Bonjour.
Le latin pratique-t-il l'accord selon le sens ? Il me semble que oui, mais je voudrais confirmation.
Par exemple, pour un grand nombre de soldats furent capturés, puis-je écrire magnus numerus militum capti sunt ?
Merci d'avance aux fins latinistes. 🙂
Je ne connais pas d’exemples de syllepse avec “numerus” ( il ne me semble pas faire partie des noms de sens collectif, tel “pars, multitudo, civitas, voire plebes-ei" mais cela ne veut pas dire qu’il n’en existe pas…
César écrit plutôt: magnus muralium pilorum numerus instituitur.
Merci de cette réponse et de l'exemple. Je vais continuer à chercher… 🙂
Merci de cet exemple, Jacques, c'est exactement ce qu'il me fallait. 🙂
Je pense cependant, comme poenulus, que la syllepse sera moins fréquente avec numerus.
J'ai la même impression, d'autant plus que l'exemple tiré de Cicéron me fait furieusement penser à… ex eorum numero qui...
Cela dit…je n'ai rien dit…mais n'en pense pas moins. 🙂
Tu m'accuses d'avoir supprimé eorum ?
Absolument pas, voyons ! Que vas tu chercher là ?
J'ai traduit le Pro Archia, je l'ai en Budé, et je n'ai pas songé un instant à aller vérifier.
C'est une impression que j'ai, voilà tout. Il me semble qu'on ne peut pas dire que le latin pratique l'accord selon le sens comme nous le faisons en français.
Si, en fait.
Pour eorum, je plaisantais…
"isque eo (estque ex eo/ eoque est e) numero qui semper apud omnes sancti sunt habiti itaque dicti…"
Ce qui me semble à l'origine de cette discussion et qui nous chatouille ou gratouille selon nos goûts respectifs est le relatif "qui". Selon la doxa grammaticale - mais faut-il la suivre sans sourciller?- sa fonction de nominatif sujet de la relative "qui… sunt…dicti" en fait grammaticalement un pluriel. Ses genre et nombre font qu'il est comme son antécédent (numero), masculin singulier.
Voilà donc un relatif qui serait à la fois singulier et pluriel. Pour lever cette incohérence il semble qu'il y ait deux solutions:
- soit numero (numerus) peut être un singulier collectif ( singulier pluriel) à ajouter aux noms déjà cités ( pars, civitas… et aussi chorus, domus) et sa caractéristique "contamine" le relatif qui devient lui aussi singulier pluriel , sujet d'un verbe qui se met logiquement au pluriel. L'idéal serait que cette hypothèse soit confirmée par d'autres passages plus évidents.
- soit numero est un "simple" singulier ( non collectif) et "qui" qui ne peut être que pluriel vu sa fonction sujet des verbes pluriel de la relative , doit avoir un antécedent pluriel .
C'est pour cela que certains commentateurs ( mais faut-il les suivre sans sourciller?) considèrent que "eo numero qui"= "numero eorum qui"…
…Quelqu'un pourrait-il me passer une aspirine?
🙂
Tu me fais rire, Poenulus. 😉
Laisse tomber l'aspirine et ne te prend pas la tête.
Cette histoire de syllepse veut qu'avec certaines expressions ou mots comme « la plupart », « un certain nombre de »,« l’ensemble », « le groupe », « la majorité », « la foule », « le peuple »… indiquant le nombre, on pourrait être logiquement amené à utiliser le pluriel pour le verbe, mais d'autres y perçoivent une idée de masse ou de cohésion et ils utilisent alors le singulier. En français, on oscille souvent entre les deux. Avec nuance voulue sans doute. Mais il faut la saisir…. =>
« L’ensemble des spectateurs se mirent à applaudir avec force.» ; « Le chœur des anges se fit entendre ».
Ce phénomène semble varier avec les langues. En français on utilise le singulier avec « orchestre », là où l’anglais peut dire : « The orchestra are playing Haendel. ». « The United States is a great country », est plutôt chez nous : « Les États-Unis sont un grand pays ».
Le latin me paraît de prime abord plus rigoureux. Si le sujet est au singulier le verbe se met au singulier, m'a-t-on appris dans mon enfance.
Mais à travers quels prismes et quels intermédiaires peut-on juger de cette rigueur ?
Je lis : Ne faceres idem, quod vulgus servorum solet,.. ou Ingens militum turba convenerat. ou confluxeratque undique incolarum multitudo..sans en être affectée.
(En même temps, lorsque plusieurs sujets sont coordonnés, on accorde souvent le verbe avec le plus proche. « Mens enim et ratio et consilium in senibus est. » Et cela me trouble davantage. C'est une autre question, bien sûr, mais…)
poenulus a fait une docte démonstration… du principe même de la syllepse ! 😂