Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres - Le dernier mot qu’il ait prononcé…

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour !

A la fin de Au cœur des ténèbres de Conrad, ce dernier dit :
Le dernier mot qu'il ait prononcé, c'est … votre nom¹.
Et la petite note de bas de page dit ceci :
Marlow substitue donc «votre nom» à «L'horreur ! », ce qui laisse flotter une ambiguïté importante. D'un côté, il cède à la pression de la Promise qui lui a arraché un mensonge utile au travail du deuil tel qu'elle le conçoit : pleurer son grand homme jusqu'à la fin de ses jours et vivre comme un fantôme. D'un autre côté, la logique simple du texte remplace « L'horreur ! » par « votre nom », laissant entendre que c'est cela qui fait horreur à Marlow, qui le met en colère ; et c'est pourquoi il lui faudra faire son récit sur la Nellie, pour exorciser le mensonge utile par une fiction qui fait place à la vérité.
Je comprend qu'il ait fait ça pour faciliter le travail de deuil de la Promise. Cependant je ne comprend pas le reste, est-ce que le fait que son mensonge implique la relation suivante : votre nom = L'horreur est la cause de sa colère ? Et sa colère serait la cause de tout son discours ? Je trouve cela un peu tiré par les cheveux.
Bonsoir,

Marlow a bien fait un pieux mensonge pour épargner les sentiments de la vieille fiancée. Il eût été cruel de sa part de détruire chez cette femme l'attente de toute sa jeunesse et sa foi en Kurtz.
Mais Marlow a aussi voyagé au coeur des ténébres, les derniers mots de la nouvelle ; il a expérimenté l'horreur de l'âme humaine. Il a aussi paradoxalement admiré la sauvagerie de Kurtz. Il doit à la vérité de révéler la noirceur diabolique du personnage qui l'a contaminé. Il ne peut donc en rester à la version lénifiante livrée à la fiancée. Il doit restituer "l'horreur" de la croisière et du voyage intérieur.
On peut d'ailleurs noter que Conrad a souvent utilisé le thème du rachat : voir Lord Jim ou Sous les Yeux d'Occident.
Bonjour,

Merci pour ta réponse, je pense avoir compris, t'accordes-tu à dire que la note de bas de page brouille un peu les pistes ?
Bonjour,

La note oublie de pointer sur le remords de Marlow et son besoin de retrouver l'estime de soi-même (ou d'obtenir la rémission de sa faute). Il ne faut pas oublier que Conrad est un Slave marqué par la mystique de sa terre. Dans cette nouvelle comme dans Sous les Yeux d'Occident il se montre proche de Dostoïevski.
Marlow comme Raskolnikov est taraudé par son mensonge. Il doit s'en libérer par l'aveu.
D'accord,

Merci pour toutes ces explications ça donne vraiment envie de lire un peu plus de Conrad et de Dostoïevski aussi donc

Bonne soirée !