Que pensez-vous de l’écriture inclusive ?

Langue française

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Le problème avec l’écriture inclusive, c’est que les "pour et les "contre" ont chacun de bonnes raisons à faire valoir. 😏

Telle qu’elle est proposée, l’écriture inclusive est assez discriminante, parce qu’elle n’a que deux genres : si on écrit "les infirmier.ère.s", on oublie les a-genres, les non binaires, et autres. Pour que l’écriture soit réellement équitable, chaque genre devrait avoir sa terminaison.😛

Pour moi, l’écriture inclusive est une consécration de la discrimination. Le sexe de la personne est ramené au premier plan, au détriment de la qualité ou de la fonction que le mot désigne. On a donc une prédominance du sexe - pourtant bien inutile à l’énoncé - sur le sens.

Je me refuse à utiliser l’écriture inclusive.

Je suis tombée récemment sur le site d‘une ancienne élève, faisant la promotion de séjours d’été pour des adolescents : « toustes en colo ». Économie de mots certes, mais j’ai beaucoup de mal avec ce genre de choses. Effectivement, en voulant valoriser la place des femmes, on aboutit peut-être à l’effet inverse. Je ne puis me résoudre à être appelée professeure, auteure (pourquoi pas professeuse ou autrice d’ailleurs) bien que cela semble entré dans les mœurs. Tant pis. Dinosaure suis, dinosaure resterai !

Y a-t-il des études sociologiques sérieuses qui montrent que les discriminations envers les femmes et les personnes non binaires sont moindres dans les pays dont la langue ne possède pas cette distinction de genre ?

Autant le fait de créer un nouveau pronom pour désigner des personnes qui ne se reconnaissent pas dans les existants me paraît une évolution de la langue qui se justifie assez naturellement, autant les supposés avantages de l’écriture inclusive me paraissent presque trop naïfs.

En traitement automatique des langues, il a été montré que même lorsqu’on tente de supprimer les biais de genre dans les modélisations du langage, ces biais persistent sous d’autres formes car ils sont ancrés dans la structure même du discours et s’expriment à travers des stéréotypes sociaux, bien au-delà du genre grammatical. (Pour ceux qui lisent l’anglais et qui n’ont pas peur des termes un peu techniques : https://arxiv.org/pdf/1903.03862.pdf)

Terriblement macho, aujourd’hui, définitivement mâle: Le vierge, le vivace et le bel aujourd’huiVa-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivreCe lac dur oublié que hante sous le givreLe transparent glacier des vols qui n’ont pas fui ? Aujourd’hui déchire et transperce, si je comprends bien.

Pourquoi Mallarmé ?

Des histoires de style et d’éperons.

L’Académie française avait une première fois parlé de péril mortel pour la langue française à propos de la féminisation de noms de métiers et professions mais son revirement récent a montré non seulement la disparition de cette perception d’un péril mais l’ acceptation du changement par une majorité écrasante de ses membres. Pour le nouveau péril on peut attendre patiemment la suite.

Si on précise dans une communication à qui elle s’adresse cela la rend plus claire. Donc je trouve l’écriture inclusive intéressante pour diminuer des comportements automatiques jusque dans les médias et elle ne se remarque même pas si elle est bien faite. Le "touste" est probablement une coquille tellement c’est risible et il y a sans doute une raison toute simple comme l’oubli du point.

L’écriture inclusive a ses limites d’efficacité et ce n’est que l’un des 10 points mentionnés par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes dans son Guide pour améliorer la communication sans stéréotypes de sexe entre les femmes et les hommes .

https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/guide_pour_une_communication_publique_sans_stereotype_de_sexe_vf_2016_11_02.compressed.pdf

Le "touste" est probablement une coquille tellement c’est risible et il y a sans doute une raison toute simple comme l’oubli du point.

Mais non, je t’assure. Et, oui, je trouve cela risible.

