuez , pas gracié " Au lieu de "Tuez pas ,gracié." ?
Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris ta question.
Je ne savais pas qu'une virgule pouvait tuer un homme ! 😉
Plus sérieusement, je pense qu'il s'agit dans ton exemple de deux participes passés :
"Tué, pas gracié." Ce qui veut dire :
"Cet homme a été tué, il n'a pas été gracié." S'il s'agit d'un ordre, on écrira à l'impératif :
"Tuez-le, ne le graciez pas." Mais sans le reste du texte, difficile d'être vraiment sûr…
3- Combien y a -t- il de compléments en français?
Tu veux dire sans doute : combien de sortes principales…
On peut les classer selon le mot qu'ils complètent :
- Complément de nom :
un livre de grammaire
- Complément de pronom :
celui du maître.
- Complément d'adjectif :
heureux en amour
- Complément d'adverbe :
conformément à la loi
- Compléments du verbe.
* complément d'objet direct (COD) :
Elle lit un livre.
* complément d'objet indirect (COI) :
Elle parle du livre.
* complément d'objet second (COS) :
Elle donne un livre à son frère.
* complément circonstanciel (CC, exprimant le lieu, le temps, la manière, le but, le moyen, etc.) :
Elle cherche dans le livre. (lieu)
* complément d'agent du verbe passif :
Elle est intéressée par le livre.
- Compléments de phrase. Ce sont aussi des CC, mais ils sont mobiles.
Bonjour Jehan,
Kajoumi a écrit :
Peut-être cette phrase : "Tuez , pas gracié " Au lieu de "Tuez pas ,
gracié." ?
Je crois que Kajoumi veut parler de la place de la virgule qui change radicalement le sens d'une phrase :
- Tuez, pas graciez ! (on donne l'ordre de tuer) =(
- Tuez pas, graciez ! (on donne l'ordre de gracier) =)
C'est ce que j'ai compris, peut-être à tort !… =D Mais est-ce que cela porte un nom ? Je n'en sais rien…
Muriel