Anthologie poétique sur le thème de l’aventure

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je suis en première L et j'ai une anthologie poétique à rendre, fan de Tolkien je me disais que je pourrai peut-être prendre les poèmes qui sont dans sa trilogie le seigneur des anneaux, ma prof de français trouve que ce n'est pas une mauvaise idée mais me demande de choisir d'autres auteurs, j'ai donc cherché des poésies plutôt sur le thème de l'aventure, de la nature, des bons vivants… mais pour l'instant je ne trouve rien qui me plait, auriez-vous des idées ? Merci d'avance ! 😀
Choisis un thème qui te plaît et reviens vers nous.
Pour l'instant, ta demande reste vague.
L'Aventure…. poème de Raymond Queneau


Les trois-mâts qui se balancent

dans ce grand port de la Manche

n’emporteront pas l’écolier

vers les îles des boucaniers



jamais jamais jamais

il n’eut l’idée de se glisser

à bord du trois-mâts qui s’élance

vers le golfe du Mexique



il le suit sur la carte

qui bellement se déplace

avalant les longitudes

vers Galveston ou Tampico



Il a le goùt de l’aventure l’écolier

qui sait regarder

de si beaux bateaux naviguer



sans y mettre le pied

sans y mettre le pied



Raymond Queneau ( 1903-1976 )

Recueil : Fendre les flots
D'accord merci.
Tu es plus belle que le ciel et la mer

Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir

Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises

II y a l'air il y a le vent
Les montagnes l'eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre

Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends

Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler

Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t'en

Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l'œil
Je prends mon bain et je regarde

Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t'aime

Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924
Le voyage

A Maxime Du Camp.

I

Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom !

Baudelaire
**
*

Je me suis embarqué sur un vaisseau qui danse
Et roule bord sur bord et tangue et se balance,
Mes pieds ont oublié la terre et ses chemins
Les vagues souples m’ont appris d’autres cadences
Plus belles que le rythme las des chants humains.

A vivre parmi vous, hélas !
Avais-je une âme?
Mes frères, j’ai souffert
Sur tous vos continents

A vivre parmi vous, hélas !
Avais-je une âme ?
Mes frères, j’ai souffert
Sur tous vos continents

Je ne veux que la mer je ne veux que le vent
Pour me bercer, comme un enfant, au creux des lames.
Hors du port qui n’est plus qu’une image effacée
Les larmes du départ ne brûlent plus mes yeux
Je ne me souviens pas de mes derniers adieux

O ma peine, ma peine où vous ai-je laissée ?
Voilà je suis parti plus loin que les Antilles
Vers des pays de vents lumineux et subtils
Je n’emporte avec moi pour toute pacotille
Que mon coeur
Mais les sauvages en voudront-ils?

O ma peine, ma peine où vous ai-je laissée?
Voilà je suis parti plus loin que les Antilles
Vers des paysde vents lumineux et subtils
Je n’emporte avec moi pour toute pacotille
Que mon coeur
Que mon coeur
Mais en voudront-ils?
Je me suis embarqué sur un vaisseau qui danse

Jean de La Ville de Mirmont (1886/1914),