Bonjour, en parallèle, j'ai également besoin d'aide pour l'analyse d'un poème récent encore une fois par lequel j'aimerai répondre à une problématique en rapport avec Paris. Il s'agit du poème de Jacques Reda, Aux Arènes. Merci beaucoup
Le voici :
Le voici :
Aux Arenes
La petite lectrice des Arènes de Lutèce
Que lisait-elle dans ce gros volume ? Était-ce
Un catalogue, un manuel ou quelque insipide roman ?
Je dis: elle lisait, alors qu'apparemment
Rien ne peut l'empêcher de lire encore des années :
Elle est en marbre blanc.
Des voix époumonées
Montent du milieu de l'arène où l'on joue au football.
La lumière laiteuse y mousse dans un bol.
Tout autour, des arbres savants s'adressent des harangues,
Des amoureux muets s'instruisent de leurs langues.
Cependant la liseuse lit,mais lit-elle vraiment ?
Si l'on observe un peu ce petit monument
Dont l'art a désarmé la raideur et la pierre,
On voit bien que les yeux, sous la fine paupière,
Se portent au-delà de l'ouvrage : sur le gazon
Précis ou bien plutôt vers un vague horizon
Qui flottait déjà entre deux lignes de la lecture.
Non, elle ne lit pas, mais elle s'aventure
Dans ce monde aussi délicat et pâle que ses traits.
Car je n'ai pas noté que la liseuse est très
Jolie.
Elle ne lira plus. Elle attend que paraisse
Sur la page ennuyeuse et que sa main caresse,
L'ombre d'une autre main attendue. Alors en claquant
Le livre, d'un seul bond elle foutra le camp.
Jacques Réda, l'Adoption du système métrique, 2004.



