En quoi le film Le Nom de la rose oppose-t-il la raison au mysticisme ?

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir ,
c'est un Roman de J.J Arnaud , qui a été adapter par Umberto ECO
Époque Moyen-âge, l'histoire déroule dans une Abbaye
Le Titre Du film : LE NOM DE LA ROSE

Merci j'attends votre aide a tous
Bonjour,

Deux pistes
- l'opposition entre la démarche déductive à la Sherlock Holmes ou à la Zadig et les interprétations magiques
- entre la culture philosophique et l'obscurantisme scolastique médiéval qui sombre dans l'intolérance
Le roman d'Eco est déjà assez caricatural, ne parlons pas du film.
Peterson a écrit :Bonsoir ,
c'est un Roman de J.J Arnaud , qui a été adapter par Umberto ECO

Ça commence bien !
Jean-Luc, pour quoi "caricatural" (je parle du roman, je ne connais pas le film) ?
Bonjour Jacques,

Avec un peu de retard, je réponds à ta question.

En préalable, je tiens à affirmer que Le Nom de la rose est un remarquable roman policier médiéval qui mêle habilement une intrigue passionnante à une trame historique sûre.
Mais Umberto Eco crée des distorsions en raison du genre pratiqué, des goûts supposés du public pour la théorie du complot et surtout de son propre anticléricalisme assumé.
Médiéviste reconnu, l’auteur risque d’imposer au lecteur son argument d'autorité. En effet par le biais de personnages fictionnels il fausse la perception sur des groupes ou des institutions.

D’une manière générale, Eco ne comprend pas l’essence du monachisme, il n’est pas capable d’empathie avec la vie monastique. De plus en focalisant sur une période de crise bien réelle, il peut amplifier et condenser les écarts criticables.
De ce fait,
- il sous-estime le rôle des franciscains dans le redressement de l’Église, redressement moral, intellectuel, spirituel mené en toute humilité et obéissance. Grâce à eux, le pape Innocent III a pu réorienter l’Église vers les plus pauvres et redresser les abus de la sécularisation du clergé.
- Il discrédite l'ordre bénédictin en lui prêtant des tendances ésotériques qui l’auraient conduit à une rétention des savoirs. C’est tout le contraire qui s’est produit : les bénédictins ont été des « passeurs » intellectuels irremplaçables. Il oublie que la règle de Saint Benoît est un modèle d’équilibre entre le travail et la prière, que les activités manuelles (donc le contact conséquent avec la création) sont un antidote aux dérives purement spéculatives. Il gomme que cette même règle a rétabli le choix démocratique de l'abbé (dont l’étymologie souligne assez qu’il est le père de la communauté), que les monastères ont eu un rôle civilisationnel sur les populations d’alentour.
- Il alimente le dossier noir de l'Inquisition que les historiens aujourd’hui appréhendent avec plus de modération.

Je ne partage pas non plus sa partialité à l'encontre du thomisme en ne l'approchant que par l'esthétique (mais c'est secondaire).

Ces attaques subtiles imposent donc des réserves quant à la véracité historique générale.
Merci de ta réponse très documentée. Moi, ce qui me paraît le plus caricatural au premier abord, c'est l'intrigue policière, qu'on peut interpréter au premier abord comme une complaisance exagérée envers les goûts du public. Mais le livre, déjà très long, eût été bien indigeste sans cela. Il faut dire malgré tout que l'auteur ne voulait pas qu'on considérât ce livre comme un pur "thriller médiéval" sous peine d'être déçu. En fait, l'intrigue policière, de même que l'ésotérisme, sont une manière d'aborder ce qui lui tient à cœur et qu'il place dans tous ses romans : la vertu du signe dont on s'empare pour faire les constructions les plus extravagantes, et qui concerne même le lecteur. Eco était médiéviste, mais surtout et avant tout sémiologue. C'est cette préoccupation, cette "clé" (ou du moins cet outil pour que nous la forgions nous-mêmes) qui me paraît parfois un peu trop appuyée dans ce livre (tel et tel crimes que l'on croit liés et qui ne le sont pas…). Malgré tout, je n'irai pas jusqu'à parler de caricature en la matière.
J'ai lu récemment le Cimetière de Prague, où Eco s'intéresse à la genèse (recréée, bien sûr) des fameux protocoles des sages de Sion : c'est toujours la même volonté de montrer comment des rumeurs - qui deviennent des signes - aboutissent à une construction mentale collective qui devient peu à peu "réalité".
Merci encore pour cette leçon d'Histoire religieuse dont je tirerai profit.
Merci Jacques,

Cet aspect ne m'avait pas échappé puisque Eco a choisi le titre de son roman de manière programmatique : ésotérisme du Roman de la rose et multiplicité symbolique de cette fleur dans les diverses cultures. D'ailleurs il a écrit que « la rose [était] une figure symbolique tellement chargée de significations qu'elle fini[ssai]t par n'en avoir plus aucune ou presque ».

Mais j'avoue qu'au cours de la lecture j'ai préféré chausser les lunettes de Guillaume de Baskerville. L'ingéniosité de l'intrigue m'a captivé.

En revanche les autres récits d'Eco me sont tombés des mains : Le Pendule de Foucault ou L'Île du jour d'avant. Depuis j'ai abandonné.
Oui, ce sont des pavés. Je me permets toutefois de te recommander le Cimetière de Prague.

Très cordialement.