Concours général de composition française 2018

Entraide scolaire

43 réponses · Page 2 / 3

De rien Amelie1 ! Au moins si c'est ce sujet qui tombe, j'y aurais déjà réfléchi x)

Antisthène, comment t'es-tu démarqué(e) dans ta dissertation l'année dernière ? Tu as cherché à parler d'auteurs un peu "rares", à utiliser des citations ou tu t'es plutôt focalisé(e) sur l'écriture, le style de la dissertation littéraire ..?
Bon courage à toutes et tous pour demain !
Voici le sujet !
Dans un entretien accordé à la Revue Le Débat en 1989, Pascal Quignard déclare : "Le roman est l'autre de tous les genres, l'autre de la définition. Par rapport aux genres et à ce qui généralise, il est ce qui dégénère, ce qui dégénéralise. Là où il y a un toujours, mettez un parfois, là où il y a un tous, mettez un quelques et vous commencez d'approchez du roman."
Vous analyserez et discuterez cette citation en vous appuyant sur des exemples précis.
Pour ma part j'ai trouvé ce sujet très dur et ai rendu 6 pages au terme de 4h20. 😞

Et vous ?
Bonsoir,

Quignard énonce une vérité bien connue des littéraires, à savoir que le roman est non seulement un genre polymorphe, mais qu'il est même difficile de le définir comme un genre tant il échappe aux catégories.
La deuxième partie de la citation était plus difficile à interpréter précisément.

Admettons qu'en dehors des expérimentations, le roman reste quand même caractérisé comme un genre du récit.
J'ai trouvé le sujet assez ouvert je dois dire et il fallait vraiment problématiser à fond pour pouvoir tenir la route…
Donc je dirais qu'il était assez dur mais en même temps j'ai réussi à rendre 8 pages alors j'ai bien pu trouver quoi dire ^^

J'avais fini la dissertation avant les 6heures d'épreuve mais je suis restée presque jusqu'à la fin pour relire : les deux autres personnes présentes dans ma salle sont parties au bout de 4 heures d'épreuve environ.

Et les autres, comment ça s'est passé ?
Et toi Evariste (joli pseudo en passant, j'ai lu un livre sur la vie d'Evariste Galois et sa vie est folle x) bref je divague) ?
Pour ma part j'ai trouvé ce sujet très dur
Pour être dur, c’est dur !
Personnellement je ne suis pas sûre du tout de comprendre le propos de Quignard, mais alors pas sûre du tout. Sauf à la limite la première phrase, et encore…
Je serais partie sur la diversité du roman, sur la difficulté à le cerner…Mais ne peut-on en dire autant des autres genres littéraires ?
Sympa, votre sujet ! Moi aussi je le trouve assez dur, j'ai dû bien le relire pour commencer à comprendre… je préfère le sujet de l'année dernière ahah ! Si j'avais été à votre place, je n'aurais pas fait la maline en tout cas… bravo à tous !
J'ai choisi comme problématique "Dans quelle mesure le roman est-il le seul genre à se soustraire aux normes ?" en me disant que globalement, la citation cherchait à démarquer le genre romanesque, qui ne connaissait pas la généralisation des autres genres.
Et ensuite, thèse, antithèse, et puis en synthèse la primauté du fond sur la forme. (quel rapport ? 😜 )
Perso j'ai opposé le roman aux autres genres littéraires comme Quignard le fait et j'ai surtout développé la notion d'altérité, je m'explique :

Selon moi, quand on est auteur, on choisit et on pèse ses mots alors quand Quignard parle d'"autre" c'est pas anodin. En gros dans l'intro j'ai montré la polysémie du mot "autre" qui dans la bouche de Quignard semble vouloir dire différent, exceptionnel, à part, etc mais qui peut vouloir dire dans un autre sens "l'autre moitié", "ce qui forme un tout", le semblable, le "même que moi".
Bref on arrive à un paradoxe puisque d'une part on dirait que le roman est un genre inclassable, qui sort des cadres par ses spécificités et son histoire littéraire et qu'il ne fait que parler de "l'autre" dans le sens où il exploite les singularités et les particularités plutôt que ce "qui généralise" et, d'autre part, on peut se dire que parce que le roman est un genre tourné vers "l'autre" dans le sens d'autrui et qu'il parle au lecteur alors c'est un genre universel, généralisant. A partir de là on a deux définitions du roman qui s'opposent rien que par l'emploi du mot "autre" qui donne lieu à un paradoxe.

