Anthologie poétique sur le thème de la dénonciation

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

Je m'y prends au dernier moment mais je ne trouve pas la dernière oeuvre nécessaire à mon anthologie qui est à rendre demain. Je cherche une poésie engagée. Mon thème est la dénonciation, je dois choisir cinq poèmes appartenant à au moins trois siècles différents. Je n'en ai trouvé que quatre, des poètes du XIXème et du XXème siècle et il m'en faudrait un dernier qui ne fasse pas parti de ces deux siècles.
J'ai pensé à Jean de la Fontaine ou à Ronsard, le problème pour le premier est qu'il écrit des fables, donc que sur Internet ses fables et ses poèmes sont mélangés, je ne suis donc jamais sûre sur la nature du texte et pour le second, c'est pareil, il est engagé mais je ne comprends pas tellement le sens du poème en plus de ne pas pouvoir faire de distinction entre les types de poèmes.
Si quelqu'un aurait un titre de poème ne datant pas de ces deux siècles, qui est engagé et qui dénonce quelque chose, je suis preneuse !
Merci et désolée du dérangement.
Peut-être :

"Je veux peindre la France… », Agrippa d'Aubigné

(Allégorie de la France divisée)
Je veux peindre la France une mère affligée,

Qui est, entre ses bras, de deux enfants chargée.
Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts
Des tétins nourriciers ; puis, à force de coups
D'ongles, de poings, de pieds, il brise le partage
Dont nature donnait à son besson l'usage ;
Ce voleur acharné, cet Esaü malheureux,
Fait dégât du doux lait qui doit nourrir les deux,
Si que, pour arracher à son frère la vie,
Il méprise la sienne et n'en a plus d'envie.
Mais son Jacob, pressé d'avoir jeûné meshui,
Ayant dompté longtemps en son cœur son ennui,
À la fin se défend, et sa juste colère
Rend à l'autre un combat dont le champ et la mère.
Ni les soupirs ardents, les pitoyables cris,
Ni les pleurs réchauffés ne calment leurs esprits ;
Mais leur rage les guide et leur poison les trouble,
Si bien que leur courroux par leurs coups se redouble.
Leur conflit se rallume et fait si furieux
Que d'un gauche malheur ils se crèvent les yeux.
Cette femme éplorée, en sa douleur plus forte,
Succombe à la douleur, mi-vivante, mi-morte ;
Elle voit les mutins tout déchirés, sanglants,
Qui, ainsi que du cœur, des mains se vont cherchant.
Quand, pressant à son sein d'une amour maternelle
Celui qui a le droit et la juste querelle,
Elle veut le sauver, l'autre qui n'est pas las
Viole en poursuivant l'asile de ses bras.
Adonc se perd le lait, le suc de sa poitrine ;
Puis, aux derniers abois de sa proche ruine,
Elle dit : « Vous avez, félons, ensanglanté
Le sein qui vous nourrit et qui vous a porté ;
Or vivez de venin, sanglante géniture,
Je n'ai plus que du sang pour votre nourriture !

Agrippa d'Aubigné, Les Tragiques, I, Misères, v.97-130.
Merci, vous me sauvez la vie !
Voilà une belle journée !

Regarde le contexte, les figures bibliques, l'allégorie de la France déchirée à cette époque et une biographie du poète pour ne pas faire d'anachronisme.

Un dernier du XXI° :


Je crois en ceux qui marchent
à pas nus
face à la nuit

Je crois en ceux qui doutent
et face à leur doute
marchent

Je crois en la beauté oui
parce qu’elle me vient des autres

Je crois au soleil au poisson
à la feuille qui tremble
et puis meurt
en elle je crois encore
après sa mort

je crois en celui
qui n’a pas de patrie
que dans le chant des hommes

et je crois qu’on aime la vie
comme on lutte
à bras le corps

Jean-Pierre Siméon, Sans frontières fixes, éd. Cheyne