Lamartine, Ferrare

Entraide scolaire

31 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour j'ai énormément de difficulté avec le poème Ferrare de Lamartine et j'ai une explication de texte à faire dessus .

Je comprends que c'est un poème improvisé qu'il a écrit en sortant du cachot du Tasse et qu'il médite sur le lien tragique entre génie et martyre.
cependant je ne sais pas comment séparer le poème pour l'analyser
Ferrare Alphonse de Lamartine

Que l’on soit homme ou Dieu, tout génie est martyre :
Du supplice plus tard on baise l’instrument ;
L’homme adore la croix où sa victime expire,
Et du cachot du Tasse enchâsse le ciment.

Prison du Tasse ici, de Galilée à Rome,
Échafaud de Sidney, bûchers, croix ou tombeaux,
Ah ! vous donnez le droit de bien mépriser l’homme,
Qui veut que Dieu l’éclaire, et qui hait ses flambeaux !

Grand parmi les petits, libre chez les serviles,
Si le génie expire, il l’a bien mérité ;
Car nous dressons partout aux portes de nos villes
Ces gibets de la gloire et de la vérité.

Loin de nous amollir, que ce sort nous retrempe !
Sachons le prix du don, mais ouvrons notre main.
Nos pleurs et notre sang sont l’huile de la lampe
Que Dieu nous fait porter devant le genre humain !
Il faudrait mener une recherche sur Le Tasse, poète italien du XVI°, une référence pour les Romantiques.

Dans ce poème qui fait partie des Méditations poétiques (XXX), on retrouve l'inquiétude religieuse et les références bibliques.

Et cette opposition entre l'enfermement, la prison, le bucher, l' échafaud, les gibets, le cachot et le flambeau et la lampe à huile du poète. La mort et le chemin de la vie.
Ah oui effectivement , je n'avais pas interprété comme cela , merci
Pense à exploiter le titre : "Méditations poétiques".
Est-ce que c'est cohérent de séparer les deux premières strophes des deux dernières comme structure du passage ?
Il est déconseillé de bâtir un plan sur la forme.
En complément, je mets en gras, ce qui me semble important pour ce qui est du sens.

Si tu as une bonne raison d'étudier les deux premières strophes en premier (mais quelles sont ces raisons ?), tu peux le faire, mais sans séparer le fond et la forme, comme te le précise Floréale.
En écrivant ces vers, Lamartine pense probablement à lui, ou du moins au poète, incompris…

Que l’on soit homme ou Dieu, tout génie est martyre :
Du supplice plus tard on baise l’instrument ;
L’homme adore la croix où sa victime expire,
Et du cachot du Tasse enchâsse le ciment.


Prison du Tasse ici, de Galilée à Rome,
Échafaud de Sidney, bûchers, croix ou tombeaux,
Ah ! vous donnez le droit de bien mépriser l’homme,
Qui veut que Dieu l’éclaire, et qui hait ses flambeaux !


Grand parmi les petits, libre chez les serviles,
Si le génie expire, il l’a bien mérité ;
Car nous dressons partout aux portes de nos villes
Ces gibets de la gloire et de la vérité.

Loin de nous amollir, que ce sort nous retrempe !

Sachons le prix du don, mais ouvrons notre main.
Nos pleurs et notre sang sont l’huile de la lampe
Que Dieu nous fait porter devant le genre humain !
Je voulais séparer les deux premières des deux dernières par rapport aux allusions au Tasse.
Et c'est également une explication linéaire que j'ai à faire.

Et quels sont les procédés qui en ressortes ?
Bonjour,
Je voulais séparer les deux premières des deux dernières par rapport aux allusions au Tasse.
La deuxième strophe ne fait pas seulement allusion au Tasse, mais également à Galilée et à Sydney (ce n'est pas ici la grande ville d'Australie 😉 ), et que sont, à ton avis ses flambeaux, dernier mot de la dernière strophe ?
A mon humble avis, Le Tasse sert ici de point de départ à une réflexion plus générale sur le génie qui se développe plus particulièrement dans les deux dernières strophes, mais a déjà commencé dès le premier vers.
Et c'est également une explication linéaire que j'ai à faire.
Dans ce cas, tu dois suivre l'ordre du texte effectivement.
Et quels sont les procédés qui en ressortent ?
Qui ressortent de quoi ?
Veux-tu dire quels sont les procédés utilisés par le poète, les figures de style, ou quelque chose de différent ?
à mon avis Galilée c'est une figure incomprise de la société, qui finalement avait accés à une certaine vérité mais qui paye les conséquences ..
Mais Sydney ne me dit rien ..
Et les flambeaux c'est ce qui éclaire mais c'est en opposition avec le début de la phrase donc se serait plutôt vu comme des guides intellectuel ou moral .. guide du génie