Ma problématique : Faut-il penser, comme Quignard, que le roman et le genre tourné vers les particularités et la dégénéralisation ou, au contraire, penser que le roman est le genre de tous tourné vers cet "autre", c'est-à-dire qui prétend à l'universalité ?

Après j'ai fait 3 parties : I) (thèse); II) (approfondissement de la thèse); III) antithèse
J'ai fait la synthèse dans la conclusion. Voilà. J'espère que personne ne va me dire que je suis dans le hors-sujet sinon je vais pleurer x)

-> le roman est un genre complexe inclassable par bien des aspects qui traite les singularités de l'homme plutôt que des types (I)et parce que sa nature est différente du reste de la littérature alors il met en place tous les moyens possibles pour rendre compte de la diversité de sa "peinture humaine" au point d'englober tous les autres genres. Parce qu'il est le lieu de l'expérimentation, le roman sort des cadres et se distingue du reste ("il dégénère") (II). Mais justement il devient le complément aux autres genres et vient former un tout qui forme la littérature. Par la somme des diversités, le roman parvient à peindre le genre humain et tend à l'universalité, se rapproche de ce qui généralise (III).
Bonsoir, j’ai moi aussi participé au concours général de composition française aujourd’hui… et c’est sur une note de frustration qu’il s’est terminé pour moi!
Effectivement, le sujet amenait de manière assez évidente à se concentrer sur la définition générique du roman, mais il était aussi facile de s’y perdre!
Pour ma part, j’ai passé trop de temps, pour le coup, à décortiquer la citation et à élaborer un plan pertinent. Après la rédaction de mon introduction, je suis restée décontenancée face à ma copie, notamment au moment de la rédaction de ma thèse pour laquelle il m’a été difficile de trouver des arguments réellement convaincants. Toujours le même problème : en quoi mes idées ne seraient-elles pas aussi valable pour les autres genres littéraires?
Ensuite, j’ai évoqué l’aspect peut-être décevant pour l’esprit de définir le roman et d’essayer de l’embrasser dans un rapport antithétique, toujours par rapport aux autres genres, au lieu, par exemple, d’essayer de le cerner dans sa complexité intrinsèque.
Et puis faute de temps, pas de troisième axe que j’avais pourtant prévu et annoncé dans mon introduction. Dommage, ce sera éliminatoire! Mais bon, l’essentiel étant de participer, je suis quand même satisfaite de cette première expérience et bien sûre heureuse d’avoir été invitée à y prendre part par mon professeur de français… 🙂
En tout cas, ce que j'ai sous les yeux semble être une très bonne intro ! Compliments !
Je dois avouer que je n'ai pas autant approfondi la citation. (aïe)
Merci ^^ mais ça ne veut rien dire sur la qualité du reste de la copie x)
J'ai analysé à fond la citation car, au moins, ils verront que je me suis efforcée de cerner leur sujet sans tout de suite partir sur du "par cœur" ou je ne sais pas quoi. (j'avais lu les rapports de jury et ils reprochaient souvent le manque de réflexion personnelle des élèves qui se raccrochaient à leur cours)

