Doutes au sujet de mon orientation en L3 de lettres modernes

La filière littéraire

16 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Au jour d'aujourd'hui j'ai 22 ans, bientôt 23. Je viens de finir un master de Physique (le stage de fin d'études vient de s'achever).
J'ai eu peu de temps pour réfléchir, mais je savais que je ne voulais pas faire de thèse ni bosser dans une boîte.

Non, j'ai plutôt envie de faire des lettres. J'ai passé des entretiens d'embauche pour être enseignant contractuel en physique, à vrai dire je me cherchais un taf à temps partiel ; à côté il y en effet beaucoup de disciplines que j'aimerais étudier, et je n'ai pas pu au cours de mes études de physique (pas le temps), aujourd'hui je me dis que ça suffit. Je suis très motivé, j'ai beaucoup d'idées (pas qu'en lettres), mais ça va me prendre beaucoup de temps avant de pouvoir vivre de mes projets (si ça marche).

En particulier, je voudrais vivre de ma plume : essayisme, littérature, entre autres. J'ai commencé un roman. Je ne me fais pas d'illusions, mais je vais continuer à le bosser à fond.

Ma question concerne le contenu des formations dispensées en fac : à vrai dire, je ne sais pas si j'ai vraiment envie de me relancer dans trois années d'études (il y a des chances pour que je passe en L3 de Lettres Modernes direct). Ce qui me rebute surtout : tout ce qui est apprentissage de la méthodologie, apprendre à faire une dissertation bien proprette, bien carrée, analyse d'une oeuvre littéraire, j'ai vécu ça au lycée, j'ai aimé, mais je me dis que ça ne me sera pas d'une énorme utilité pour mon métier futur (et je ne souhaite pas enseigner, ou alors à court terme - au fond, je veux vivre de mon art, je suis prêt à en chier). Passer des heures à étudier Hugo par exemple, ne me tente pas, comparé à une année d'enseignement de physique à temps partiel où je me donnerais à fond pour faire avancer mes projets. Mais je me demande si je me fais une idée juste de ce qu'est l'enseignement en fac…

Une âme illuminée pour éclairer ma lanterne ?
Bonjour,
En particulier, je voudrais vivre de ma plume : essayisme, littérature, entre autres.
C'est une ambition fort difficile à réaliser. Bien des écrivains avant de pouvoir vivre de leur plume ont eu un emploi alimentaire à côté.
Mais tu n'as pas besoin de toute façon pour cela d'aller passer une licence de lettres, ce qui ne fera pas de toi un écrivain.
Merci pour ta réponse.
J'en ai bien conscience (d'où l'enseignement contractuel), d'ailleurs j'ai commencé à écrire bien avant d'avoir le bac. Disons que j'ai bien envie de me lancer par moi-même, de toute façon un jour ou l'autre, diplôme de lettres en poche ou pas, il faudra y aller.
Es-tu passé(e) par la licence ?
Je ne suis pas écrivain !
Seulement professeur. 🙂
Mais je raisonne à partir d'exemples que je connais.
Sinon, oui, j'ai passé la licence en vitesse, et le moins de temps possible à la fac.
Si tu es passé par la fac, pourrais-tu m'en dire un peu plus sur ce qu'on y fait, me dire si je me fais une idée juste des enseignements (avec le côté bosser des auteurs, faire de la méthode, …, si c'est ce qu'on fait la plupart du temps ou pas si souvent que ça) ?🙂
Bonsoir LacheveluredeFalmer,

Je ne sais pas exactement quelle idée tu te fais de l'université mais oui, nous étudions des auteurs et nous faisons de la méthodologie. En cinq ans (Licence puis Master de Lettres), c'est essentiellement ce que j'ai fait. Ce n'est pas un jugement de valeur (j'ai vraiment aimé mes cours et je m'y suis épanouie) mais il est vrai que nous faisons surtout de l'analyse de texte, des commentaires et des dissertations sur auteurs. C'est en tout cas ce que nous faisions là où j'étais (je ne généraliserais donc pas, ne connaissant qu'une seule université). Avec le jeu des options, tu peux faire des choses différentes mais les cours de Littérature servent majoritairement à nous préparer au métier d'enseignant (pas uniquement mais la plupart du temps) et aux concours et il faut donc acquérir la méthode.
Si tu veux d'autres précisions sur l'université, n'hésite pas à me contacter en MP (je suis maintenant professeur-stagiaire après avoir obtenu les concours de l'enseignement l'année dernière).

