André Breton, Clair de terre - J’étais assis dans le métropolitain…

Entraide scolaire

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Eh bien oui et non.

Si l'on s'en tient au cas particulier du récit de rêve, on peut dire qu'en effet, l'histoire vécue par le rêveur narrateur ne pourrait pas se reproduire dans la réalité courante. Même chose dans le tableau de Dali : qui a vu deux tigres sortir de la bouche d'un poisson ?
Mais la scène du rêve est malgré tout "réelle" parce qu'elle s'est formée dans l'esprit du dormeur avec des "débris" de la réalité courante assemblés bizarrement. On a tous fait ces rêves qui n'ont "ni queue ni tête", mais qui nous laissent une impression difficile à décrire, agréable (quand ce ne sont pas des cauchemars) mais inaccessible, un peu comme un paradis perdu.
Eh bien c'est ce paradis perdu, qui est en nous, que le Surréalisme veut mettre au jour. Les Surréalistes pensaient que nous avions une vie intérieure beaucoup plus belle, beaucoup plus riche et beaucoup plus authentique que celle de la réalité courante, et que nous tendions à refouler cette vie parce qu'elle est étrange, invraisemblable, et que nous aimons comprendre et raisonner logiquement : quand je sors du métro, je dois être sur un trottoir, et non en plein champ. Mais cela, j'ai la liberté de le rêver, et pour moi, il deviendra réalité, et même vérité si je le raconte comme je le vois, sans vouloir faire de l'art, sans vouloir tromper, sans vanité d'auteur.
Voilà.
D'accord, merci beaucoup pour l'aide que vous m'avez apportée 😀
Bonne soirée à vous et désolée d'avoir pris beaucoup de votre temps.