Linguax, dommage que tu aies été prise à court de temps…

Quelqu'un connaît un peu leurs critères pour sélectionner les "meilleures" copies ?
Bonjour, pour ceux qui le souhaitent voici une dissertation corrigée du sujet qui était imposé aujourd'hui :

https://www.etudes-litteraires.com//Composition_francaise.doc

Pensez-vous alors qu'il était possible de ne traiter qu'une problématique sur deux en s'appuyant sur l'autre?
Je n'ai pas pris le temps de lire tous vos messages, ce que je ferai en bonne et due forme le moment venu.
J'espère que malgré la difficulté du sujet (j'ai encore en travers de la gorge qu'ils nous aient ressorti Quignard après un sujet de 2013 particulièrement complexe) vous avez su profiter de cette épreuve, de cette opportunité de se confronter à un exercice si particulier.
Je pense, comme certains l'ont relevé, qu'il était nécessaire d'aborder le protéiforme du genre romanesque et de son caractère « lawless » (Gide, Les Faux-monnayeurs).

Je me pose une question : Tegurs, où as-tu déniché cette correction ?
EDIT : Au temps pour moi tu as modifié ton message, merci.
Il s'agit de la correction d'une épreuve du CAPES de lettres modernes, que j'ai trouvée en tapant la citation sur Google après l'épreuve.
Salut à tous!

Quel sujet! J'avoue l'avoir relu plusieurs fois et avoir passé une bonne trentaine de minutes à l'analyser tant il était complexe. De plus, impossible de me rappeler de qui était Quignard… amnésie quand tu nous tiens…
Néanmoins, je pense avoir bien exploré le sujet. J'ai passé trois heures au brouillon avant de livrer un beau bébé de 11 pages et j'ai fini l'épreuve sur le fil. En tout cas n'hésitez pas à me donner vos opinions sur mon devoir car j'ai bien peur qu'il soit frêle en comparaison à d'autres.

Je trouve le sujet vachement plus dur que d'autres années notamment par son hermétisme. Pour ma part, je l'ai compris ainsi, le temps et les influences de divers auteurs font du matériau brut qu'est la prose romanesque une dégénérescence littéraire. Je m'explique, "ce qui dégénère" c'est la forme du roman au fil des auteurs et des siècles (du roman en vers du Moyen-Age jusqu'au Nouveau Roman). Quant à "ce qui dégénéralise", c'est le fait qu'il y ait autant de romans que d'opinions et d'imaginaires ce qui le pousse vers des voies jusqu'alors inexplorées. Cette ébauche de la définition du roman sous entend que l'on ne peut pas faire de généralités, d'où à mon sens le "toujours" qui devient "parfois et le "tous" qui devient "quelques".

Ce cheminement intellectuel a certainement été le passage le plus difficile avec la conception de mon plan.


J'en suis venu à la problématique suivant:
Dans quelle mesure peut-on dire que le roman est un genre qui, selon le mot de Quignard "dégénéralise", c'est à dire qui est, par essence, multiple et protéiforme?

Étonnamment j'ai eu peu de mal à trouver cette problématique, néanmoins elle est peut-être incomplète car elle sous-entend seulement une partie de mon plan, elle ne l'annonce pas explicitement.

Plan:

I- Le roman est un genre multiple
a) un genre qui dégénère dans sa forme entre ses origines et aujourd'hui
- roman en vers, chanson de geste, Cervantès, Rabelais, la mimésis, Le Roman de la Rose, Fénelon, Balzac

b) la multiplicité des thèmes, topos et sous-genres
- topos du locus amoenius, thèmes récurrents et mythes littéraires sans cesse réexploités, je ne me souviens plus vraiment quelles oeuvres j'ai cité mais il me semble qu'il y a Bel Ami, Utopia de More, Candide en filigrane. Les émotions m'ont particulièrement occupé et j'ai cité Stendhal: "Le romantisme, c'est la connaissance des émotions"

c) Le style et le traitement de la langue comme source d'unicité
- degré zéro de l'écriture et L'Etranger de Camus (que j'ai recalé plusieurs fois), langues vernaculaires (étymologie de roman), ordonnance de Villers Cotterêts en 1529, académie française en 1635, Défense et illustration de la langue française de Du Bellay. Mais aussi, les Précieux et Mademoiselle de Scudéry face au classiques de Boileau "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément", l'écriture orale de Céline dans Voyage au bout de la nuit et le style raffiné de Flaubert
"un livre sur rien qui tiendrait de lui-même par la force de son style"

Le petit c) était sans doute avec le petit a) une des parties où je me suis le plus amusé et elles sont assez conséquentes comparées à mon grand II qui est très frêle.

