Charles d’Orléans, Ballade 71 - J’oy estrangement…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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bonjour, je souhaite avoir des avis concernant la ballade 71, de Charles d'Orléans que voici en ancien français avec traduction:

[1 J’oy estrangement
Plusieurs gens parler
Qui trop mallement
4 Se plaignent d’amer ;
Car legierement,
Sans paine porter,
Vouldroyent briefment
8 A fin amener
Tout leur pensement.

C’est fait follement
D’ainsi desirer,
12 Car qui loyaument
Veulent acquester
Bon guerdonnement,
Maint mal endurer
16 Leur fault, et souvent
A rebours trouver
Tout leur pensement.

S’Amour humblement
20 Veulent honnourer
Et soingneusement
Servir sans fausser,
Des biens largement
24 Leur fera donner ;
Mais premièrement
Il veult esprouver
Tout leur pensement.
traduction:

srophe 1) J’entends bien des gens [en moyen français, plusieurs signifie le grand nombre] tenir des propos stupéfiants [en moyen français, estrange et ses dérivés sont négativement connotés] : ils se plaignent à grands cris de l’amour qu’ils éprouvent [littéralement “se plaignent excessivement d’aimerˮ, car trop et mallement peuvent être synonymes, sans que cela empêche mallement d’avoir un sens proche de mal] ; en effet, ils voudraient obtenir facilement, sans [avoir à] souffrir, tout ce à quoi ils pensent.

strophe 2) C’est agir en fou que de se laisser ainsi submerger par le désir [j’adopte cette traduction bavarde pour rendre compte de la connotation très négative du dérivé verbal de Desir, antonymique de la sublimation des instincts attendue des amants parfaits], car ceux qui veulent obtenir loyalement une bonne récompense, il leur faut endurer nombre de maux, et souvent découvrir que tout s’oppose à ce à quoi ils pensent [littéralement “souvent trouver leur pensée à rebours [de la réalité des faits]ˮ].

strophe3) S’ils veulent / sont déterminés à honorer Amour avec humilité et / et à s’employer à le servir [littéralement “le servir avec soinˮ] sans tricher, il leur fera donner de généreux présents ; mais tout d’abord il veut / entend mettre à l’épreuve tout ce à quoi ils pensent [il s’agit pour le dieu Amour de déterminer si les pensées de ses serviteurs sont dignes]. ]

pour ce qui est du plan de commentaire j'ai trouvé qu'il ya une démonstration argumentative dans le poème: I/ le poète annonce de quoi il est question dans le poème ( comme sorte d'exorde) ie, "les gens qui parlent de façon fâcheuse de l'amour" dans le but ici de mener une critique
II/ la distance ironique qu'il met en place comme pour se distinguer de ces personnes là (par la forme et le fond)
III/ leur indique ce qu'il faut faire pour atteindre l'amour véritable
que pensez-vous de ce plan? pourriez-vous m'aider à l'améliorer s'il vous plait?
merci 🙂
Bonjour,

Faut-il donner un avis sur la traduction ?
Et à quoi est-elle destinée, parce qu'elle mêle traduction et gloses, ce qui n'est pas très indiqué.
bonjour,
le commentaire concerne seulement le texte en ancien français et la traduction( faite littéralement par notre professeur ) n'est là que pour aider à mieux saisir le sens du poème. d'ailleurs en terme de plan de commentaire que pensez-vous de ma proposition? faux sens ou contre sens?
Je ne suis pas tout à fait d'accord sur l'interprétation du mot mallement ; pour moi, il signifie "de manière fâcheuse". Les personnes en question se plaignent de l'amour mal à propos. Et guerdonnement = "récompense" et non simplement "présent".

Mais tenez compte de ce que dit votre professeur.


I/ le poète annonce de quoi il est question dans le poème ( comme sorte d'exorde) ie, "les gens qui parlent de façon fâcheuse de l'amour" dans le but ici de mener une critique
II/ la distance ironique qu'il met en place comme pour se distinguer de ces personnes là (par la forme et le fond)
III/ leur indique ce qu'il faut faire pour atteindre l'amour véritable


En I, Vous restez trop extérieure, trop formelle "il annonce le sujet", il va "critiquer"…
En II, L'ironie est en effet présente. Il faudra préciser le statut du "moi" (le "je" n'apparaît qu'au début).
En III, On n'est guère avancé, et il y aura trop de choses à mettre dans cette partie.

Votre plan ne permet pas d'avoir une idée suffisamment précise de ce que vous voulez faire ressortir car vous ne vous attachez guère au sens précis du texte…
Pour l'instant, disons que c'est une "coquille vide".

Deux recommandations préalables :
- Le thème développé n'est pas original. Le poète, comme tous ses devanciers, s'inscrit dans un tradition littéraire qui remonte à l'Antiquité, et qui veut qu'il n'y ait pas d'amour sans difficultés et sans souffrances, et que les obstacles (refus de l'être aimé, absence, etc…) accroissent le désir, fortifient l'amour, voire le font naître véritablement, au terme des épreuves subies par l'amant. (cf. Ovide).

- Ceci nous conduit à une seconde idée, née avec les troubadours, sous la féodalité, mais qui persiste, de manière plus allégorique, au XVème siècle comme thème littéraire : l'Amour (mot féminin !) est une dame qui exige un service comparable à celui que le suzerain imposait à son vassal : vous remarquerez sans peine le vocabulaire qui se rapporte à cette idée dans la troisième strophe (servir, entre autre). C'est lui le maître, c'est lui qui préside au "service d'amour".

Essayez, à partir de ces indications, de faire un plan détaillé avec des arguments formulés en une phrase et illustrés par un ou deux exemples. N'oubliez pas la forme poétique (ballade).
je vous remercie pour vos précieuses recommandations et indications . il faut avouer que j'analyse souvent les textes littéraire de façon assez superficielle car jusque là j'ai peut être pas trouvé la bonne méthode pour analyser profondément le sens. bref, je vais revoir mon plan et essayer de l'approfondir par des arguments plus solides.
n'hésitez pas à intervenir s'il vous plait. merci d'avance 😉
Vous pourrez poster votre travail.