Quant à tes projets, Laoshi a raison et ce n'est pas une Licence de Lettres qui te permettra ou non de les mener. Si je peux me permettre un conseil, vu ton parcours, une entrée en Licence sans une sérieuse motivation me paraît risquée (dans le sens où tu risques de t'y ennuyer). Ne pourrais-tu pas te glisser quelques heures dans des cours de Licence pour voir un peu si cela te convient ou non ? Dans mon université, certaines personnes le faisaient parfois, simplement pour avoir une idée du contenu des cours. Dans un amphi, les enseignants ne les remarquaient même pas et en TD, ils ne disaient pas non lorsque la taille des salles le permettait.
Tu devrais chercher les programmes, y compris ceux de L1 et L2, sur le site de ta future fac, puisque c'est variable selon les fac et les options choisies.
Je ne peux guère parler pour ma part de ce que l'on fait en fac. J'y ai suivi très peu de cours, il y a longtemps (je suis une vieille), et en général je m'y suis prodigieusement ennuyée.
Mais c'est peut-être différent aujourd'hui.
Bonjour à tous et merci pour les réponses.

J'ai pris le temps de réfléchir un peu.


J'ai fait deux cours à Saint-Denis, plutôt intéressants, je vais peut-être y retourner demain, j'ai été pris en L3 de Lettres (mais quelle jungle cet endroit… Triste qu'on doive supporter ça alors qu'on est là pour étudier…).

Je ne sais pas trop si on a beaucoup de temps libre en L3 de lettres, si c'est jouable de bosser à côté. Il me faudrait pas mal de temps libre à vrai dire. (Vivre de son art demande un fort investissement.)

Je me dis que la fac (dites-moi si je me trompe) va surtout me permettre d'avoir une grande culture littéraire, et me permettre de développer encore plus mon sens critique, mon sens d'analyse des textes. Que c'est difficile de parvenir à cet état des connaissances sans passer par la fac. Mais qu'en dehors de ce côté "culture G" (histoire de la littérature + analyser un texte - et je me dis qu'en me mettant à une table pendant quatre heures, je suis tout aussi capable qu'un élève de M2 de sortir une dissert' qui en jette), ça ne va pas plus loin.
J'ai un diplôme de physique, ce serait super d'avoir un master de lettres, mais si c'est juste pour le diplôme, est-ce que ça vaut le coup ?
(Et est-ce qu'aujourd'hui on n'est pas emmenés dans une soif du diplôme, de la "forme", par opposition au "fond" ?…)
Bonsoir

J'ai lu ton projet initial et ton parcours.
J'ai fait mes études en fac en France et aux Etats Unis (par un échange)
Tu parles de "faire un dissert'" bien propette Cela m'a vraiment interpelée …aux Etats-Unis c'est justement cette rigueur dans une démonstration qui m'a permis d'avoir de très bonnes notes car cela démontre une maîtrise du sujet traité (et ce n'est pas si facile….)

Tu dis que ton but est de devenir écrivain , et tu fais un masters de physique et tu penses pouvoir faire en quatre heures une bonne dissert "comme au bac" Cela aussi me laisse perplexe.
Effectivement, ce n'est pas d'avoir un diplôme en lettres qui te permettra de devenir écrivain (ça c'est certain) mais quand on fait des études supérieures en lettres on apprend des choses que l'on ne fait pas ou que l'on ne "voit" pas en terminale. De même se contenter des lectures d'un programme de fac est une erreur , dans toutes les matières il faut savoir écouter (les profs font souvent des références à d'autres livres, d'autres auteurs)

Oui il y a un renchérissement du diplôme , bien souvent pour juguler le taux de chômage .

Je prends toujours l'exemple des anciens "maîtres et maîtresses" qui enchaînaient un concours et une formation après un bac , puis il a ensuite fallu avoir un "deug" (deux ans de fac) pour se présenter au concours puis une licence, puis un master pour présenter le concours de "profs des écoles "
Si tu as l'occasion de suivre des cours en L3 de lettres, pourquoi s'en priver? Je suis sûre que cela t'ouvrira des pistes de réflexions, des idées de lectures…
On ne mesure vraiment pas la chance en France de faire des études quasi-gratuites.

Je sais que tout n'est pas idéal (tu décris cette fac comme une jungle )Si cela reste ainsi il n'est pas utile que tu continues dans cette fac.
Par contre si tu t'aperçois que la voie que tu as choisie est très ardue, il peut être intéressant d'avoir une Licence (ou plus) en lettres car les entreprises recherchent des profils atypiques souvent (donc on ne sait jamais)
C'est à toi de savoir quel serait ton plan B /C si ton plan A ne marche pas .

