Bonjour, je suis élève en première S et j'ai une question de corpus a rédigé : "comment les forces qui s'opposent à l'amour des amants sont-elles représentées dans les textes?". Pour cela, je dispose de trois textes : la première scène de Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé (Théophile de Viau), l'acte II scène 2 de Roméo et Juliette (Shakespeare) et l'acte I scène 5 d'Incendies (Wajdi Mouawad).
J'ai pensé à faire en première partie, la situation des amants et en deuxième partie, montrer les différentes forces en mettant en commun le fait que ceux sont les familles pour les deux premiers textes.
J'aimerai avoir un avis pour bien réussir et améliorer mon plan.
Merci. Bonne journée
Bonjour,
Sans les textes, il est difficile de t'aider.
Mais tout d'abord, tu ne sembles pas avoir perçu l'essentiel de la question.
Comment les forces qui s'opposent à l'amour des amants sont-elles représentées dans les textes ?
N'oublie pas que tu es au théâtre et donc dans un univers de la représentation.
Après avoir identifié ces forces, regarde comment le dramaturge les met en scène.
Je vous transmet les textes :
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Incendies :
Scène 5: Nawal annonce à Wahab qu'elle est enceinte
Aube. Forêt. Rocher. Arbres blancs. Nawal (14 ans). Wahab.
NAWAL. Wahab ! Ecoute-moi. Ne dis rien. Non. Ne parle pas. Si tu me dis un mot, un seul, tu pourrais me tuer. Tu ne sais pas encore, tu ne sais pas le bonheur qui va être notre malheur. Wahab, j’ai l’impression qu’à partir du moment où je vais laisser échapper les mots qui vont sortir de ma bouche, tu vas mourir toi aussi. Je vais me taire, Wahab, promets-moi alors de ne rien dire, s’il te plaît, je suis fatiguée, s’il te plaît, laisse le silence. Je vais me taire. Ne dis rien. Ne dis rien.
Elle se tait.
Je t’ai appelé toute la nuit. J’ai couru toute la nuit. Je savais que j’allais te trouver au rocher aux arbres blancs. Je voulais le hurler pour que tout le village l’entende, pour que les arbres l’entendent, que la nuit l’entende, pour que la lune et les étoiles l’entendent. Mais je ne pouvais pas. Je dois te le dire à l’oreille, Wahab, après, je ne pourrai plus te demander de rester dans mes bras même si c’est ce que je veux le plus au monde, même si j’ai la conviction que je serai à jamais incomplète si tu demeures à l’extérieur de moi, même si, à peine sortie de l’enfance, je t’avais trouvé, toi, et qu’avec toi je tombais enfin dans les bras de ma vraie vie, je ne pourrai plus rien te demander.
Il l’embrasse.
J’ai un enfant dans mon ventre, Wahab ! Mon ventre est plein de toi. C’est un vertige, n’est-ce pas ? C’est magnifique et horrible, n’est-ce pas ? C’est un gouffre et c’est comme la liberté aux oiseaux sauvages, n’est-ce pas ? Et il n’y a plus de mots ! Que le vent ! Quand j’ai entendu la vieille Elhame me le dire, un océan a éclaté dans ma tête. Une brûlure.
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Shakespeare :
JULIETTE - Ô Roméo, Roméo ! Pourquoi es‑tu Roméo !
Renie ton père et refuse ton nom,
Ou, si tu ne veux pas, fais‑moi simplement vœu d'amour
Et je cesserai d'être une Capulet.
ROMÉO, bas. - Écouterai‑je encore, ou vais‑je parler?
JULIETTE - C'est ce nom seul qui est mon ennemi.
Tu es toi, tu n'es pas un Montaigu.
Oh, sois quelque autre nom. Qu'est‑ce que Montaigu ?
Ni la main, ni le pied, ni le bras, ni la face,
Ni rien d'autre en ton corps et ton être d'homme.
Qu'y a‑t‑il dans un nom ? Ce que l'on appelle une rose
Avec tout autre nom serait aussi suave,
Et Roméo, dit autrement que Roméo,
Conserverait cette perfection qui m'est chère
Malgré la perte de ces syllabes. Roméo,
Défais‑toi de ton nom, qui n'est rien de ton être,
Et en échange, oh, prends‑moi tout entière !
ROMÉO - Je veux te prendre au mot.
Nomme‑moi seulement « amour », et que ce soit
Comme un autre baptême ! Jamais plus
Je ne serai Roméo.
JULIETTE - Qui es‑tu qui, dans l'ombre de la nuit,
Trébuche ainsi sur mes pensées secrètes ?
ROMÉO - Par aucun nom
Je ne saurai te dire qui je suis,
Puisque je hais le mien, ô chère sainte,
D'être ton ennemi.
Je le déchirerais Si je l'avais par écrit.
JULIETTE - Mes oreilles n'ont pas goûté de ta bouche
Cent mots encore, et pourtant j'en connais le son.
N'es‑tu pas Roméo, et un Montaigu ?
ROMÉO - Ni l'un ni l'autre, ô belle jeune fille,
Si l'un et l'autre te déplaisent.
JULIETTE Comment es‑tu venu, dis, et pourquoi ?
