Ce sont des particularités de la vie dont je rends compte.
Dois-je utiliser "ce sont" ou "c'est" dans ce cas de figure ?
Pour plus de précision : on rend compte de l'ensemble des particularités de la vie, et non pas de certaines particularités spécifiques. Cela fait-il une différence ?
Faut-il systématiquement utiliser "ce sont" dans la mesure où on parlerait de particularités précises et non dans leur totalité ?
Bonsoir!
Personnellement, je suis totalement opposé à "ce sont" dans quelques cas de figure que ce soit. Totalement. J'écrirais donc "c'est".
Mais ce n'est pas forcément un avis d'école, même si c'est aussi ce que pensaient des auteurs estimés, comme Flaubert, selon ce que j'ai lu.
Ceux qui sont favorables à ce que les deux existent vous conseilleront, je crois, d'utiliser le pluriel ici…
Ce sont des particularités de la vie dont je rends compte.
Selon moi, le sujet “réel” de ce sont est “je rends compte” et pas “des particularités de la vie”. Donc, “c'est” Maintenant, j'ai du mal à expliquer pourquoi
Peut-être parce qu'on peut dire intuitivement
Je rends compte des particularités de la vie
plus artificiellement
Des particularités de la vie, dont je rends compte, sont
et difficilement
Des particularités de la vie sont dont je rends compte (à moins d'être Mr Jourdain)
Mais ce n'est qu'une impression, basée sur rien de sérieux quant aux référents gramamticaux !
Pourtant, Bâ, les exemples littéraires avec “ce sont” ne manquent pas ?
Ce sont des ressemblances identiques. Ionesco
Ce sont des villes
Ce sont des mains Rimbaud
Bonsoir Gialanluca,
Depuis plus d'un siècle, un arrêté datant de 1900, rectifié en 1901, nous autorise à effectuer l'un ou l'autre accord.
C'est, ce sont. — Comme il règne une grande diversité d'usage relativement à l'emploi régulier de c'est et de ce sont, et que les meilleurs auteurs ont employé c'est pour annoncer un substantif au pluriel, ou un pronom de la troisième personne au pluriel, on tolérera dans tous les cas l'emploi de c'est au lieu de ce sont. Ex. : c'est ou ce sont des montagnes et des précipices.
Source : https://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3311 (Rubrique "VERBES", au 6-7/10 de l'article pour le curseur vertical de droite, environ.)
Vous demandez :
Faut-il systématiquement utiliser "ce sont" dans la mesure où on parlerait de particularités précises et non dans leur totalité ?
Je ne crois pas. Que vous utilisiez "les" ou "des" particularités ne changent pas les possibilités d'accord.
Muriel
Édit : Votre phrase :
Ce sont des particularités de la vie dont je rends compte.
pourrait se transformer comme ceci :
Des particularités de la vie, c'est ce dont je rends compte.
ou :
Des particularités de la vie, c'est de cela que je rends compte.
ou :
Je rends compte de cela, des particularités de la vie.
Etc.
Ce=cela=des particularités de la vie.
Bonjour à tous!
Pourtant, Bâ, les exemples littéraires avec “ce sont” ne manquent pas ?
Ce sont des ressemblances identiques. Ionesco
Ce sont des villes
Ce sont des mains Rimbaud
C'est bien vrai! Mais tous le écrivains ne se sont peut-être pas posé ce genre de questions (je crois qu'être écrivain et être passionné de linguistiques sont deux choses complémentaires mais différentes) et je ne m'interdis pas d'y réfléchir…
Le problème est que "c'est" cinq fois puis "ce sont", c'est incohérent.
Alors, après avoir trouvé un semblant d'explication à ce que j'appelle "l'erreur" et une solution cohérente, je m'y tiens… D'ailleurs, il y a aussi eu des auteurs reconnus qui luttaient contre ce qui est, en synchronie, un accord avec l'attribut…
Bonjour,
Hier, je voulais vous soumettre un exemple où le singulier se serait imposé, mais je manquais d'explications. C'était :
C'est des particularités de la vie que j'extrais tous mes plaisirs.