Avoir un plan B /C ne veut pas dire que l'on ne mette pas la même volonté à suivre son projet A :il permet de retomber sur ses pattes.
J'ai un diplôme de physique, ce serait super d'avoir un master de lettres, mais si c'est juste pour le diplôme, est-ce que ça vaut le coup ?
Non.
C'est bête mais je crois que j'avais besoin d'entendre ce "non".
Bonsoir
J'ai lu ton projet initial et ton parcours.
J'ai fait mes études en fac en France et aux Etats Unis (par un échange)
Tu parles de "faire un dissert'" bien propette Cela m'a vraiment interpelée …aux Etats-Unis c'est justement cette rigueur dans une démonstration qui m'a permis d'avoir de très bonnes notes car cela démontre une maîtrise du sujet traité (et ce n'est pas si facile….)
Tu dis que ton but est de devenir écrivain , et tu fais un masters de physique et tu penses pouvoir faire en quatre heures une bonne dissert "comme au bac" Cela aussi me laisse perplexe.
Non, je ne pense pas, à l'heure actuelle, pouvoir faire aussi bien qu'un élève de M2 (et juste pour préciser, je ne parle pas de dissert' "propette" - et je n'ai pas parlé du bac non plus). Mais mon but n'est pas d'écrire un livre sur la vie d'Hugo par exemple, ni de donner des cours.
Aujourd'hui je me sens capable d'apprendre beaucoup par moi-même, ce n'est pas juste une envolée d'un jeune qui se dit : "Je vais vivre en regardant en l'air et ce sera beau".
J'ai conscience que je vais en baver comme jamais.
Récemment je suis parvenu à me défaire de vicissitudes qui m'avaient jeté au fond du trou, et ce n'est pas fini, loin de là.
Des années ont passé, j'allais mal et j'ai perdu du temps (je me pardonne tout de même) ; je me suis rempli d'insatisfaction.
Au fur et à mesure je me suis rendu compte de pas mal de choses concernant le monde du travail. Le renoncement des gens, notamment. Pourquoi certains réussissent et pas d'autres (on n'a pas toujours une bonne excuse). Et aussi les opportunités qu'on nous apprend à laisser derrière nous (ça paraît naïf, je sais, tout ça prendrait du temps à détailler).

Si je ne vais pas en lettres (et la balance commence à pencher par là) je vais bosser dans une boîte en physique, à temps partiel si j'y arrive, faire un stage rémunéré ou enseigner (en tout cas j'ai trois plans B, ou un B, un C et un D). Par ailleurs, si j'ai fait beaucoup de physique jusqu'ici, ça fait un bail que la littérature est un à-côté pas vraiment "à côté".
Je prends toujours l'exemple des anciens "maîtres et maîtresses" qui enchaînaient un concours et une formation après un bac , puis il a ensuite fallu avoir un "deug" (deux ans de fac) pour se présenter au concours puis une licence, puis un master pour présenter le concours de "profs des écoles "
Si tu as l'occasion de suivre des cours en L3 de lettres, pourquoi s'en priver? Je suis sûre que cela t'ouvrira des pistes de réflexions, des idées de lectures…
On ne mesure vraiment pas la chance en France de faire des études quasi-gratuites.
En allant en licence de lettres, je n'aurai pas assez de temps, à mon avis, pour travailler sur mes projets, que ce soit en écriture ou dans d'autres domaines (musique notamment, du temps il en faut). Je pense avoir aussi l'occasion de parcourir des sentiers nouveaux. C'est une chance, mais "en vue de quoi" (comme disait tout le temps ma prof de philo) ? Savoir analyser en profondeur un texte ? Agrandir mes vues sur la littérature ? C'est super intéressant mais je me demande si ça vaut le coup, si en trois ans je ne peux pas acquérir une grande connaissance de la littérature (pas aussi bien que la fac, sans doute, mais avec le temps il faut aussi entretenir…) + progresser niveau projets.

Si je n'avance pas dans ces projets je sais que je m'en voudrai terriblement… Merci pour ton attention en tout cas.
Je crois en effet que tu voulais entendre ce "non" 🙂

Tout ce que tu dis dans ton précédent message fait comprendre qu'en effet tu paraîs avoir déjà réfléchi à la question (et cela ne ressortait pas de façon si "solide " dans ton premier message )

Bien donc tu as plein de projets :formidable!

Je te conseillais la fac non pas dans un but précis mais parce qu'il y a des profs passionnants (pas tous, Ok) et qui peuvent t'aiguiller vers une vision de la littérature ou vers des œuvres auxquelles tu ne penserais pas .Mais si tu as envie de tracer ton chemin plus à ton rythme ,libre à toi bien sûr!

