Rousseau, Émile, ou De l’éducation - Je ne conçois qu’une manière de voyager plus agréable…

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir à vous tous.
J'ai quelques questions concernant un texte de ROUSSEAU. ( je ne peux pas le publier car j'ai quelques soucis avec mon ordinateur…)
C'est le texte qui parle de la pédagogie de la marche.
Alors je trouve que la tonalité dominante est la tonalité didactique car son but est d'expliquer sa vision.
Il opte pour la réfutation car il présente la vision des gens du temps pour présenter sa vision différente des choses. Il s'agit en effet d'une démonstration progressive.
Bonjour,
Il est difficile de parler de ce dont on n’a pas connaissance.
S’agit-il d’un extrait de la Nouvelle Héloïse, des Rêveries du promeneur solitaire ?
Je m'excuse, j'ai oublié de préciser l'oeuvre.
Non, c'est un chapitre de l'Emile ou l’Éducation.
Cet extrait?
Je ne conçois qu’une manière de voyager plus agréable que d’aller à cheval, c’est d’aller à pied. On part à son moment, on s’arrête à sa volonté, on fait tant et si peu d’exercice qu’on veut. On observe tout le pays ; on se détourne à droite, à gauche ; on examine tout ce qui nous flatte ; on s’arrête à tous les points de vue. Aperçois-je une rivière, la côtoie ; un bois touffu, je vais sous son ombre ; une grotte, je la visite ; une carrière, j’examine les minéraux. Partout où je me plais, j’y reste. A l’instant où je m’ennuie, je m’en vais. Je ne dépends ni des chevaux ni du postillon. Je n’ai pas besoin de choisir des chemins tout faits, des routes commodes ; je passe partout où un homme peut passer ; je vois tout ce qu’un homme peut voir ; et, ne dépendant que de moi-même, je jouis de toute la liberté dont un homme peut jouir.
J’ai peine à comprendre comment un philosophe peut se résoudre à voyager autrement et s’arracher à l’examen des richesses qu’il foule aux pieds et que la terre prodigue à sa vue. Qui est-ce qui, aimant un peu l’agriculture, ne veut pas connaître les productions particulières aux climats des lieux qu’il traverse, et la manière de les cultiver ? Qui est-ce qui, ayant un peu de goût pour l’histoire naturelle, peut se résoudre à passer un terrain sans l’examiner, un rocher sans l’écorner, des montagnes sans herboriser, des cailloux sans chercher des fossiles ?
Combien de plaisirs différents on rassemble par cette agréable manière de voyager ! sans compter la santé qui s’affermit, l’humeur qui s’égaie. J’ai toujours vu ceux qui voyageaient dans de bonnes voitures bien douces, rêveurs, tristes, grondants, ou souffrants et les piétons toujours gais, légers et contents de tout. Combien le cœur rit quand approche le gîte ! combien un repas grossier paraît savoureux ! avec quel plaisir on se repose à table ! Quel bon sommeil on fait dans un mauvais lit ! Quand on ne veut qu’arriver, on peut courir en chaise de poste mais quand on peut voyager, il faut aller à pied.

Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l'éducation(1762)
ah oui Merci Floréale.