Crébillon, Les Égarements du cœur et de l’esprit - Une femme, quand elle est jeune…

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,
Je dois faire un commentaire sur cet extrait des Egarements du coeur et de l'esprit. J'aimerais bien un peu d'aide pour l'analyse du style, j'ai beaucoup de mal. Merci beaucoup. 😞
Une femme, quand elle est jeune, est plus sensible au plaisir d’inspirer des passions, qu’à celui d’en prendre. Ce qu’elle appelle tendresse n’est le plus souvent qu’un goût vif, qui la détermine plus promptement que l’amour même, l’amuse pen- dant quelque temps, et s’éteint sans qu’elle le sente ou le regrette. Le mérite de s’attacher un amant pour toujours ne vaut pas à ses yeux celui d’en enchaîner plusieurs. Plutôt suspendue que fixée, toujours livrée au caprice, elle songe moins à l’objet qui la possède qu’à celui qu’elle voudrait qui la possédât. Elle attend toujours le plaisir, et n’en jouit jamais : elle se donne un amant, moins parce qu’elle le trouve aimable, que pour prouver qu’elle l’est. Souvent elle ne connaît pas mieux celui qu’elle quitte que celui qui lui succède. Peut-être si elle avait pu le gar- der plus longtemps, l’aurait-elle aimé; mais est-ce sa faute si elle est infidèle? Une jolie femme dépend bien moins d’elle-même que des circonstances; et par malheur il s’en trouve tant, de si peu prévues, de si pressantes, qu’il n’y a point à s’étonner si, après plusieurs aventures, elle n’a connu ni l’amour, ni son cœur.

Est-elle parvenue à cet âge où ses charmes commencent à décroître, où les hommes indifférents pour elle lui annoncent par leur froideur que bientôt ils ne la verront qu’avec dégoût, elle songe à prévenir la solitude qui l’attend. Sûre autrefois qu’en changeant d’amants elle ne changeait que de plaisirs; trop heu- reuse alors de conserver le seul qu’elle possède, ce que lui a coûté sa conquête la lui rend précieuse. Constante par la perte qu’elle ferait à ne l’être pas, son cœur peu à peu s’accoutume au senti- ment. Forcée par la bienséance d’éviter tout ce qui aidait à la dis- siper et à la corrompre, elle a besoin pour ne pas tomber dans la langueur de se livrer tout entière à l’amour, qui, n’étant dans sa vie passée qu’une occupation momentanée et confondue avec mille autres, devient alors son unique ressource : elle s’y attache avec fureur; et ce qu’on croit la dernière fantaisie d’une femme est bien souvent sa première passion.
Les Égarements du cœur et de l'esprit ou Mémoires de Monsieur de Meilcour, Crébillon fils

Des pistes …

Esprit du XVIII° ?
Jugements sur les femmes ?
Libertinage galant ?
D'accord, merci beaucoup pour ces pistes, j'en avais quelques unes mais je vais les creuser. 😀
En fait c'était surtout au niveau des procédés littéraires et stylistiques que j'ai du mal. 😞 Est-ce que certaines choses vous sautent aux yeux ?
La structure de l'extrait : les jeunes/ les moins jeunes.
Les champs lexicaux de la séduction, de l'attachement.
Le contraste :" Plutôt suspendue que fixée"/ Toujours/Jamais
Les comparatifs : moins …
L'adjectif mis en évidence : "constante/forcée".
Des tournures faussement interrogatives.
Des avis définitifs: récurrence de "toujours".

…/….