Baudelaire, Le Flacon

Entraide scolaire

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir à tous,

Je dois dans le cadre de mes études rédiger une analyse du poème "Le Flacon" de Baudelaire. Je suis malheureusement très mauvaise en analyse, et après y avoir passé un bon bout de temps, je ne parviens toujours pas à le comprendre vraiment, ni à en sortir des axes.

J'ai bien compris en le lisant qu'il traitait des souvenirs, qu'il y avait de nombreuses oxymores relatives au spleen et à l'idéal, et ai de plus trouvé plusieurs figures de style.
Mon problème est que je ne parviens pas à articuler les différentes strophes ensemble, à trouver un fil conducteur, ce qui m'empêche de trouver des axes.

Je vous serais donc extrêmement reconnaissante de me lancer sur quelques pistes, ou m'indiquer une problématique autour de laquelle je pourrai construire des axes.

Je vous souhaite une excellente soirée,

Solune

(Si jamais, voici le poème)
Le Flacon

Il est de forts parfums pour qui toute matière
Est poreuse. On dirait qu'ils pénètrent le verre.
En ouvrant un coffret venu de l'Orient
Dont la serrure grince et rechigne en criant,


Ou dans une maison déserte quelque armoire
Pleine de l'âcre odeur des temps, poudreuse et noire,
Parfois on trouve un vieux flacon qui se souvient,
D'où jaillit toute vive une âme qui revient.


Mille pensers dormaient, chrysalides funèbres,
Frémissant doucement dans les lourdes ténèbres,
Qui dégagent leur aile et prennent leur essor,
Teintés d'azur, glacés de rose, lamés d'or.


Voilà le souvenir enivrant qui voltige
Dans l'air troublé ; les yeux se ferment ; le Vertige
Saisit l'âme vaincue et la pousse à deux mains
Vers un gouffre obscurci de miasmes humains ;


Il la terrasse au bord d'un gouffre séculaire,
Où, Lazare odorant déchirant son suaire,
Se meut dans son réveil le cadavre spectral
D'un vieil amour ranci, charmant et sépulcral.


Ainsi, quand je serai perdu dans la mémoire
Des hommes, dans le coin d'une sinistre armoire
Quand on m'aura jeté, vieux flacon désolé,
Décrépit, poudreux, sale, abject, visqueux, fêlé,


Je serai ton cercueil, aimable pestilence !
Le témoin de ta force et de ta virulence,
Cher poison préparé par les anges ! Liqueur
Qui me ronge, ô la vie et la mort de mon cœur !
-Introduction de l'analogie entre le flacon et le poète. (Strophe 1 et début de la strophe 2.)
-Un flacon "qui se souvient"; Les effets produits. Développement dans les strophes 3, 4, 5.
-Le comparé, introduit par ainsi : le poète. (les deux dernières strophes.)
Merci beaucoup!

Ce seraient donc mes différents axes ? Ou est-ce qu'il s'agit plutôt d'une sorte de résumé? Parce que je vois toujours pas comment les lier à une problématique… j'ai vraiment du mal à voir le "noyau" du poème
C'est ma façon de faire une première lecture du poème.
Il me semble que ce qui frappe d'abord dans ce poème, c'est qu'il est construit sur une analogie, non ?
N'est-ce pas cela le noyau du poème, comme tu dis ?
Un objet, choisi à dessein, tout de même, un flacon de parfum.
Le parfum joue un rôle important dans l'oeuvre de Baudelaire.
Qu'est-ce qui caractérise ce ou ces parfums ?
On observe comme une transmutation.
Le parfum entraîne des réminiscences, un vertige, des images (à analyser bien sûr)
L'objet est un peu comme la lampe magique d'Aladin, si je peux me permettre cette comparaison.
Il est plus qu'il ne paraît.
Il est le poète même qui s'identifie à cet objet et à ses effets.
Reste à analyser le détail, et la richesses des images suscitées.
Alors je comprends ce que vous dites, le parfum est caractérisé par toutes sortes d'oppositions, oxymores, etc. liées au spleen et à l'idéal…
Du coup on se poserait les questions de comment le poète utilise le parfum pour accéder à ses souvenirs, ou comment se construit l'analogie par exemple?
Et faut-il du coup intégrer l'amour comme thème ou pas? Je l'ai lu sur internet, mais ne comprends pas en quoi il s'agit d'un élément principal (bien que ce poème se trouve dans une partie dédiée à une femme)
Je m'excuse de mes nombreuses questions et vous remercie énormément de prendre le temps d'y répondre.
Bonsoir,

Le flacon est le pivot de ce poème.
Baudelaire l'utilise comme un symbole.
Il te faut donc analyser toutes les valeurs de cet objet :
- le contenant d'un parfum,
- le support du souvenir,
- l'évocation du temps passé qui n'est plus, de la mort,
- l'image du poète abandonné…

Baudelaire procède par glissement de sens du flacon au parfum, du parfum aux amours mortes, pour finir sur sa situation personnelle de mal-aimé à l'agonie.

Ensuite tu fais le même travail pour le parfum.

