Reprendre des études de lettres et de latin à 60 ans

La filière littéraire

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Merci pour ce conseil, Laoshi !
Je vais jeter un coup d’oeil à cette collection …
Oui, les Lagarde et Michard avaient déjà cette réputation -justifiée- de pruderie et de frilosité quand je les utilisais, dans les années 1970. Ceci dit, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, ils nous étaient quand même bien utiles à l’époque!
Je continue ma lecture d’un ou deux manuels de français de 1ere, où l’accent est naturellement mis sur les épreuves du baccalauréat… ce qui me frappe, c’est à quel point ces exercices sont maintenant cadrés et balisés. Ce n’est ni bien ni mal, je n’émets aucun jugement de valeur. Mais je me souviens avoir mis un gros trimestre à comprendre ce qu’était un commentaire composé, parce que les seuls conseils « méthodo » que nous avions étaient une ou deux généralités du genre « ne pas dissocier l’étude du fond de celle de la forme » qui nous laissaient plutôt perplexes, et quelques « corrigés modèles » que nous allions pêcher dans les annales … de ce point de vue, les élèves d’aujourd’hui sont gâtés … mais je me demande si on n’est pas passé d’un extrême à l’autre …
Chaque collection a sa spécificité et son public.
J'aime bien le condensé en un exemplaire chez Nathan technique:
Littérature & méthodes - bac stt sti stl sms broché
Ouvrage collectif : Desaintghilain/Morisset/Pouzalgues-Damon/Rosenberg/Vanhamme/Wald Lasowski
En vente d' occasion sur Priceminister.
Merci Floréale !
oui, comme vous le dites, chaque collection a ses spécificités … et si l’ouvrage que vous recommandez est en un seul volume, les rayons de ma bibliothèque vous en seront très, très reconnaissants ! 😉
A ce propos, je m’attendais un peu à trouver sur ce site une rubrique « bouquins » consacrée aux ouvrages d’enseignement , pour signaler des parutions intéressantes, recueillir les impressions de lecteurs, tant étudiants qu’enseignants … je n’ ai rien trouvé de semblable, ai-je mal cherché ?
Le problème, je crois, est un peu celui des bons bricoleurs. On est attaché à ses outils. Moi aussi. 🙂
Jeandantony, je suis à peu de choses près le même parcours que vous avec à peu près les mêmes envies.

1/ Quel est votre but en reprenant des études littéraires ? Que souhaitez-vous ? Obtenir un diplôme, approfondir votre connaissance de la langue ? Élargir votre connaissance de la littérature ?

2/ Vous posiez une question tout au début de ce fil sur les lectures conseillées. En ce qui me concerne, j'ai choisi de combler mes lacunes en français et mon appétit pour la littérature… en lisant. Je me suis sérieusement remis à lire il y a un peu plus de 10 ans. Je tiens le rythme de deux à trois ouvrages par semaine (en fonction de leur longueur, évidemment : ça peut aller de sept ou huit par semaine pour des pièces de théâtre ou de courts romans à un par mois s'il s'agit d'œuvres colossales ou d'essais plus difficiles d'approche).
J'ai pour ma part choisi de faire confiance à La Pléiade. Cette collection est forcément un peu lacunaire, mais j'estime aujourd'hui qu'elle me permet d'accéder à peu près à la moitié des « ouvrages classiques qu'il faut avoir lu » (avec toutes les réserves que ce type de classement entraîne).

Je reste encore séduit par la reprise possible d'études, enseignement à distance ou cours magistraux in situ, mais j'avoue que la littérature m'offre déjà beaucoup. Si à cela vous ajoutez la fréquentation de sites comme celui-ci et la lecture (pénible mais nécessaire) d'ouvrages un peu plus théoriques, je pense que j'ai choisi une voie qui me convient.

Cela dit, je ne parle ici que du français et non des langues anciennes ou étrangères.

Si cela vous intéresse, je tiens à votre disposition la liste des ouvrages qui constituent mon corpus actuel, avec évidemment toute la subjectivité dans les choix, sachant que je m'étais tout de même fait conseiller au début, puis que, petit à petit, je m'autorise des choix plus personnels.
Bonjour Freddy;

Merci de votre message, je vais essayer de répondre à vos questions …

1) Mon but n'est pas d'obtenir un diplôme, mais d'une part j'aime avoir une mesure de mes progrès, d'autre part je ne suis pas certain du tout d'avoir votre persévérance sur le long terme : j'ai plusieurs centres d'intérêt, mais j'ai un tempérament "addictif", et j'ai beaucoup de mal à répartir mon temps de façon équitable : à un moment donné (et le "moment" peut durer quelques jours, quelques semaines, ou quelques mois) j'aurai une envie quasi-irrésistible, par exemple de passer 5 heures par jour sur du latin, mais, si personne ne vient me botter le derrière, je laisserai complètement tomber grec ancien et français (pour ne parler que ce qui est du domaine des études littéraires) . L'inscription à une licence me donnera - je l'espère- un cadre et un rythme de travail plus équilibrés.
Par ailleurs je m'intéresse bien sûr aux œuvres, mais tout autant aux "à-côtés"qui permettent de mieux les comprendre (outils d'analyse des textes, histoire littéraire des hommes et des idées, critique littéraire, littérature comparée, civilisation au sens large. Peut-être du fait de ma formation scientifique, j'aime expliquer et interpréter (en tout cas essayer …) et je suis tout autant attiré par la prise de recul que donne la "théorie" que par l'immersion dans une oeuvre. Je me dis que les cours de licence m'apporteront, sous forme "concentrée", des informations que j'aurais mis beaucoup de temps à redécouvrir par moi-même, et des techniques qui me permettront d'aborder les textes plus "en profondeur".
Enfin, un cursus universitaire devrait être pour moi l'occasion de contacts humains enrichissants.

