Origine du mot "nénuphar"

Langue française

15 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Le mot "nénuphar" est d'origine arabe et non grecque. Or, le ph s'emploie pour le son f des mots
d'origine hellénique. Mais qu'en est-il des mots arabes ? Robert Estienne et l'Académie, en 1694, écrivent ph. De 1718 à 1877, les six éditions du Dictionnaire de l'Académie écrivent nénufar. En 1935, l'Académie rétablit "nénuphar".
Certains mauvaises langues diront qu'elle croit que ce mot vient du grec !
Depuis, nous nous engueulons ! Et ce n'est pas fini, car dans la dernière édition de son Dictionnaire, l'Académie accepte les deux orthographes. Notons que la plupart de ceux qui se disputent sur cette orthographe n'ont jamais écrit le mot "nénuphar" en dehors de leurs prises de position et seraient probablement incapables d'en reconnaître un s'ils le voyaient.

N.B : Serons-nous tous des amateurs sur ce sujet ?
Bonsoir.

Oui, tout ceci est assez connu.
N.B : Serons-nous tous des amateurs sur ce sujet ?
Que veux-tu dire, et où veux-tu en venir ?
La remarque que je voulais exprimer c'était que quelqu'un peut être fort sur les différentes connaissance de
la grammaire mais non pas sur l'origine lexicographique des mots…une langue est divise en différents terrains.
Une façon de résoudre le problème serait de supprimer systématiquement les lettres grecques, comme l'ont déjà fait l'espagnol, l'italien et les autres langues romanes.

S'agissant du digramme PH de "nénuphar", on écrirait "foto", "éléfant", "farmacie"… Après deux ou trois petits tours à la "farmacie", plus personne n'imaginerait qu'on écrivait "pharmacie " ! 😂
La remarque que je voulais exprimer c'était que quelqu'un peut être fort sur les différentes connaissances de la grammaire mais non pas sur l'origine lexicographique des mots…une langue est divisée en différents terrains.
Oui, bien sûr, l'étude d'une langue comporte plusieurs disciplines.
Je ne vois pas trop l'intérêt de cette remarque.
Au fait, savais-tu que camphre vient l'arabe, comme nénufar / nénuphar ?
Bien sûr, comme tu sais je m'achète assez de livres sur différents domaines, tu sais bel et bien que je suis un
autodidacte, ta question tu devrais de la connaître à l'avance.
ta question tu devrais de la connaître à l'avance
.
En bon français, tu aurais dû écrire :La réponse à ta question, tu aurais dû la connaître à l'avance…
Toi qui sais tout… Tu connais sûrement aussi un prénom écrit avec ph en français, mais qui ne vient pas du grec… J'attends ta réponse.
Raphael
Bravo… Mais il y en a au moins un autre.

Et puis, tant que j'y suis : cite-moi aussi un nom commun d'origine malgache s'écrivant avec ph…
Il y en a sûrement plusieurs, notamment ceux d'origine hébraïque comme Ephraïm ou Séraphin (outre Raphaël, déjà cité) !
Tiens, une petite question.
Je faisais hier soir un mot croisé dont le thème était « Les mots d'origine arabe ».
Parmi les mots à trouver, il y avait nénuphar; que Balzac écrivait nénufar.
Le Larousse indique que le mot est d'origine arabe, et le TLFi indique que le « ph » serait arrivé sous l'influence de nymphéa.
Mais le même article du TLFi donne une filiation assez complexe :
Empr. au lat. médiév. nenuphar (av. 1250 ds LATHAM), et celui-ci à l'ar. nénūfar, nīnūfar, nilūfar du persan nīlūfar lui-même empr. au skr. nīlōtpala «lotus bleu», comp. de nīlah «bleu-noir» et utpalam «fleur du lotus»
Tout ça reste un peu obscur pour moi : quand est apparu ce « ph » ? À la fin du XIX[sup]e[/sup] siècle ou bien dès le Moyen-Âge ?
Dès le Moyen Âge, apparemment… Une graphie faussement "sçavante", comme pour pas mal d'autres mots !
Le dictionnaire historique de la langue française (sous la direction d'Alain Rey) confirme que nénuphar est emprunté au latin médiéval nenuphar.
On a souvent utilisé le "ph" pour transcrire, outre les mots venus du grec, certains mots venus d'autres langues "exotiques", comme l'arabe (caliphe) ou l'hébreu (séraphin). Donc en fait, dès le début, nénuphar a coexisté avec nénufar et on trouve des exemples anciens des deux graphies.
L'influence éventuelle de "nymphéa" est celle qui, bien plus tard, alors que "nénufar" semblait être à peu près à égalité de terrain avec "nénuphar (cf. graphique ci-dessous, autour de 1860), a conduit à privilégier l’orthographe "ph".
https://books.google.com/ngrams/graph?content=n%C3%A9nufar%2Cn%C3%A9nufars%2Cn%C3%A9nuphar%2Cn%C3%A9nuphars&year_start=1800&year_end=2008&corpus=19&smoothing=3&share=&direct_url=t1%3B%2Cn%C3%A9nufar%3B%2Cc0%3B.t1%3B%2Cn%C3%A9nufars%3B%2Cc0%3B.t1%3B%2Cn%C3%A9nuphar%3B%2Cc0%3B.t1%3B%2Cn%C3%A9nuphars%3B%2Cc0
Merci pour vos réponses et merci d'avoir déplacé ma question (j'avais raté ce sujet). 🙂

J'aime bien la notion de deux graphies qui coexistent pendant des siècles… 😀

La seule chose curieuse est que, malgré la prédominance du « ph » que l'on peut voir sur tes courbes, lamaneur, Balzac lui ait préféré le « f », mais pourquoi pas ; après tout, il écrivait bien comfort au lieu de confort, et puis c'était quand même Balzac. 🆒