II- Le roman comme unité
a) l'asservissement du sens et de la langue
- le romancier ne peut échapper à la syntaxe et la ponctuation, le sens est primordial contrairement à la poésie (lettrisme, s+7, écriture automatique et cadavres exquis), contraintes littéraires La Disparition de Pérec, la chasse aux hiatus de Flaubert dans son gueuloir.

b) la traction dramatique et les personnages comme essence du roman
- malgré la déconstruction amorcée par le Nouveau Roman ce sont des éléments essentiels à l'intrigue car c'est ce qui pousse le lecteur à lire quitte à passer outre les détails et messages disséminés par l'auteur. J'ai parlé notamment des Gommes de Robbe-Grillet où l'auteur ôte une partie de la psychologie des personnages et décrit longuement une tomate. Cette pratique de déconstruction fut par ailleurs abandonnée et on repart sur une composition romanesque classique à sa suite.

c) Le roman, une partie intrinsèque de l'auteur (là aussi une de mes parties favorites ce qui relève le niveau des deux précédentes)
- je pars du constat qu il y a dans chaque ouvrage une part de l'auteur. Expérience cathartique "Ecrire c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit." Duras mis en lien avec Enfance de Nathalie Sarraute, "Inventer au fond c'est se ressouvenir" Nerval que j'ai mis en lien avec la madeleine et l'oeuvre de Proust. Enfin, Conrad dans Au coeur des ténèbres, où l'imagination et le souvenir se mêle pour purger l'"Horreur! Horreur!" de Kurtz, le congo "enfer personnel" de l'auteur.

III- La littérature elle-même dégénère et se dégénéralise sous l'influence des tendances sociétales, politiques, historiques ou philosophiques.
a) La querelle des Anciens et des Modernes: pro-Modernes (Perrault, Lafontaine) vs pro-Anciens (Boileau, La Bruyère, que j'ai oublié de citer d'ailleurs…), traduction de l'Iliade de Mme Dacier.
25 février 1830 bataille d'Hernani plus développement sur l'originalité du drame romantique face la rigueur classique. Conclusion chaque nouveau mouvement si il est important et à succès de son vivant s'érige en futur classique.

b) Le roman et la littérature au service du message
- L'Etranger de Camus et la théorie de l'absurde, Stendhal dans Le Rouge et le Noir "le roman est un miroir que l'on promène le long d'un chemin", Sorel découvre les rouages de la politique par la séduction mais aussi réflexion sur le romantisme et le réalisme et enfin Germinal de Zola qui est influencé par les penseurs politiques Marx et Proudhon de son temps en la personne d'Etienne et de Souvarine. Et aussi Sartre pour qui écrire = liberté = engagement.

c) La poésie et le théâtre eux aussi sont propices à la multiplicité
- poésie de La Pléiade, symbolistes "le poète se fait voyant par un long immense et raisonné dérèglement de tous les sens", "la poésie n'a de but qu'elle même" Baudelaire, Mahabarata et Eneide
Théâtre de l'absurde qui comme les surréaliste chamboule le théâtre avec notamment En attendant Godot.

Conclusion (que j'ai écrite au fil de la plume et dont je me souviens dans les grandes lignes): le roman est nécessairement changé par ceux qui le pratiquent comme chaque art puisque chaque auteur apporte sa propre subjectivité à l'édifice. Son côté protéiforme ouvre le champs des possibles "la cellule mère du roman c'est la préposition si" Albert Thibaudet. En ce sens la littérature est à l'image de l'Homme, en constant changement "on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve "Héraclite et on peut penser qu'elle n'est qu'un artifice servant à transmettre un message puisque comme le dit Hegel "c'est dans le mot que nous pensons".