2) J'admire réellement votre approche systématique et … courageuse de la lecture, parce qu'enfin, j'imagine qu'il vous arrive parfois de lire des œuvres avec lesquelles vous n'avez pas "d'atomes crochus", ou que vous trouvez tout simplement ennuyeuses? Quant à moi, j'ai besoin d'être stimulé pour lire, d'avoir envie. Pour moi, la littérature est un peu comme un immense buffet, où je peux picorer un canapé au caviar par ci, une petite douceur chocolatée par là. Je suis prêt à essayer une spécialité d'aspect a priori peu engageant, si quelque chose ou quelqu'un m'en donne envie.

Donc, plutôt que de la totalité de votre corpus en littérature française, je serais très volontiers preneur - si vous le voulez bien- d'une liste disons d'une petite vingtaine de livres que vous avez particulièrement aimés, et qui vous ont laissé une profonde impression…
Va pour une sélection (partiale et lacunaire) qui constitue mon « Top 20 » - exercice somme toute assez difficile :

Honoré de Balzac : quelques titres au choix parmi Modeste Mignon, Béatrix, Le Père Goriot, Eugénie Grandet, Le Curé de Tours, La Rabouilleuse, La Muse du département, Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau, Le Cousin Pons, Une Ténébreuse affaire, Le Curé du village, Le Lys dans la vallée, La Recherche de l'absolu
Beaumarchais : Le Mariage de Figaro
Albert Camus : La Peste, L’Étranger et Les Justes
Julien Gracq : Le Rivage des Syrtes
Jean Giono : Regain et Le Chant du monde
Julien Green : Adrienne Mesurat
Victor Hugo : Les Misérables
Maupassant : Bel Ami (et les Contes et nouvelles)
François Mauriac : Le Désert de l'amour et Le Nœud de vipères
Molière : quelques pièces au choix parmi Les Précieuses ridicules, Le Tartuffe ou L'Imposteur, Dom Juan ou Le Festin de Pierre, Le Misanthrope, L'Avare, Le Bourgeois gentilhomme, Les Femmes savantes, Le Malade imaginaire
Henry de Montherlant : Les Célibataires
Jules Renard : Journal (1887-1910)
Antoine de Saint-Exupéry : Vol de nuit
Marguerite Yourcenar : Denier du rêve et Un homme obscur
Émile Zola : La Conquête de Plassans

Et si vous avez un peu de courage, lisez au moins un titre de Bernanos, Chrétien de Troyes, Colette, Daudet, Diderot, Dumas, Flaubert, Gide, Malraux, Martin du Gard, Péguy, Racine, Stendhal, Verne et Voltaire (je peux vous suggérer un titre de chaque).

L'exégèse est une approche intéressante mais, selon mon expérience de lecteur (re)venu à la littérature sur le tard, j'avoue pencher en faveur de l'approche directe, à savoir la lecture elle-même.

Des textes plus complexes (essais, Antiquité, philo, pensées, anthropologie, religion, socio, etc) peuvent nécessiter une lecture complémentaire pour accéder à certaines clés, mais les romans et pièces de théâtre cités ci-dessus peuvent être appréciés directement. Ensuite - et seulement ensuite - les commentaires, notes, variantes, préfaces et autres analyses s'avèrent souvent intéressants.

La lecture directe vous permet de vous faire votre propre point de vue, sans être influencé par « ce qu'il faut retenir », cette propension à la synthèse extrême que l'on retrouve dans tous les domaines aujourd'hui.

Que cela ne vous empêche pas toutefois de lire « Comment parler des livres qu'on n'a pas lus ? » de Pierre Bayard. 😉
Merci Freddy !

Un très beau choix de lectures ! 🙂

A part Mauriac et Gracq, j'ai "fréquenté" les auteurs de votre top 20, mais avec quelquefois un choix de titres différents. De Balzac mes préférés sont "le cousin Pons" et "Eugénie Grandet". Pour Zola, j'ai particulièrement aimé "Au bonheur des Dames" et "le Ventre de Paris" … Chez Yourcenar, je ne connais que "l'Oeuvre au Noir" et "Les Mémoires d'Hadrien", je vais me procurer ceux que vous me recommandez!

Dans votre liste complémentaire, je "bloque" un peu sur Stendhal et Bernanos, pour des raisons qui me sont personnelles, mais je serais tout à fait preneur de vos recommandations pour Péguy, Colette, Gide, et Martin du Gard !

Et en ce qui me concerne, j'aurais volontiers ajouté Ronsard, Montaigne, Rousseau ("Les Confessions" ou "Emile"), Madame de Staël ("de l'Allemagne"), Chateaubriand (bien sûr ses "Mémoires d'Outre-Tombe"), Verlaine (tout !) , Rimbaud (tout !) …
Ça manquait un peu de poètes, en effet.

Ajoutons donc Verlaine, Verhaeren, Apollinaire (le prince des poètes, mais sûrement pas le poète des princes), Claudel, Péguy, Valéry, Breton, Desnos, Éluard, Saint-John Perse, Ponge, Michaux…
Par exemple :

Colette : Claudine à l'école, La Vagabonde…
André Gide : Les caves du Vatican, Les Faux-Monnayeurs, le triptyque L'école des femmes - Robert – Geneviève
Roger Martin du Gard : Les Thibaut
Charles Péguy : Cahiers