(en effet tu n'as pas parlé de bac , mais de lycée .Pour ce qui est de "propette " voici ce que j'ai relevé dans ton message n°1 ,je te cite "apprendre à faire une dissertation bien proprette")

Enfin , peu importe ,si tu as pu débattre et avancer dans ton questionnement, c'est l'essentiel.
Bien loin de moi l'idée que tu sois un jeune étourdi (qu'en saurais-je?)



Je suis également prof , c'est mon troisième métier .
Savoir analyser en profondeur un texte ? Agrandir mes vues sur la littérature ? C'est super intéressant mais je me demande si ça vaut le coup
Mais bien sûr que non !
Ce qui vaut le coup, c'est de lire, de se cultiver, (de s'intéresser à d'autres arts que la littérature d'ailleurs), sauf si on se destine à un travail de commentateur ou de critique…ou de professeur.
Tu en dis peu sur toi.
Tu as une formation de physicien, je ne sais en quel domaine, mais tu dois pouvoir trouver plus facilement un emploi avec ce bagage qu'avec une licence de lettres, franchement.
Tu dis aussi vouloir écrire.
De deux choses l'une : soit comme Proust, tu es riche et vis de tes rentes, et tu passes ta vie à écrire ; soit tu as besoin d'un travail, tu en cherches un en rapport avec ta formation, et tu écris à côté, comme la majorité des écrivains.
bonjour

une chose que je ne comprends pas : comment peux tu être accepté en L3 lettres alors que tu n'en as pas fait depuis 5/6ans et que ton cursus n'a rien à voir avec les lettres ?
Je crois en effet que tu voulais entendre ce "non"
Et je ne peux pas m'empêcher de me dire que ne pas avoir un master de lettres alors que ce n'est pas si loin c'est quand même dommage… Rah il faut que je réfléchisse encore un peu.
Bien donc tu as plein de projets :formidable!
Yes !
Mais bien sûr que non !
Ce qui vaut le coup, c'est de lire, de se cultiver, (de s'intéresser à d'autres arts que la littérature d'ailleurs), sauf si on se destine à un travail de commentateur ou de critique…ou de professeur.
Certes mais je voulais simplement ici exprimer l'idée selon laquelle en suivant les cours de Paris 8, je serais surtout focalisé sur un aspect de la formation en lettres, à savoir tout ce qui analyse de textes, histoire de la littérature, bref…
Tu en dis peu sur toi.
Tu as une formation de physicien, je ne sais en quel domaine, mais tu dois pouvoir trouver plus facilement un emploi avec ce bagage qu'avec une licence de lettres, franchement.
Tu dis aussi vouloir écrire.
De deux choses l'une : soit comme Proust, tu es riche et vis de tes rentes, et tu passes ta vie à écrire ; soit tu as besoin d'un travail, tu en cherches un en rapport avec ta formation, et tu écris à côté, comme la majorité des écrivains.
Que veux-tu savoir (tu peux me dire, j'avoue que je doute encore un peu - le truc qui me retient surtout, outre le côté jungle, c'est le manque de temps si je suis les cours, je me demande aussi si c'est possible de suivre une L3 sans passer une bonne partie de son temps en dehors des cours, genre tous les samedis après-midi et les dimanches après-midi, à bosser à la bibli - j'en doute) ? J'ai parlé de ce dont j'ai jugé indispensable à la compréhension de la situation.
Autrement il s'agit d'un master sur les milieux complexes et les milieux divisés (la minute physique : en gros, ce sont des milieux composés de plusieurs phases - une phase = liquide, solide ou gaz. Par exemple : huile + vinaigre, deux phases liquides, ou le sable, grains de sable solides avec de l'air entre les grains). Je peux bosser chez l'Oréal ou Saint-Gobain par exemple (même si pas si simple d'y entrer).
(Et en ce moment, mes parents sont mes soutiens financiers, ils sont prêts à me loger et me nourrir encore trois ans s'il le faut - je me fiche du regard des gens.)
une chose que je ne comprends pas : comment peux tu être accepté en L3 lettres alors que tu n'en as pas fait depuis 5/6ans et que ton cursus n'a rien à voir avec les lettres ?
Je ne me suis pas mis de barrières, j'ai tenté le coup avec une solide lettre de motiv', tout simplement. Qui plus est je serais allé parler avec des responsables si je n'avais pas été accepté, or ils ont été plus que compréhensifs.