> @""#p559662 Telle qu'elle est proposée, l'écriture inclusive est assez discriminante, parce qu'elle n'a que deux genres : si on écrit "les infirmier.ère.s", on oublie les a-genres, les non binaires, et autres. Pour que l'écriture soit réellement équitable, chaque genre devrait avoir sa terminaison.😛En effet, il va falloir sérieusement se pencher sur la manière d’écrire notre langue pour qu’elle prenne en compte sérieusement la discrimination LGBTQIA+ 😁

Je n’ai pas encore participé à ce fil, je le fais donc pour que l’on ne pense pas que si je m’abstiens, c’est parce que je me trouve dans la minorité des "pour". Dans ma jeunesse, l’espéranto devait révolutionner le monde. Qui, aujourd’hui, s’en souvient encore ?Le meilleur moyen de combattre une bêtise, est encore de ne pas l’évoquer."… mais le silence est d’or."

Sauf que l’espéranto n’a rien d’une bêtise à combattre… Et qu’il est toujours utilisé et bien loin d’être oublié.

D’après moi une querelle qui s’envenime parce ce qu’on refuse d’aller des bons diagnostics aux bonnes décisions. Ces points, ces tirets, ces barres, ces "toutes et tous sont partis et parties", ce n’est pas acceptable. On dit que cela alourdit, c’est vrai, mais en plus, c’est relou.

Par ailleurs, il faut être aveugle et sourd pour n’avoir ni vu ni entendu la lutte des femmes, récemment, pour se libérer - sujet qui "impacte", comme on dit maintenant, de nombreux secteurs.

Pourquoi dès lors ne pas satisfaire deux propositions également raisonnables et faisant l’unanimité ?

Il n’y a qu’à considérer que les noms de métier sont féminins, en français, et le tour est joué. "Avocate", par exemple n’importe quelle personne exerçant la fonction d’avocate. Et on ne parlerait plus d’avocat que si c’est un homme. On dirait donc à une prévenue : vous avez droit à une avocate, parce qu’on parle dans le vague. Mais s’il s’agit d’une avocate en particulier, mais qui est un homme, cette avocate sera aussi un avocat.

Vous voyez d’ailleurs que les hommes y trouvent leur compte, ils ne perdent rien, ils gagnent, au contraire : par leur hermaphroditisme grammatical, ils ont doublé, en un instant. Que ceux qui sont parmi eux les plus macho se rassurent : qu’un nom de métier soit féminin ne féminise pas ceux qui le portent (le nom, pas le métier). Une ambulance, une estafette ne manquent pas nécessairement de virilité et j’ai vu des sentinelles aussi sévèrement burnées que Nanard Tapie elle-même, pour vous dire…

Sur les offres d’emploi affichées dans les vitrines des agences d’interim, ça donnerait :"Recherche déménageuse avec expérience (H/F)"(tiens, je me demande si cette mention "H/F" qu’on lit dans toutes les offres d’emploi est obligatoire ou si c’est seulement une précaution du recruteur pour ne pas risquer de se prendre un procès pour discrimination).

plombier => plombièremédecin => médecinevitrier => vitrièrecouvreur (je pense au mari de Gervaise) => couvreusepompier => pompièrezingueur => zingueuselaveur (de carreaux) => laveuseAH ! 😉

C’est sûr qu’il y aura des difficultés avec les adjectifs et des confusions…Des termes bien distingués sémantiquement pourront entretenir des relations étranges. Pour rester sur ier-ière, au Casino, par exemple, il ne me serait pas venu à l’idée de tailler un croupier. Mais si maintenant je puis tailler des croupières, je vois surgir des horizons inattendus…A moins que ce ne soient des abîmes.

La brasseuse, la cordonnière et la crêpière font de bonnes affaires au sein du village où la mairesse, etc.

AH ! 😉

Et la sentinelle homme ? … un sentinel ?

L’estafette homme ? … un estafet ?

La star homme ? … un star ?

Une étoile montante homme ? … un étoil montant ?

Une sage-femme homme ? … un sage-homme ?

Mon Dieu, libérez-nous de la bêtise humaine ! 😪

https://fr.wiktionary.org/wiki/sage-homme