Voilà! N'hésitez pas à critiquer et me faire remarquer mes erreurs qui je n'en doute pas sont nombreuses. J'espère avoir bien répondu à ma problématique et au sujet et je m'en vais lire la correction partagée plus tôt. Je serai ravi de lire vos plans !
Dans un entretien accordé à la Revue Le Débat en 1989, Pascal Quignard déclare : « Le roman est l'autre de tous les genres, l'autre de la définition. Par rapport aux genres et à ce qui généralise, il est ce qui dégénère, ce qui dégénéralise. Là où il y a un toujours, mettez un parfois, là où il y a un tous, mettez un quelques et vous commencez d'approcher du roman. »
Vous analyserez et discuterez cette citation en vous appuyant sur des exemples précis.
Quelques considérations préalables :
Le sujet porte sur le roman. Aborder les autres genres littéraires indépendamment du roman est hors sujet.

« L’autre de tous les genres » : Quignard suppose que les genres littéraires répondent à des règles, des définitions communes. Le roman est étranger à toute règle ou définition sans que l’auteur précise lesquelles.
« Dégénère » et « dégénéralise » : il faut noter
- le rattachement à la racine genre
genre (nom masculin) : Style particulier d'une forme d'art que l'on différencie par sa structure, son contenu ou son style. Par exemple, le roman est un genre littéraire et le roman historique un genre de roman.
- dégénérer : Perdre de sa force, de ses qualités.
Dégénérer en: changer de bien en mal, de mal en pis.
Quignard porte-t-il un jugement de valeur en connotant le verbe d’un sens péjoratif ?
La formule signifierait alors que depuis son avènement le genre romanesque s’est abâtardi.
Ou veut-il signifier un simple constat ? Perdre les qualités naturelles de sa race, de son espèce. Dans ce cas, c’est depuis les origines que le roman n’aurait pu être classifié.
- dégénéraliser : néologisme et paronomase. La paronomase peut induire un excès de sens en raison de la recherche première de l’effet. Ici le roman ne se prêterait pas à une définition par des caractères communs. Au contraire il manifesterait un éclatement congénital dans des particularismes.

La troisième phrase suggère l’impossibilité d’une axiomatique quand on aborde le genre romanesque. Il faut alors se contenter d’à peu près.

Le sens donné aux termes orientera différemment la réflexion.
1 – le roman est-il un genre à part ?
2a – s’est-il abâtardi ?
Ou
2b – est-il impossible de le saisir (définir) comme genre ?
Il semble difficile de retenir un jugement péjoratif dans une perspective diachronique. En effet l’histoire littéraire montre que le roman a eu du mal à s’imposer comme genre littéraire majeur et qu’il a fallu attendre le XIXe siècle pour qu’il connaisse son âge d’or.
S’il s’agit d’un jugement de valeur sur la production actuelle par rapport à de glorieux ancêtres, les phrases 2 et 3 ne se justifient plus. En effet la production romanesque s’est considérablement standardisée dans une production de masse. Quignard suggérerait alors que le roman qualifié de littéraire serait élitiste et rechercherait à tout prix une différence avec le modèle commercial.
On peut échapper à ces écueils en considérant que Quignard utilise plutôt un sens étymologique de « dégénérer », à savoir qui ne peut être rattaché à un genre, qui ne constitue plus un genre.