Je n'ai trouvé que cette explication :
Remarque : Il est difficile, dans la plupart des cas, de traiter l'élément extrait [encadré par "c'est … qui/que"] comme un antécédent du relatif qui ou que qui le suit : la substitution est pratiquement impossible, notamment quand une subordonnée, un infinitif ou un complément circonstanciel sont extraits. Pour cette raison, on peut traiter que comme une conjoction.
Grammaire méthodologique du français. Riegel et alliés, p. 432.
Ces exemples plus simples vous feront mieux comprendre la différence :
-
Ce sont (ou c'est — moins soutenu) des montagnes que j'aimerais escalader.
→ J'aimerais escalader "que" (pronom relatif), qui a pour antécédent "des montagnes", qui lui-même est présenté/introduit par "ce". En fait, on pourrait dire :
Ces montagnes sont celles que j'aimerais escalader.. "Montagnes" est donc bien attribut de "ce".
Mais :
-
C'est des montagnes qu'on domine la vallée.
→ On domine la vallée (d'où ?) : des montagnes (complément circonstanciel de lieu) → C'est
du lieu (singulier obligatoire) des montagnes qu'on admire la vallée. → C'=lieu. "Que" n'est pas un pronom relatif (mais une conjonction) ; "montagnes" n'est pas un antécédent et il n'est pas attribut de "c' " donc l'accord avec "montagnes" est impossible.
Muriel
Ce sont des particularités de la vie dont je rends compte.
Bonsoir Muriel!
En effet, ce que vous dîtes est juste. Mais le pronom relatif de la phrase de départ, "dont", rend impossible cette phrase comme réponse à "De quoi rendez-vous compte?".
On est donc dans le cas où, à mon avis, si l'on est favorable à ce que "ce sont" existe, on l'emploiera. Sinon, évidemment, on écrira "c'est".
Bonjour Bâ,
Vous dites :Mais le pronom relatif de la phrase de départ, "dont", rend impossible cette phrase comme réponse à "De quoi rendez-vous compte?".
Hélas ! si ! (Rendre compte
de, transitif indirect…)
(La question à se poser serait de savoir si le "des" est le pluriel de "un" ; ou la contraction de "de les" (présence d'une véritable préposition), ce n'est pas toujours évident ! Il faudrait dans ce cas poser une question qui ressemblerait à ce charabia : "de de quoi" j' extrais tous mes plaisirs ? À laquelle on répondrait :
C'est des particularités de la vie que j'extrais tous mes plaisirs.
Muriel
Hum… Je crois, Muriel, que vous faîtes une petite erreur…
On dit:
_ "À quoi pensez-vous?" → "C'est à cela que je pense.",
_ "D'où est-ce que vous venez?" → "C'est de là-bas que je viens.",
_ "De quoi rendez-vous compte?" → "C'est de cela que je rends compte.".
Cela n'a pas vraiment de lien avec notre précédente discussion que nous avons précédemment eue sur les pronoms relatifs. On ne peut pas répondre à la première question par "*C'est à cela à quoi je pense.", à la seconde, par "C'est de là-bas dont je viens.", à la troisième par "*C'est de cela dont je rends compte.".
"Ce sont des particularités de la vie dont je rends compte." ne peut donc que qualifier des particularités de la vie (thème) dont on dit rendre compte (propos), et non renseigner sur ce dont on rend compte.
Bonjour,
C'est des hommes.
ou
Ce sont des hommes.
il y'a t- il une règle générale pour savoir si c'est: "c'est" ou "ce sont".
Bonjour.
Y a-t-il une règle générale ?
Pas vraiment de règle.
C'est des hommes est d'un registre courant, familier.
Ce sont des hommes est légèrement plus soutenu.