Latin - Place des prépositions
12 réponses
Bonsoir aux latinistes !
Comme toujours (n'ayant pas de latiniste at hand) j'ai une question un peu bête.
Nous connaissons tous la tournure : summa cum laude (et d'autres analogues).
Mais les grammaires divergent…
Celles de Morisset, Petitmangin ou Sauzy mentionnent l'affaire et l'exemple (ou analogue) sans y adjoindre de restrictions.
Mais seule (je n'ai pas encore regardé Ernout) celle de Grimal semble restreindre (ainsi qu'au moins deux autres
grammaires anglo-saxonnes) la possibilité de changement de place (mise en incise) aux seules
prépositions MONOSYLLABIQUES.
Qu'en pensez-vous ?
Olivier
Bonjour,
Préposition vient de prae ponere, poser avant.
Me revient en mémoire la question d'un de mes camarades qui demandait à notre professeur si la Préposition pouvait se placer après le nom.
Notre enseignant lui demanda pourquoi une telle entorse.
Il lui fut répondu : "Ben Monsieur ! Au lieu de in vitam, on pourrait dire vitam in."
Dans la plupart des cas, la préposition va évidemment se placer en tête de groupe.
Toutefois (cf Bizos) :
- cum se postpose après un pronom personnel (mecum, tecum…) et souvent après un relatif : quocum ou cum quo.
- D'autres prépositions peuvent être postposés après un relatif : quam circa locus lucique sunt plurimi (Cicéron).
- Quand inter a deux compléments, il s'intercale souvent entre eux, mais seulement au sens de "entre" : quas segetes inter et castra unus collis erat (César).
- En poésie et dans la langue post-classique, la postposition est fréquente : Capuam propius castra movit (Tite-Live).
Il faut se souvenir que bon nombre de prépositions sont issues d'adverbe, ce qui explique la possibilité d'un "déplacement".
Bonjour Jacques,
Il semblerait donc, vus les exemples cités, que la possibilité, ou pas, de ce déplacement, ne relève pas du caractère monosyllabique, ou pas, de la préposition considérée ?
Cela semble évident. Certaines prépositions monosyllabiques ne se postposeront jamais, d'autre si, idem pour les polysyllabiques.
Tout est affaire d'usage.
Un exemple en français :
durant des heures = des heures durant
Mais dans summa cum laude
il ne s'agit pas d'une simple postposition.
Une explication ?
C'est sans doute par tendance de la langue à postposer au premier mot, comme -que et -ne. Un ordre tel que *summa laude cum serait inenvisageable. Il faut reconnaître que c'est assez esthétique.
cf ce vers d'Ennius :
Curantes magna cum cura, tum cupientes regni (je cite de mémoire).
Bonsoir à toutes et tous,
Je ne sais pas comment attacher un PDF à un post, je vous mets donc ici le lien anglo-saxon (j'en ai une version PDF que je peux transmettre) :
https://hiberna-cr.wdfiles.com/local--files/downloads/Glimpse-Latin_Word_Order-v1.1.html
Cette distinction de préposition monosyllabique apparaît :
- page 13, 599d
- page 21, 678-2
Chez Grimal, dans mon édition, c'est au III de la page 85 (celle qui fait face aux §140-142)
Mais les exemples fournis par Jacques sont assez clairs…
Ce sont ceux de Bizos. Ce ne sont pas les grammaires qu'il faut regarder, mais les manuels de syntaxe et de stylistique. Et bien sûr, il faut lire et lire encore…
Bonsoir Jacques,
Oui, lire, relire… vous avez bien raison.
Je ne suis pas cependant dans une optique de "concours" au sens khâgne.
J'y retourne par "plaisir", ce qui me permet de m'attarder sur quelques questions parfois bizarres 😉
Les journées n'ayant que 24 heures, je m'étais laissé 1 an pour la révision de la grammaire.
Bon.. je n'ai guère sur le planning que 2 mois de retard 😉
La lecture systématique débutera à la fin de ces vacances ( ce qui ne veut pas dire que je n'ai lu aucune phrase ou période depuis un an 😉))
Oh ! mais moi non plus, je ne me suis jamais placé dans une optique de khâgne ! 😀
A l'inverse de beaucoup, je n'ai que rarement appris dans les grammaires. Je dois dire que ça m'a parfois joué des tours.
Quand je consulte une grammaire ou un dictionnaire, j'ai un peu l'impression de me promener dans un cimetière…
Cela dit, il y en a de fort beaux.