Les murs de ce verger sont hauts, durs à franchir,
Et ce lieu, ce serait ta mort, étant qui tu es,
Si quelqu'un de mes proches te découvrait.
ROMÉO - Sur les ailes légères de l'amour,
J'ai volé par‑dessus ces murs. Car des clôtures de pierre
Ne sauraient l'arrêter. Ce qui lui est possible,
L'amour l'ose et le fait. Et c'est pourquoi
Ce n'est pas ta famille qui me fait peur.
JULIETTE - Ils te tueront, s'ils te voient.
-Théophile de Viau :PYRAME.
Tu vois en quel danger notre fortune est mise,
Que même la clarté ne nous est pas permise.
Enfin ne veux-tu point forcer cette prison ?
Ici l'impatience est jointe à la raison.
Le tyran, qui déjà fait éclater sa rage,
Afin de l'assouvir mettra tout en usage,
Et possible devant que le flambeau du jour
Ne fasse voir demain ses coursiers de retour,
Nous saurions ce que peut une fureur unie
Avec l'autorité d'une force impunie.
THISBÉ.
Le conseil en est pris : sans attendre à demain,
Il faut résolument s'affranchir de sa main.
Je serai bien heureuse, ayant de la Fortune
Et disgrâce et faveur avecque toi commune,
Lorsque je n'aurai plus d'espions à flatter,
Que je n' aurai parents ni mère à redouter,
Et qu'Amour, ennuyé de se montrer barbare,
Ne nous donnera plus de mur qui nous sépare,
Que sans empêchements nos yeux pourront passer
Partout où sont venus la voix et le penser.
Lors, d'un parfait plaisir entre tes bras comblée,
Mon âme du tyran ne sera pas troublée,
Lors je n'aurai personne à respecter que toi.
PYRAME.
Lors tu n'auras personne à commander que moi ;
Dessus mes volontés la tienne souveraine
Te donnera toujours la qualité de Reine.
Thisbé, je jure ici la grâce de tes yeux,
Serment qui m'est plus cher que de jurer les Dieux,
Que ton affection aujourd'hui me transporte.
Je ne la croyais pas être du tout si forte ;
Je doutais que l'on pût aimer si constamment,
Et que tant d'amitié fût pour moi seulement, […]
Mais je me sens jaloux de tout ce qui te touche,
De l'air qui si souvent entre et sort par ta bouche ;
Je crois qu'à ton sujet le soleil fait le jour
Avecque des flambeaux et d'envie et d'amour ;
Les fleurs que sous tes pas tous les chemins produisent
Dans l'honneur qu'elles ont de te plaire me nuisent ;
Si je pouvais complaire à mon jaloux dessein,
J'empêcherais tes yeux de regarder ton sein ;
Ton ombre suit ton corps de trop près, ce me semble,
Car nous deux seulement devons aller ensemble.
Bref, un si rare objet m'est si doux et si cher,
Que ta main seulement me nuit de te toucher.
THISBÉ.
Hors de l'empêchement qui nous sépare ici,
Tu sauras que tes voeux sont mes désirs aussi,
Que ton mal est celui dont je me sens pressée ;
Mais la course du jour s'en va déjà passée,
La lune se confond avecque sa clarté.
Il est temps de pourvoir à notre liberté,
Il faut que notre fuite à la nuit se hasarde,
Car avec trop de soin tout le jour on me garde.
C'est très bien avisé : quand d'un sommeil profond
La première douceur dans nos veines se fond,
Qu'en ce pesant fardeau, tout taciturne et sombre,
On n'oit que le silence, on ne voit rien que l'ombre,
Il se faut dérober chacun de sa maison,
Ou plutôt se sauver chacun de la prison.
THISBÉ.
Mais au sortir d'ici pour nous voir en peu d'heure,
Quelle assignation trouverons-nous plus sûre ?
PYRAME.
En attendant le jour, un lieu propre et bien près :
Il semble que l'Amour me le découvre exprès,
Le tombeau de Ninus.
THISBÉ.
Il est vraiment bien proche.
PYRAME.
Là coule un clair ruisseau tout au pied d'une roche,
Qui, de ses vives eaux entretenant les fleurs,
Maintient à la prairie et l'âme et les couleurs ;
Un arbre tout auprès, fertile en mûres blanches,
Nous offre le couvert de ses épaisses branches ;
Saurions-nous rencontrer un lieu plus à souhait ?
THISBÉ.
Il est le mieux du monde : allons, cela vaut fait.
Donc il vaut mieux que je fasse d'abord l'identification des différentes forces et après en essayant de chercher les différents procédés pour la seconde ?
Quelques pistes :
- les lieux,
- l'heure,
- les autres,
- l'indicible, la peur de l'aveu,
- le tourment d'aimer,
- le renoncement à soi-même
- l'ombre de la mort…
J'ai pensé à faire deux parties :
1. Les forces réelles (comme le mur)
2. Les forces physiques et psychologiques
C'est bon ou pas ?
Bonjour,
Ces distinctions n'ont pas de sens.
Quelle différence entre force réelle et physique ?
En revanche tu pourrais organiser ton analyse par une distinction entre
- forces extérieures : jour, lieux publics, poids de la société…
- forces intérieures : peur de l'aveu, renoncement à soi-même…
N'oublie pas d'examiner le comment.