Dissertation sur le style et le beau

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour/bonsoir,

Je suis en L1 de lettres modernes et dois rédiger une dissertation qui discute le propos suivant :
« Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien […] qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style […] Il n’y a ni beaux ni vilains sujets, [voire] […] il n’y en a aucun, le style étant à lui tout seul une manière absolue de voir les choses. »
- Flaubert, Lettre à Louise Colet du 16/01/1852, à propos de Madame Bovary.
Ce propos vous paraît-il correspondre à votre expérience de lecteur de romans ?

Avant de proposer mon ébauche de plan détaillé, je donne quelques points sur la méthodo que je dois suivre :
I- Soutenir la thèse
II- Nuancer la thèse
III- Dépassement
Trois oeuvres du programme à citer absolument (L'Ensorcelée de Barbey d'Aurevilly, La Religieuse de Diderot et Nouvelle histoire de Mouchette de Bernanos).

Si je reformule la thèse de Flaubert, je dirais que le beau, dans le roman, se situe dans le style. Peu importe le sujet choisi, l'important est la façon de le présenter, le style. La forme prime donc sur le fond. De plus, en définissant le style comme une "manière absolue de voir les choses", Flaubert affirme que le style est indépendant des autres composantes du roman.

Je joins mon plan tel que je l'ai défini pour l'instant :

I- Oui, le style prime dans le roman
a) Banalité/trivialité des sujets, des intrigues
→ « livre sur rien »
• La Religieuse : vie de religieuses dans couvent
• Misère de Mouchette
b) Des personnages ordinaires
• Suzanne : détestée des sœurs, rejetée par sa famille
• Mouchette : petite fille à qui personne n’accorde d’attention
• Camus, L’Étranger, Meursault
• Georges Duroy, Bel Ami, Maupassant
c) La force du style : l’Art pour l’Art
• Ennui d’Emma Bovary sublimé par le style : portrait psychologique, CHERCHER PROCÉDÉS LITTÉRAIRES

II- Le beau peut aussi résider ailleurs
a) des personnages extraordinaires
• L’Ensorcelée : mythe de l’abbé de la Croix-Jugan, plus qu’un homme
b) dimension épique des intrigues
• Le Rouge et Le Noir : Julien Sorel qui gravit les échelons, fin tragique
• L’Ensorcelée : destin funeste de Jeanne, La Clotte
• La Religieuse : multiplication des malheurs, succession de tragédies
c) Certains thèmes plus propices que d’autres ?
• Bernanos : viol, misère, mort, alcoolisme → thèmes forts qui attirent attention lecteur

III- Le style est-il vraiment « absolu » ?
a) Le style est indissociable du sujet
• L’Ensorcelée : atmosphère fantastique de la lande, utilisation du fantastique
b) Réception différente du style par le lecteur → pas UNE manière unique de voir le roman
c) Par définition, style relatif à chaque auteur
• pour Barbey d’Aurevilly, une des constantes de son style : grandeur des personnages, thème de la Révolution
• pour Diderot, s’inscrit dans siècle des Lumières, du progrès
→ Le style n’est pas un système parfait mais un ensemble complexe.

J'aimerais avoir vos avis, vos conseils, vos remarques… Je suis preneur de toute idée constructive !

Merci par avance,
Vincent.
Bonsoir,

La principale objection à l'affirmation de Flaubert est bien le risque de parler pour ne rien dire. En d'autres termes la forme doit toujours rester au service du fond.
Un lecteur ordinaire cherche d'abord à être étonné, séduit. La construction de l'intrigue est donc primordiale.
C'est si vrai que depuis l'Antiquité s'est développée la théorie ou le courant du placere, docere, plaire pour instruire.
Pourquoi tant d'auteurs ont-ils choisi la voie de l'argumentation indirecte ?
Alors le style peut apporter une force supplémentaire au sujet. On peut par exemple se référer à l'ironie voltairienne, à la revendication stendhalienne du "code civil", aux expressions de comptoir de Céline… A ce propos il faut d'ailleurs dissocier beau et registre soutenu, force du style et conventions sociales…
Bonjour Jean-Luc,

Merci de votre contribution ! J'avais hésité à placer la question de la dimension morale du roman, pour finalement la laisser de côté. Vos idées font parfaitement sens, je vais essayer de les intégrer à ma 2ème partie que je vais remanier pour insister sur le fait que le style doit rester au service du fond.

Vincent.
Bonjour Vinkino ! Je suis moi aussi en L1 lettres moderne et j'ai exactement le meme sujet que toi avec les memes livres … Et je suis completement bloquee je ne trouve aucune partie et je ne voudrais pas te plagier … As-tu eu d'autres pistes pour ta dissertation que tu pourrais m'indiquer afin de m'aiguiller (ca fait une semaine que je suis coincee) …
Si d'autres personnes ont des idees je suis preneuse … L'inspiration a disparu pour ce sujet
Merci a toi,
Bonne soiree
Ophelie.
Bonjour a tous j'ai une dissertation a faire pour mardi et ca fait deux semaines que je suis bloque dessus … J'ai vu qu'il y avait deja un article dessus mais je ne peux prendre les reponses de la discussion car sinon ce serait du plagiat.
Voici la citation sur laquelle nous devons disserter :
''Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c'est un livre sur rien […] qui se tiendrait de lui meme par la force interne de son style […] il n'y a ni beau ni vilains sujets […] il n'y en a aucun, le style etant a lui seul une maniere absolue de voir les choses.''
J'ai deja trouve ce que j'allais marque dans ma troisieme partie mais pour la premiere et la deuxieme je suis totalement bloque je sais qu'il faut mettre tout d'abord le style prone sur le sujet et qu'en deuxieme partie qu'il y a certains sujets qui sont plus aptes a attire le lecteurs mais je n'arrive pas a developper plus …
Mon plan serait donc :

I- Le style prone sur le fond
A-…
B-…
C-…
II- Le sujet donne du vie au style
A- Grace a des personnages heroiques
B- …
C-
III- Le style peut-il etre la maniere absolue de voir les choses ?
A- Le style peut permettre de faire passer une
morale comprise de tous
B- Le style varie selon le contexte et l'epoque
de l'auteur
C- La vision du roman depend du lecteur

Merci d'avance pour les reponses qui seront apportees 🙂
Qu' est-ce donc qu'un roman ?
On s'accordait à dire qu'il faut des personnages, un récit et un style.
Avec le Nouveau roman, le personnage s'efface … voire disparaît …
Et même s'affirme la tendance à parler de soi, tant dans l'autobiographie que dans l'autofiction.

Affaire de curseur donc pour l'auteur qui privilégiera le récit ou les personnages ou le style …

I. Le point de vue de Flaubert : un style épuré, travaillé qui résiste à l'épreuve du gueuloir.

II. Le point de vue des lecteurs qui aiment aussi les histoires, les héros intéressants

III. L'art du romancier peut transformer un sujet insignifiant

Dans Deux définitions du roman (1866), Emile ZOLA déclarait : « le premier homme qui passe est un héros suffisant ».
Le fait-divers est transcendé chez Stendhal avec l'affaire Berthet
L'affaire Delamare avec Flaubert

Le lecteur est souverain, qu'il aime un roman de Dumas ou un roman de Zola ou une nouvelle de Maupassant.

Tu peux exprimer en conclusion un jugement, une préférence.
Quant à moi, je vote pour les Faux-monnayeurs de Gide … 🙂