J’en conclus personnellement qu’il vaut mieux combiner 1 et 2b pour donner la problématique suivante : Le roman est-il un genre à part parce qu’il est impossible (ou difficile) de le définir en tant que genre ?
Spendius, j'ai lu ton plan et ce que je remarque déjà c'est que tu as une très bonne culture littéraire : riche et variée. Bien que ce soit un point fort, je crains que cela ne te porte préjudice… Je pense qu'en voulant rédiger, tu as un peu perdu de vue le genre en question, le roman, et que tu as débordé sur d'autres genres comme dans III)a) ou dans le III)c) de ton plan, comme dit précédemment, et que par moment tu énumères peut-être beaucoup d'exemples (ou de références à l'histoire littéraire) qui peuvent sembler être un étalage de ce qui t'est venu à l'esprit.

En soit parler d'autres genres n'est pas un problème tant qu'on le rattache toujours clairement au roman : j'ai évoqué le fait que l'œuvre romanesque pouvait devenir monstrueuse et dégénérer dans le sens où elle englobe parfois d'autres genres littéraires (par exemple dans Corinne ou l'Italie de Mme de Staël, il y a une scène de théâtre et une mise en abyme alors qu'il s'agit d'un roman !). Je pense que c'est ce qui est un peu faible dans ta réflexion : le fait d'avoir pioché dans des exemples issus d'autres genres et d'aller vers le hors-sujet et le gratuit.

Sinon je pense que la force de ton devoir résidera dans ton style, dans tes connaissances mais que tu divagues et sors un peu du sujet par moment 🙂

En tout cas, encore mes compliments pour ta culture ! Et mon jugement n'a aucune grande valeur 😉

En ce qui concerne le nombre de pages, je trouve que 11 pages c'est bien (on m'avait conseillé d'en faire entre 8 et 10 environ) mais j'ai une amie, qui a passé le concours avec moi, et qui a rendu 4 pages x) pourtant elle a eu l'impression d'avoir épuisé le sujet. Voilà!
Bonsoir La liseuse!

Un grand merci d'avoir pris le temps de me lire mais aussi pour tes compliments.
A vrai dire, comme tu le dis, j'avais peur de paraître creux et pédant, aussi je me suis efforcé de détailler au mieux les oeuvres que je citais. Néanmoins, le résultat qui en a découlé est des parties assez inégales en termes de longueur, ce que je regrette.

J'ai également peur du hors-sujet car je me suis effectivement détaché du roman dans ma synthèse. En effet, à mon sens, il s'agissait d'explorer un côté de la question qui n'est pas soulevé par Quignard, seulement sous-entendu, "les autres". Il me semblait absurde de ne pas les considérer (quitte à frôler -ou plonger dans- le hors-sujet). Si je ne me trompe pas la synthèse a pour but d'explorer un autre aspect des interrogations suscitées par l'auteur. Dans mon cas, j'ai cru utile d'expliciter la "dégénéralisation" et la "dégénérescence" des autres genres qui, comme le roman, sont issus du même moule. De plus j'admets que je n'aurais pas été capable de trouver un autre plan car c'est l'étape qui m'a certainement donné le plus de fil à retordre. Peut-être me suis-je trop éloigné de la question d'origine… Je ne l'espère pas et même si j'ai renoncé depuis le départ à un éventuel prix, j'y songe quand même avec envie ahahah 😂


En tout cas merci de ta réponse et de ton jugement qui, au contraire à bien de la valeur puisqu'il s'agit d'une opinion fondée et construite. 🙂
J'ai également lu ce que tu avais proposé et je trouve cela très pertinent. Ta problématique est très solide puisqu'elle évoque d'office le paradoxe soulevé par Quignard. Néanmoins je peine à comprendre ton plan. Sa forme n'est pas rigoureusement classique ce qui est dommage vu la capacité d'analyse dont tu sembles être douée. Cependant je te saurais gré si tu pouvais partager un plan un peu plus détaillé afin de mieux aborder ta pensée.
Ah oui je comprends que mon plan puisse paraître "original" (pas tant que ça en fait) en comparaison au traditionnel thèse/antithèse/synthèse.
Je crois avoir fait un plan analytique car selon moi la citation était déjà suffisamment riche pour composer deux parties dessus (qui se nuancent déjà un peu entre elles) et mon antithèse est ma dernière et troisième partie.
Je remet le plan tel que je l'ai noté dans mes brouillons et j'explicite ce que j'ai voulu dire :

