Inspirations shakespeariennes dans Alice in Wonderland

Littérature

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

Suite à une question que je me suis posée récemment, j'appelle à l'aide car je n'arrive pas à trouver de réponse.
Un de mes professeurs en khâgne nous disait que, pour comprendre la littérature anglaise, il fallait bien connaître la Bible et Shakespeare. Or, quoique je ne connaisse pas si mal Shakespeare (je ne le connaîtrai jamais assez bien cela dit!), je ne parviens pas à en retrouver les motifs dans Alice au pays des merveilles. Est-ce une exception? J'en doute un peu, je suis presque sûre qu'il y en a, de même que pour la Bible.
Peut-être le motif de la cruauté: la reine de cœur serait-elle une Lady Macbeth?
Bien sûr, la folie, au cœur de l'oeuvre, comme elle est centrale dans l'oeuvre de Shakespeare. Mais quels sont les motifs shakespeariens de la folie qu'on retrouve dans Alice ?

La petite éléphante vous remerciera de votre partage!
Bonjour Barbarette

Je suis un peu étonnée que votre prof vous ait affirmé que pour comprendre la littérature anglaise il fallait bien connaître la Bible et Shakespeare.

Je suis plutôt tournée vers la littérature américaine mais j'ai aussi étudié la littérature anglaise (et je n'ai jamais entendu cela).

Dans Alice, vous l'aurez remarqué, le lecteur est au cœur d'un monde onirique où les animaux parlent et sont plus ou moins bien intentionnés : ils ont des caractéristiques humaines, le lapin est un "homme" pressé , le Chapelier "fou" , le Chat bien inquiétant.

Cette œuvre du 19ème siècle est considérée comme avant-gardiste : le "nonsensical" y est partout et aurait fait la joie des surréalistes du 20ème siècle .

Je ne parlerai donc pas de "folie" car tout ce petit monde fonctionne ,certes de façon un peu folle , mais personne ne devient fou ; Alice s'étonne , pleure , mais s'adapte …

Pour ce qui est de la reine de cœur ,il se peut qu'elle soit une illustration de la Reine Victoria (morte en 1901) et qui a vécu au temps de l'auteur. Elle n'était pas tendre avec ses sujets (surtout les plus pauvres ) .Très stricte sur les bonnes mœurs, elle a été veuve assez jeune (non sans avoir mis au monde 9 enfants auparavant) et portait de très longues robes noires au point que lorsqu'elle montait une marche il était interdit de baisser les yeux trop bas (sous peine d'apercevoir ses chevilles) …Les récits de Dickens qui décrivaient pourtant une pauvreté effarante la "distrayaient" . Elle avait organisé la vie des ouvriers dans des warehouses où l'on travaillait et logeait au même endroit (y compris les enfants)

Elle est cependant estimée car elle a conduit son pays (alors empire) vers le modernisme, l'industrialisation .

Un autre critique a également suggéré que cette fameuse reine de cœur était tout simplement une illustration de la gouvernante sévère de la vraie Alice (Alice Lidell) .

Peut-être votre prof a-t-elle démontré en effet que bien des œuvres se rattachaient à la Bible ou à l'œuvre de Shakespeare.

Il se peut que , en effet , que certaines œuvres échappent à cette analyse 🙂
L'affirmation était peut-être un peu trop péremptoire. Néanmoins, il me semble difficile d'échapper à l'influence de Monsieur Secouelapoire. 😀

Merci pour votre réponse!

Le fait que ce monde fonctionne signifie-t-il qu'il n'est pas fou? La folie ne mène pas forcément au dysfonctionnement, d'ailleurs, chez Shakespeare, le fou (ou celui qui feint de l'être) est souvent celui qui a le raisonnement le plus juste.

Alice apparaît comme une oeuvre très complexe. J'ai aussi entendu dire que c'était fondé sur le jeu d'échec, que chaque action équivaut à celle du mouvement d'une pièce sur l'échiquier, mais je crois qu'il faudrait un spécialiste de la littérature et des échecs pour m'expliquer tout cela. S'il y en a un qui passe par là et qui a pitié d'une éléphante de poche…
Oui ,peut-être

J'avais une prof qui enseignait "l'amour dans le roman" : elle avait pris une œuvre de Colette, une de Gide , une de Proust….Pour Proust , elle avait fait venir un monsieur (je ne sais plus du tout quel était son statut) qui nous avait expliqué que l'œuvre de Proust était construite comme une musique (notes, clés, …)
Je lis mal le solfège mais j'aime beaucoup chanter (je retiens facilement une mélodie). Je m'étais accrochée pour suivre, beaucoup bayaient (discrètement) aux corneilles.

Je suis prête à croire que l'histoire d'Alice suive un jeu d'échecs, son créateur ayant un esprit avant tout logique.

Mais alors, si c'est cela, quel rapport avec Shakespeare et la Bible ?
Il y a sûrement beaucoup de choses dans Alice, pas seulement les échecs.

Il faudrait que je trouve des documents analysant tout cela. Il doit bien y avoir quelques thèses universitaires sur le sujet.
Pour le jeu d'échecs, c'est du côté de Through the Looking-Glass qu'il faut regarder. L'auteur explique lui-même ce qui se passe au tout début.
Wikipédia renvoie à cette thèse: https://www.nlc-bnc.ca/obj/s4/f2/dsk2/tape15/PQDD_0006/NQ34258.pdf
Merci Sfdd

me voici rassurée !! 🙂
Je me souvenais en effet qu'il y avait un jeu d'échec dans De l'autre côté du miroir", mais, pour y voir bien clair, il faut sans doute être meilleur que moi aux échecs 😀
Merci pour le lien !