Une morale sans obligation ni sanction est-elle possible ?

Entraide scolaire

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous!


je dois rendre une dissertation de philo la semaine de la rentrée.
J'éprouve des difficultés et j'aimerais savoir si mon plan pourrait marcher

le sujet est: une morale sans obligation, ni sanction est-elle possible?

1/ Soulever le paradoxe: on conçoit généralement la morale comme renvoyant à des sanctions, obligations
-devoir comme obéissance à loi de la raison
-morale comme obéissance à une loi transcendante (parler de la religion, morale chrétienne)
-vice appelle une sanction/ la vertu une récompense

2/ Je n'agis moralement que parce que je suis libre et non contraint
-obéissance librement consentie
-morale qui risque d'apparaître comme arbitraire

3/ Le vide


Je sais que Jean Marie Guyeau a écrit son esquisse sur une morale sans sanction ni obligation mais je ne connais pas cet ouvrage et les références que j'ai pu trouvé sur le net ne sont pas assez riches pour que je puisse comprendre et encore moins expliquer quoi que ce soit dans une dissert.

Une idée me vient sans que je puisse trop bien la développer mais la sanction et l'obligation me semblent en opposition
la sanction renvoie à l'hétéronomie
obligation à autonomie… Moyen de faire quelquechose de cela mais je ne sais comment

Merci d'avance
Bonjour,

La morale peut être conçue comme un idéal, un appel au dépassement.
Dans ta manière d'aborder la morale chrétienne, tu risques de tomber dans le moralisme (punition, récompense).
Si la morale a une évidente fonction de régulation sociale exprimée dans le décalogue, elle a aussi une visée d'accomplissement personnel, de réalisation de notre nature spécifiquement humaine.
La morale chrétienne se définit plutôt par le décentrement de soi-même, c'est le commandement de l'amour qui rend tout le reste superflu. Saint Augustin écrit "Aime et fais ce que tu veux !". C’est dans cette parole, l’une des plus célèbres, que se résume la morale d’Augustin, à condition de bien la comprendre. Il s’agit de la dilectio : un amour qui veut le bien de l'autre, un amour désintéressé, dont Dieu nous a aimés et « d’où rien ne peut sortir que de bon ».
Oui, je sais bien et je ne comptais pas réduire le christianisme à une morale coercitive,

je me demandais si mon plan était bon…

Et si la sanction et l'obligation n'entraient pas en contradiction selon vous?
Le plan convient.
Dans ta 3e partie tu peux aborder la morale comme art de vivre, recherche de la perfection. Regarde chez les stoïciens…
Tu n'as pas examiné les aspects psychanalytiques de la morale et de ses rapports avec le surmoi.
De même tu ne parles pas beaucoup de l'intention dans la valeur morale de nos actions (c'est peut-être là que tu peux placer l'opposition entre sanction et obligation), des différences entre morale objective et subjective. Cherche aussi la notion de gradualité et celle de casuistique.

Si les règles sont indispensables au début pour former et éduquer, par la suite la personne a besoin d'affiner son discernement pour aller vers plus d'autonomie. De même c'est toute la personne (et pas seulement la raison) qu'il faut prendre en compte pour un accomplissement moral.
Une 3e partie sur la morale comme art de vivre serait tout simplement hors sujet
mais merci quand même😉
Et pourquoi ?
Une morale comme art de vivre réduit considérablement l'importance de la sanction, voire de l'obligation, dans la mesure où c'est la personne qui s'autodétermine.
dans ce cas l'exemple des épicuriens me semble plus juste que celui des stoiciens

mais bon il est aisé de revenir aux Anciens quand cela nous arrange… Plus personne n'y croit que voulez- vous…
Dans mon esprit, morale comme art de vivre signifiait comment arriver au bonheur par la pratique raisonnée et vivifiante de la morale par la personne. Regarde Jankelevitch et le personnalisme, ça ne remonte pas aux calendes grecques.
Bonjour,
Je suis très intéressée par tout ce qui a été posté sur cette dissertation je dois de mon côté travailler autour de l'œuvre de Guyau et si tu as depuis eu des infos complémentaires par ton prof, je suis preneuse…car le sujet est vaste
Merci à toi
Pour moi, l'idée de "sanction" ne s'accorde pas avec celle de la ou d'une "morale", mais avec l'idée de la loi ou de la règle.

Personnellement, je vois plutôt, en "morale" et "sanction", deux termes qui s'excluent, donc : respecter la loi n'est pas une simple obligation morale, d'une part, et peut même parfois être perçu comme "immoral", par exemple dans le cas des Français qui, aujourd'hui, choisissent d'aider les migrants en se mettant dans l'illégalité.

Je suis plus floue sur la rencontre entre "morale" et "obligation", car l'obligation peut être "légale" ou "morale".
Si je devais me prononcer, je dirais que la morale "contraint", mais est-ce que "contrainte" égale "obligation" ?
La contrainte et l'obligation sont deux choses différentes. En ce qui concerne la morale justement, il s'agit d'obligation et non de contrainte. L'obligation est quelque chose que l'on choisit, que l'on s'impose à soi-même, une chose à laquelle on adhère en tant qu'être libre et choisissant. La contrainte en revanche est quelque chose qui nous est imposé, que l'on subit, qui entrave notre liberté et que l'on accepte par peur ou faiblesse. L'obéissance est donc morale tandis que la contrainte est immorale.