Et oui je parle des figues de style et autres procédés utilisés par le poète
https://fr.wikipedia.org/wiki/Algernon_Sydney
Il fait donc référence à Sidney car lui aussi à défendu ses idées ? il serait alors également un génie - martyr
Je venais de poster une réponse, mais elle s'est vaporisée (mystères de l'informatique).
Je recommence donc.
Algernon Sydney était républicain par conviction profonde, il se trouvait à l'étranger lorsque la monarchie fut restaurée en 1660. Il fut exécuté en 1683 pour trahison pour sa participation au complot de Rye-House et déclara sur l'échafaud : « Nous vivons dans un âge qui fait passer la vérité pour trahison. »
(wikipédia)
Oui, il est aussi un génie / martyr.

Si l'on te demande une explication linéaire, après avoir indiqué le sujet et la composition du poème, il te faut étudier à la loupe le poème strophe par strophe.

Je veux bien commencer avec toi pour la première. (D'autres intervenants me corrigeront …)

Que l’on soit homme ou Dieu,/ tout génie est martyre :
Ce premier alexandrin, classique, avec césure à l'hémistiche, est bâti sur une analogie entre l'homme (pas n'importe lequel, nous apprendra la suite) et la divinité.
Le ton est catégorique et le poète semble énoncer, en forme d'introduction, une vérité générale : Tout génie est martyre, comme on dirait : La terre est ronde. Cette vérité générale pourrait évidemment être discutée, même si l'histoire nous apprend que beaucoup d'hommes d'exception ont été persécutés de leur vivant pour être reconnus ultérieurement.
Le nom du Tasse n'est prononcé qu'au dernier vers même si l'on sait que c'est d'abord de lui qu'il est question, le Tasse qui a été exalté par beaucoup de Romantiques européens, et qui par sa vie faite de tant de souffrances et son oeuvre La Jérusalem délivrée a pu être considéré comme une figure du Christ.
Ce premier vers n'est pas sans rappeler ce qu'écrit Chateaubriand dans ses Mémoires d'outre-tombe :
Le génie est un Christ ; méconnu, persécuté, battu de verges, couronné d’épines, mis en croix pour et par les hommes, il meurt en leur laissant la lumière et ressuscite adoré.
L'allusion au Christ se fait plus précise dans les deux vers suivants, et comme si le premier n'avait pas suffii, le nom même de l'instrument du supplice, la croix est cette fois nommé de façon claire.
Du supplice plus tard /on baise l’instrument ;
L’homme adore la croix /où sa victime expire,

Ces vers sont construit sur des antithèses, antithèses entre l'attitude cruelle primitive et celle postérieure, de l'adoration.
Noter l'opposition des termes
supplice/baise
adore/ sa victime

Peut-on parler d'une construction en chiasme pour ces deux vers ? C'est bien possible.
Du Christ, Lamartine en revient tout naturellement au martyr dont il est plus précisément question dans le vers qui clôt ce premier quatrain, mais la construction demeure la même (antithèse)
Et du cachot du Tasse /enchâsse le ciment.
Noter le caractère précieux du verbe enchâsser, utilisé pour les pierres précieuses.

Voilà quelques pistes dont tu jugeras si elles te conviennent ou non.
J'avais été plus précise, je crois, dans ma première réponse, qui n'a pas été publiée, mais je n'ai plus assez de temps maintenant.
Merci beaucoup pour cette analyse de première strophe ! J'espère que vous reviendrez pour m'aider pour la toute dernière strophe qui me pose plus de problèmes .
Et vous ne m'avez pas dit à quoi correspondent les flambeaux
Les flambeaux ? Le poète "éclaireur"….
Je ne comprends pas .. Les flambeaux représentent le poète éclairé ? Mais ..
Je n'ai pas dit "éclairé", mais "éclaireur"…
Les personnages évoqués (Le Tasse, Galilée, le Christ, les poètes ) sont chacun à leur façon des "éclaireurs" qui montrent aux humains une voie nouvelle, qui marchent devant en éclairant le chemin…
Aaaaaah d'accord je comprends mieux

Quelqu'un peut m'aider à l'analyse de la dernière strophe stp ?
Réaffichons-la, pour commencer.
Loin de nous amollir, que ce sort nous retrempe !
Sachons le prix du don, mais ouvrons notre main.
Nos pleurs et notre sang sont l’huile de la lampe
Que Dieu nous fait porter devant le genre humain !
Une exhortation, un souhait, une prière…