Hugo, Discours sur la misère

Entraide scolaire

36 réponses · Page 2 / 2

Commence d'abord par la situation d'énonciation : qui parle ? A qui ? De quoi ? Comment ?
Et tu pourras repérer les indices du discours notamment la fonction conative et phatique : Vous/Vous /Vous
En fait j'aurais besoin d'aide pour analyser les deux morceaux de phrase que j'ai mis car je n'ai pas compris leur sens .
C'est Hugo qui parle et il vise les politiciens qui ne font "rien" pour améliorer la condition des nécessiteux
Bonjour,
Je n'ai pas compris la phrase, son sens: " tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral
consolidé !"
L'ordre matériel est celui qui résulte des lois sociales correctrices.
L'ordre moral consolidé est celui qui peut advenir par l'éducation des consciences. Hugo a milité pour une école ouverte à tous. En outre il demande implicitement aux élites de montrer l'exemple.
et cette phrase: "dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l'homme méchant a pour collaborateur fatal l'homme malheureux"
L'injustice née des inégalités continue de ravager le corps social. C'est tout le sujet des Misérables, la "damnation sociale" des miséreux qui, pour survivre, sont obligés de commettre le mal (larcin, violence…)
Merci beaucoup pour votre réponse, cependant je n'ai toujours pas compris pour l'ordre matériel si vous pouviez me réexpliquer svpl ? Merci infiniment
L'ordre matériel raffermi consiste dans la correction des inégalités par des lois sociales : encadrement du travail des enfants, droit des travailleurs, protection sociale, augmentation des salaires, minima garantis, interdiction de l'usure…
Vous n'avez rien fait, j'insiste sur ce point, tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral consolidé ! (Très-bien ! très-bien ! – Vive et unanime adhésion.) Vous n'avez rien faittant que le peuple souffre ! (Bravos à gauche.) Vous n'avez rien fait tant qu'il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! Vous n'avez rien fait, tant que ceux qui sont dans la force de l'âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! tant que ceux qui sont vieux et qui ont travaillé peuvent être sans asile ! tant que l'usure dévore nos campagnes, tant qu'on meurt de faim dans nos villes (Mouvement prolongé), tant qu'il n'y a pas des lois fraternelles, des lois évangéliques qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! (Acclamation.) Vous n'avez rien fait, tant que l'esprit de révolution a pour auxiliaire la souffrance publique ! vous n'avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l'homme méchant a pour collaborateur fatal l'homme malheureux.
Juste une petite remarque en passant.
Plutôt anaphore que parallélisme pour les passages en gras.
Bonjour,
Malgré avoir lu vos réponses, je n'ai toujours pas compris le sens de cette phrase : "Vous n'avez rien fait…tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral consolidé". Il me semble avoir compris le sens de chacun des deux ordres :
ordre matériel raffermi = ordre qui naît des lois mises en place par l'Assemblée. Victor Hugo utilise l'adjectif "raffermi" car la le système politique a été réformé et raffermi après la révolution du 22-24 février ( c'est bien ça ? )
ordre moral consolidé = ordre qui résulte de la vertu de chacun. ( est ce vrai ? )

Le problème c'est que je n'arrive pas à comprendre la phrase en entier. Mr. Jean Luc avait aussi mentionné précédemment que Hugo insinuait que les députés devaient donner exemple, je n'ai pas compris cela non plus.
Merci beaucoup
Lire la phrase qui précède juste cette phrase t'aidera peut-être à la comprendre.
Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère.

Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli.

La misère, messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir jusqu'où elle est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au Moyen Âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?

Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n'ayant pour lits, n'ayant pour couvertures, j'ai presque dit pour vêtement, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures s'enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l'hiver.

Voilà un fait. En voulez-vous d'autres ? Ces jours-ci, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l'on a constaté, après sa mort, qu'il n'avait pas mangé depuis six jours.

Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !

Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière ; que je m'en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l'homme, que ce sont des crimes envers Dieu !
Si je comprends bien, on peut traduire cette phrase par : La mise en place de lois est insuffisante, il faut que toute la société ait une vertu morale. Cette vertu demande une préférence continuelle de l’intérêt public au sien propre. Chaque citoyen doit éprouver un zèle sans bornes pour le bien public.
Veuillez me corriger ou détailler si j'oublie quelque chose. MERCI 😀
L'ordre politique est rétabli. Nous sommes alors sous la seconde république.
Mais cela n'est pas suffisant, notre sens moral doit nous commander de lutter contre une misère inacceptable.
Voilà comment je comprends les choses.
Merci pour votre réponse.
Décidément il y a plusieurs interprétations et je ne m'en sors pas :/ que veut dire "soutenir l'action politique par un ordre moral" ?
Eh bien, j'imagine, qu'il faut concilier politique et morale.
Ordre moral ne signifie pas ordre éthique : il s'oppose à ordre matériel, physique. L'ordre moral c'est l'ordre dans les esprits.
Et que signifie : l'ordre dans les esprits ?
Etant donné la matière de ce discours, peut-on le séparer du sens moral, de la prise de conscience de ce qui est intolérable et injuste ?
Bonjour,

je viens de reprendre mes études et je suis actuellement en D.A.E.U (diplôme d'accès aux études universitaires). Le professeur de français, nous a demandé d'analyser la situation d'énonciation d'un discours de Victor HUGO prononcé à l'assemblée législative le 9 juillet 1849, "Détruire la misère". J'aimerais que vous me donniez votre avis sur le devoir que je vais lui rendre. Merci.

Question : Victor HUGO, "Détruire la misère", Assemblée législative, 9 juillet 1849

Analyser la situation d'énonciation dans ce texte :

On note la présence de l'auteur avec le pronom personnel "je" l1,2 ainsi que dans la suite du texte. Il renvoie à Victor HUGO. Il s'adresse aux personnes présentes dans l'Assemblée National Législative (paratexte), "les législateurs" et "les gouvernants" qui sont les destinataires et qui sont aussi présent à travers le pronom personnel "vous" l7,8,9. Et qui se transforme en "messieurs" l23, 35.
Différents modalisateurs déictiques de temps comme "ces jours-ci", "tout à l'heure", "au temps où nous vivons", nous font comprendre que c'est la période que vit Victor HUGO et plus précisément le 9 juillet 1849 (paratexte).
"ici", "de cette assemblée" sont des modalisateurs déictiques de lieu et nous informe sur le lieu où est prononcé le discours de Victor HUGO. D'après le paratexte, on sait que c'est l'Assemblée National Législative.
Dans ce texte, il y a des nombreux modalisateurs axiologiques qui nous informent sur l'idée générale du texte, ainsi que son point de vue. Il répète plusieurs fois "détruire la misère", dans le titre, puis ligne 2, 3. Et il continu d'employer à de multiples reprises le mot "misère". Il la compare même à "la lèpre" l4. Il cherche aussi à faire naître des émotions en parlant de faits "tristes" l10 et en les exposants paragraphe 5 et 6.
Des modalisateurs épistémiques nous montre qu'il est sûr de lui quand il écrit "affirment" l2, "Détruire la misère ! Oui cela est possible !", "je n'hésite pas".
En effet un discours ancré dans l'espace (un lieu), dans le temps (une date).
Victor Hugo, élu député, prononce un discours devant les membres de l' Assemblée.

Tu peux donc faire un relevé des indices d'énonciation : ceux qui impliquent l'émetteur, ceux qui impliquent les destinataires.