Latin - Verbe à valeur adjectivale et complément de l’adjectif
13 réponses
Bonjour,
J'ai un gros doute quant à la traduction de ce genre de phrase latine : "une amphore remplie de vin".
Je ne sais pas comment traduire "de vin", à quel cas le mettre. En effet j'ai d'abord pensé que ça ne pouvait pas être un génitif étant donné que le complément serait postposé à un verbe (alors que ça devrait soit être un nom ou un adjectif). Mais ensuite je me suis dit que "remplie" est un verbe (participe passé) à valeur adjectivale ; donc théoriquement peut-on dire que c'est un génitif (qui serait complément de l'adjectif - ou verbe à valeur adjectivale) ?
Je ne sais pas si c'est clair mais je vous remercie d'avance pour votre aide 😉
Bonne journée.
"une amphore remplie de vin"
L'amphore
est remplie de vin.
Le complément de ce participe passé passif se met à l'ablatif seul
(vino).
Tu l'appelles complément d'agent ou complément de moyen, le résultat est le même.
On ne peut pas raisonner sans contexte. Votre difficulté vient aussi du fait que vous voulez "calquer" le français.
- Si "remplie" est un participe, il faut utiliser un verbe (implere, par exemple), suivi éventuellement d'un complément d'agent ; en ce cas l'expression signifiera "une amphore qui a été remplie de vin"
- Si "remplie" est un simple adjectif, il faut utiliser l'adjectif plenus (plena ici) et le faire suivre du génitif en thème. Donc, amphora plena vini.
Effectivement.
Mais entre "plein" (adjectif) et "rempli" (verbe), il y a tout de même une différence, d'où ma première réponse. J'ai eu le tort de ne pas demander le contexte.
Je n'ai jamais utilisé le mot "plein"… 😀
Plenus, ça ne veut pas dire plein ?
D'ailleurs, en l'occurrence ce ne me semble pas la meilleure traduction "adjectivale" pour remplie
Vos points de vue divergent, lequel choisir ? Les deux traductions sont-elles correctes ?
Laoshi, ne faudrait-il pas mettre le verbe au passif si on veut utiliser l'ablatif (complément d'agent, sous entendu "l'amphore est remplie par le vin") ? Ici comme l'a dit Jacques, le verbe a une valeur adjectivale me semble-t-il.
En bref :
-amphora plena vini (faute de mieux, je ne connais pas la traduction exacte de rempli sous forme adjectivale)
-amphora ab vino impletur
En vous remerciant pour votre aide,
Bonne journée.
"remplie" se traduit usuellement par plena. Si vous voulez insister, dites plenissima, mais c'est un peu artificiel. Vous pouvez aussi utiliser referta, suivi de l'ablatif. C'est un participe, mais qui peut être utilisé comme adjectif.
Amphora referta vino.
Non, baba, nos points de vue ne divergent pas, et ils s'accorderont, j'imagine, sur le fait qu'il est absolument impossible d'écrire
amphora ab vino impletur. Vinum n'est pas un nom de personne.
Plena vini, si jacques y tient, impleta ou referta vino conviennent également, et sont à mon avis préférables.
Maintenant, c'est toi qui fais le thème.
Je vous avoue être perdu.
Et cela découle d'un manque de clarté quant à la nature de "remplie" et de "de vin".
Pour moi, "remplie" est considéré comme étant un adjectif (ou du moins un verbe à valeur adjectivale). Je suis donc d'accord pour la traduction "amphora plena" (ou referta…).
Cependant, j'ai un véritable problème avec "de vin". En effet, on peut le considérer comme un complément de l'adjectif "remplie de vin" et dans ce cas je traduirai ça par un génitif (qui selon mes cours sert aussi bien au complément du nom qu'à celui de l'adjectif, sans compter le complément adjectival se rapportant à une personne - ex : il est hostile à …).
Cependant vous paraissaient tous deux vouloir traduire cela par un ablatif. Pourquoi ? Le considérez-vous comme un simple complément circonstanciel de moyen ?
De tels compléments d'adjectifs ou de noms, comme en français, ne sont pas de véritables compléments circonstanciels, mais expriment bien diverses nuances circonstancielles.
Quelques compléments d'adjectifs en français :
pleine de vin (nuance de moyen)
vert de peur (nuance de cause)
originaire du Pérou (nuance d'origine)
Plenus, a, um appelle le génitif ; les participes passés (de sens passifs) l'ablatif. (A + ablatif pour un être animé ; ablatif seul pour nom de chose).
Les langues ont parfois des constructions différentes pour une même idée, une langue n'est jamais le calque d'une autre.
D'autre part, en latin, les constructions peuvent varier suivant les époques et les auteurs et même chez un auteur donné. Ainsi l'adjectif plenus gouverne le génitif dans la plupart des exemples classiques, mais on trouve aussi l'ablatif, plus rarement il est vrai. En thème, on privilégiera le génitif sans se poser de questions. Il est à signaler que ce type de construction est toujours indiquée dans les dictionnaires.