Finalement tu dois déboucher sur le spleen qui empoisonne le coeur du poète chez qui l'amour est synonyme de mort.
C'est un poème de l'échec.

Accessoirement il n'y a pas d'oxymores (nom masculin).
Bonsoir,

Je vous remercie vivement de votre réponse.

Pour l'erreur, je m'excuse, je n'ai pas fait assez attention en écrivant mon message…

Je vous souhaite une excellente soirée, Solune
Ma remarque n'était pas destinée à te rabaisser mais bien à te faire progresser.
Tu as le grand mérite de persévérer.
Bon courage !


J'ajouterais un aspect que tu peux examiner à la fin, aspect surprenant et paradoxal : la complaisance voire la délectation du poète dans son malheur, attitude plutôt romantique de celui qui se veut différent dans son épreuve.
Enfin cet aspect débouche sur l'esthétique baudelairienne de faire naître une beauté bizarre du mal.
A toi d'apprécier si l'échec du poète dans sa vie est sauvé par l'oeuvre d'art qu'il produit.

Bonjour ! Je suis en classe de première et je dois montrer qu’un poème appartenant à la section Spleen et Idéal, "Le Flacon" a une forme d’alchimie mais j’ai vraiment du mal… J’ai plus ou moins compris l’alchimie de ce poème avec le flacon et le poète mais je ne sais vraiment pas comment le dire… Merci de votre aide !Voici le poème au cas où : XLIV Il est de forts parfums pour qui toute matièreEst poreuse ; — on dirait qu’ils pénètrent le verre.Quelquefois en ouvrant un coffre d’OrientDont la serrure grince et rechigne en criant,Ou dans une maison déserte quelque armoire,Sentant l’odeur d’un siècle, arachnéenne et noire,On trouve un vieux flacon jauni qui se souvient,D’où jaillit toute vive une âme qui revient. Mille pensers dormaient, — chrysalides funèbres,Frémissant doucement dans les lourdes ténèbres, —Qui dégagent leur aile et prennent leur essor,Teintés d’azur, — glacés de rose, — lamés d’or.Voilà le souvenir enivrant qui voltigeDans l’air troublé ; — les yeux se ferment ; le vertigeSaisit l’âme vaincue et la pousse à deux mainsVers un gouffre où l’air est plein de parfums humains.Il la terrasse au bord d’un gouffre séculaire,Où, — Lazare odorant déchirant son suaire, —Se meut dans son réveil le cadavre spectralD’un vieil amour ranci, charmant et sépulcral.Ainsi, quand je serai perdu dans la mémoireDes hommes, — dans le coin d’une sinistre armoireQuand on m’aura jeté, vieux flacon désolé,Décrépit, poudreux, sale, abject, visqueux, fêlé,Je serai ton cercueil, aimable pestilence !Le témoin de ta force et de ta virulence,Cher poison préparé par les anges ! liqueurQui me ronge, ô la vie et la mort de mon cœur !

Je n’ai pas du tout réfléchi à un possible plan (vous n’indiquez pas l’énoncé exact de ce qui est demandé… Montrer l’alchimie des odeurs couplée à celles des mots ?), mais ces vers me renvoie immédiatement à deux autres textes :"Harmonie du soir", de Baudelaire (il faudrait cependant vérifier la chronologie des deux poèmes)"Le parfum", de P. Süskind (mais vous êtes peut-être trop jeune pour l’avoir lu quand il est sorti)

Il n’y a pas de plan à faire, je dois simplement répondre à la question en montrant qu’il y a une alchimie dans ce poème. Je n’ai aucunes autres indications malheuseument…

Bonjour,Tu sais déjà que pour Baudelaire, boue = or (je fais vite !). Ici, focus sur les parfums, odeurs. Quelques idées (antithèses) : Vieilleries, laideur (boue) = "Dont la serrure grince et rechigne en criant", "quelque armoire…arachnéenne et noire", "flacon jauni", "lourdes ténèbres", "chrysalides funèbres", cadavre spectral", "vieil amour ranci", "sinistre armoire", "vieux flacon désolé, / Décrépit, poudreux, sale, abject, visqueux, fêlé, "cercueil", "pestilence", "poison", "ronge", "mort".Vs : beauté (or) : "coffre d’Orient" (on s’attend à un truc merveilleux : Orient fantasmé), "D’où jaillit toute vive une âme qui revient." "Qui dégagent leur aile et prennent leur essor,/Teintés d’azur, — glacés de rose, — lamés d’or." "Voilà le souvenir enivrant qui voltige", "Vers un gouffre où l’air est plein de parfums humains." "amour charmant", pestilence oui mais "aimable", " Cher poison préparé par les anges ! liqueur…" "la vie". Le poème est construit sur toute une série d’oppositions. Evidemment, ne pas faire 1/ la boue et 2/ l’or. Voir la gradation qui culmine avec le dernier vers.

Je vois, merci beaucoup, tout est plus clair pour moi. Vous m’avez beaucoup aidé ! J’avais quelques éléments mais je pense que je n’arrivais pas à prendre assez de recul sur le poème pour comprendre ceci. Encore une fois merci !