Notre prof de francais note très dur et il est très exigeant. Je suis en seconde et je ne comprends rien à ce sujet :
Évaluation formative : entrainement à la question de corpus
CORPUS
Texte A : Balzac, Le Père Goriot (1835)
Texte B : Zola, Thérèse Raquin (1867)
Texte C : Flaubert, L’Éducation sentimentale (1869)
QUESTION DE CORPUS
Quelle image de Paris ces textes donnent-ils ? Dans quelle mesure la description de la ville y éclaire-t-elle la situation du personnage et la progression du récit ?
TEXTE A
Évaluation formative : entrainement à la question de corpus
CORPUS
Texte A : Balzac, Le Père Goriot (1835)
Texte B : Zola, Thérèse Raquin (1867)
Texte C : Flaubert, L’Éducation sentimentale (1869)
QUESTION DE CORPUS
Quelle image de Paris ces textes donnent-ils ? Dans quelle mesure la description de la ville y éclaire-t-elle la situation du personnage et la progression du récit ?
TEXTE A
À son arrivée à Paris, Eugène de Rastignac, jeune homme noble mais pauvre, est plein de naïveté. Accueilli à la pension du père Goriot, il perd peu à peu ses illusions. À la mort de celui-ci, il lance à Paris un défi ambitieux, avant de se rendre chez Delphine de Nucingen, sa maitresse.TEXTE B
Cependant, au moment où le corps fut placé dans le corbillard, deux voitures armoriées, mais vides, celle du comte de Restaud et celle du baron de Nucingen, se présentèrent et suivirent le convoi jusqu’au Père-Lachaise. A six heures, le corps du père Goriot fut descendu dans sa fosse, autour de laquelle étaient les gens de ses filles, qui disparurent avec le clergé aussitôt que fut dite la courte prière due au bonhomme pour l’argent de l’étudiant. Quand les deux fossoyeurs eurent jeté quelques pelletées de terre sur la bière pour la cacher, ils se relevèrent, et l’un d’eux, s’adressant à Rastignac, lui demanda leur pourboire. Eugène fouilla dans sa poche et n’y trouva rien, il fut forcé d’emprunter vingt sous à Christophe. Ce fait, si léger en lui-même, détermina chez Rastignac un accès d’horrible tristesse. Le jour tombait, un humide crépuscule agaçait les nerfs, il regarda la tombe et y ensevelit sa dernière larme de jeune homme, cette larme arrachée par les saintes émotions d’un coeur pur, une de ces larmes qui, de la terre où elles tombent, rejaillissent jusque dans les cieux. Il se croisa les bras, contempla les nuages, et, le voyant ainsi, Christophe le quitta.
Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s’attachèrent presque avidement entre la colonne de la place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnante un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses :
— A nous deux maintenant !
Et pour premier acte du défi qu’il portait à la Société, Rastignac alla diner chez madame de Nucingen.
Balzac, Le Père Goriot (1835), fin du roman (explicit)
Au bout de la rue Guénégaud, lorsqu’on vient des quais, on trouve le passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor étroit et sombre qui va de la rue Mazarine à la rue de Seine. Ce passage a trente pas de long et deux de large, au plus ; il est pavé de dalles jaunâtres, usées, descellées, suant toujours une humidité âcre ; le vitrage qui le couvre, coupé à angle droit, est noir de crasse.TEXTE C
Par les beaux jours d’été, quand un lourd soleil brule les rues, une clarté blanchâtre tombe des vitres sales et traine misérablement dans le passage. Par les vilains jours d’hiver, par les matinées de brouillard, les vitres ne jettent que de la nuit sur les dalles gluantes, de la nuit salie et ignoble.
Évaluation formative : entrainement à la question de corpus
À gauche, se creusent des boutiques obscures, basses, écrasées, laissant échapper des
souffles froids de caveau. Il y a là des bouquinistes, des marchands de jouets d’enfant, des
cartonniers, dont les étalages gris de poussière dorment vaguement dans l’ombre ; les vitrines,
faites de petits carreaux, moirent étrangement les marchandises de reflets verdâtres ; au-delà,
derrière les étalages, les boutiques pleines de ténèbres sont autant de trous lugubres dans
lesquels s’agitent des formes bizarres.
À droite, sur toute la longueur du passage, s’étend une muraille contre laquelle les
boutiquiers d’en face ont plaqué d’étroites armoires ; des objets sans nom, des marchandises
oubliées là depuis vingt ans s’y étalent le long de minces planches peintes d’une horrible
couleur brune. Une marchande de bijoux faux s’est établie dans une des armoires ; elle y vend
des bagues de quinze sous, délicatement posées sur un lit de velours bleu, au fond d’une boite
en acajou.
Au-dessus du vitrage, la muraille monte, noire, grossièrement crépie, comme couverte d’une
lèpre et toute couturée de cicatrices.
Zola, Thérèse Raquin (1867), début du roman (incipit)
Jeune homme rêveur, Frédéric Moreau arrive à Paris dans l’espoir d’accéder à la réussite sociale et personnelle.
Il tombe amoureux de Mme Arnoux, une femme mariée. Son histoire est celle d’un échec : il reste spectateur d’une
vie parisienne à laquelle il ne parvient pas à participer.
Alors commencèrent trois mois d’ennui. Comme il n’avait aucun travail, son
désoeuvrement renforçait sa tristesse.
Il passait des heures à regarder, du haut de son balcon, la rivière qui coulait entre les quais
grisâtres, noircis de place en place, par la bavure des égouts, avec un ponton de blanchisseuses
amarré contre le bord, où des gamins quelquefois s’amusaient, dans la vase, à faire baigner un
caniche. Ses yeux, délaissant à gauche le pont de pierre de Notre-Dame et trois ponts suspendus,
se dirigeaient toujours vers le quai aux Ormes, sur un massif de vieux arbres, pareils aux tilleuls
du port de Montereau. La tour Saint-Jacques, l’hôtel de ville, Saint-Gervais, Saint-Louis, Saint-
Paul se levaient en face, parmi les toits confondus, et le génie de la colonne de Juillet
resplendissait à l’orient comme une large étoile d’or, tandis qu’à l’autre extrémité le dôme des
Tuileries arrondissait, sur le ciel, sa lourde masse bleue. C’était par derrière, de ce côté-là, que
devait être la maison de Mme Arnoux.
Il rentrait dans sa chambre ; puis, couché sur son divan, s’abandonnait à une méditation
désordonnée : plans d’ouvrage, projets de conduite, élancements vers l’avenir. Enfin, pour se
débarrasser de lui-même, il sortait.
Il remontait, au hasard, le quartier latin, si tumultueux d’habitude, mais désert à cette
époque, car les étudiants étaient partis dans leurs familles. Les grands murs des collèges, comme
allongés par le silence, avaient un aspect plus morne encore ; on entendait toutes sortes de bruits
paisibles, des battements d’ailes dans des cages, le ronflement d’un tour, le marteau d’un
savetier ; et les marchands d’habits, au milieu des rues, interrogeaient de l’oeil chaque fenêtre,
inutilement. Au fond des cafés solitaires, la dame du comptoir bâillait entre ses carafons
remplis ; les journaux demeuraient en ordre sur la table des cabinets de lecture ; dans l’atelier
des repasseuses, des linges frissonnaient sous les bouffées du vent tiède. De temps à autre, il
s’arrêtait à l’étalage d’un bouquiniste ; un omnibus, qui descendait en frôlant le trottoir, le
faisait se retourner ; et, parvenu devant le Luxembourg, il n’allait pas plus loin.
Flaubert, L’Éducation sentimentale (1869), 1ère partie, chapitre V