I) Le roman est un genre à part qui traite également des êtres à part, des figures d'exception : il privilégie l'exploitation des singularités, des détails ("les quelques" uns plutôt que "tous")
1) les personnages de romans sont extraordinaires et offrent ce qu'ils ont de meilleur dans leurs particularités, leurs parcours sont flamboyants
2) Plus qu'une peinture de l'exception, le roman est aussi le genre privilégié dans l'étude des anomalies et des personnages condamnables, qui dérangent et sont à part
3) En fait le personnage de roman est le résultat d'une expérimentation, de la rencontre de hasards ("des parfois" plutôt que des "toujours")

II) Mais à vouloir peindre toutes les diversités, l'œuvre romanesque devient monstrueuse et dégénère
1) le roman se met à englober d'autres genres, à dépasser de son cadre
2) En plus d'utiliser les moyens caractéristiques à d'autres genres pour s'enrichir dans son dessein de peindre avec précision les cas particuliers plutôt que les vérités générales, le roman utilise tous les outils littéraires à sa disposition pour exprimer le caractère unique de son récit (description, types de discours, niveaux de langue, soucis de réalisme dans l'illusion du vrai…)
3) Néanmoins, en se focalisant sur "l'autre" qu'est le personnage de roman, l'auteur privilégie l'individu à l'action véritable (les fameux romans "sur rien" qui analysent beaucoup la psychologie…)

III) Bien que le roman soit un genre à part qui traite les exceptions avec un soucis extrême de rendre compte de toutes les particularités, même si il doit dépasser de son cadre, ce genre littéraire parle de l'"autre" (= de l'exception) aux autres (= aux lecteurs). Par la somme des diversités le roman devient universel et mieux compris car au travers d'un exemple précis (le perso) il évoque des thèmes qui touchent à la condition humaine

1) Le perso de roman est avant tout un outil de l'auteur, il incarne des valeurs ou des principes : il est une allégorie pour le lecteur
2) Le lecteur s'identifie mieux à un perso quand celui-ci semble réel, palpable
3) Parce que la "lecture est une amitié", le lecteur est même invité par le romancier à se substituer au personnage et à participer à la réflexion de l'œuvre (là j'ai beaucoup parlé des romans qui donnent au lecteur une mémoire effective identique à celle du personnage : Rue des Boutiques Obscures de Modiano ou, plus classique, le cycle romanesque A la Recherche du Temps Perdu de Proust)

-> Le roman est un genre à part par son histoire littéraire, ses spécificités et son goût pour l'étrange/le différent/le particulier/l'imprévu, c'est-à-dire l'"autre" (I). Et dans ce soucis de représenter cet autre au mieux le roman dégénère et vient manger tous les autres genres, il est le genre représentatif de la littérature et vient se compléter en empruntant des procédés ailleurs (II). Et donc, parce que le roman parle de l'autre on pourrait penser qu'il s'isole et se contente de montrer des exceptions et de chercher l'étrange sans d'autres buts que de s'opposer au reste de la littérature mais justement l'intérêt du roman est de parler de l'autre aux autres, c'est-à-dire à ses lecteurs. Parce que le perso de roman est le résultat voire la somme des diversités, alors il représente l'universalité de la condition humaine (III).

Voilà 🙂 en gros j'ai basé toute ma réflexion sur la polysémie du mot "autre" x) heureuseument que j'ai repéré ce paradoxe sinon je n'aurais pas su quoi faire ! (d'ailleurs je remercie ma prof de grec qui nous avait déjà parlé du double sens de ce mot)

NB: merci pour les compliments, ça me touche !

Salut !

Quelqu'un sait-il quand nous recevrons les résultats du Concours (classement) et comment cela se déroule ?
J'ai beau chercher, je ne trouve pas…

Merci d'avance 🙂