Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire - Ce retour fixa ma destinée…

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

J'ai un commentaire linéaire à faire sur un passage de la 10 e promenade de Rousseau que voici:
Ce retour fixa ma destinée et longtemps encore avant de la posséder je ne vivais plus qu'en elle et pour elle. Ah ! si j'avais suffi à son cœur comme elle suffisait au mien ! Quels paisibles et délicieux jours nous eussions coulés ensemble ! Nous en avons passé de tels mais qu'ils ont été courts et rapides, et quel destin les a suivis ! Il n'y a pas de jour où je ne me rappelle avec joie et attendrissement cet unique et court temps de ma vie où je fus moi pleinement, sans mélange et sans obstacle, et où je puis véritablement dire avoir vécu. Je puis dire à peu près comme ce préfet du prétoire qui disgracié sous Vespasien s'en alla finir paisiblement ses jours à la campagne : « J'ai passé soixante et dix ans sur la terre, et j'en ai vécu sept. » Sans ce court mais précieux espace je serais resté peut-être incertain sur moi ; car tout le reste de ma vie, faible et sans résistance, j'ai été tellement agité, ballotté, tiraillé par les passions d'autrui, que presque passif dans une vie aussi orageuse j'aurais peine à démêler ce qu'il y a du mien dans ma propre conduite, tant la dure nécessité n'a cessé de s'appesantir sur moi. Mais durant ce petit nombre d'années, aimé d'une femme pleine de complaisance et de douceur, je fis ce que je voulais faire, je fus ce que je voulais être, et par l'emploi que je fis de mes loisirs, aidé de ses leçons et de son exemple, je sus donner à mon âme encore simple et neuve la forme qui lui convenait davantage et qu'elle a gardée toujours.
En apparence, ce passge ne semble pas bien compliqué à analyser, et c'st bien le problème! J'ai du mal à analyser la forme du texte (annalyse stylistique) et je me trouve à faire un commentaire médiocre qui revient à paraphraser. Je vous fais néanmoins part de mes trouvailles:

Texte retrospectif, notion du paradis pardu, Rousseau qui se rend compte de son bonheur perdu: dans le malheur il se rend compte de son bonheur.
Restriction: je ne vivait plus qu'en elle
Ce retour fixa ma destinée= fatalité, passivité de Rousseau, grande emprise de Mme de Warens
Expréssion du regert sur le mode exclamatid, ponctuation émotive (plus que parfait du subj) = Rousseau fait retour sur son existec et imagine la vie qu'il aurait pu mener, amertume qui domine = court boheur suivi de malheur, lamentation "Quel destin les a suivis!"

Hyperbole: "il n' y a pas un jour où" et "je fus moi- même pleinement" sentient d'être présent à soi

"J'ai passé 70 ans sur terre et j'en ai vécu 7" = instant de bonheur toujour bref (saisir le kairos en grec)

Atteint l'ataraxis/ vie avec les autres: juxtaposition de participes passées qui met Rousseau dans une position de paessivité
personnification: vie orageuse, Rousseau précipité malgré lui= influencé par les autres et n'est plus lui- même, sa vie est orientée par les passions des autres

Poids de la fatalité chez Rousseau

"mais" adversatif qui montre l'opposition entre l'agitation du monde et la vie paisible avec Mme de Warens qui favorise l'épanouissement de Rousseau

Merci d'avance pour votre aide
I. Souvenirs heureux
II. Examen du JE
III. Rêverie et sincérité
Bonjour,

Un parcours de lecture possible :
Au-delà de la confidence autobiographique, les conditions nécessaires au travail de l'artiste.
Merci pour vos réponses. Néanmoins, je ne demandais pas de plan (c'est un commentaire linéaire non un commentaire composé comme au lycée).
J'avoue également que je ne comprends pas la remarque au sujet du travail de l'artiste. Dans cet extraite Rousseau n' évoque pas le travail de l'écrivain, c'est son coeur qui parle en quelque sorte. Il ne s'agit même pas d'une confidence d'ailleurs car Rousseau n'a écrit ses rêveries que pour lui.

Je ne sais pas ce que vous en pensez?
Bonjour,

Rousseau analyse les conditions optimales qui lui ont permis d'être totalement lui-même et donc créatif.