Bonjour !
Je suis étudiant en licence (ici on appelle ça bachelier en fait, je suis en Belgique) de philosophie. J'ai 27 ans, j'ai repris les études après plusieurs années de travail à l'étranger, etc (je n'ai que le diplôme du secondaire). J'ai terminé cette année ma première année de licence en philosophie. Je suis globalement satisfait de mes résultats pour quelqu'un resté si longtemps hors parcours scolaire.
J'ai deux examens à repasser en août, et j'a une moyenne de 12,5. Je suis donc sûr de passer en deuxième (je vais décrire en long et en large le fonctionnement du système académique belge, sauf s'il y a des curieux/se) On n'a pas de classement des élèves, mais comme on est très peu, je sais que je suis parmi les 3-4 meilleurs. Peu importe d'ailleurs, mais me comparer aux autres m'aide aussi à me situer, savoir où j'en suis. Retourner à l'université m'a obligé à affronter beaucoup d'insécurités personnelles sur mes capacités, etc.
Sauf qu'en fait, j'ai assez peu travaillé cette année. Globalement, à part pour un travail final sur lequel j'ai beaucoup travaillé (j'ai eu 17), j'ai pu me contenter d'aller aux cours, prendre des notes et réviser trois-quatre jours avant un examen et j'ai eu d'assez bons points (et la moyenne dans certains qui m'intéressaient moins). Les deux qui me restent, c'est un échec pour de vrai et un que j'ai juste "signé" dans une période de démotivation où je n'arrivais pas à me concentrer. Là je suis en vacances et je m'ennuie un peu, car je les ai déjà pratiquement préparés.
Du coup, je me dis que si je travaillais pour de vrai, je pourrais vraiment montrer de quoi je suis capable. Pouvoir retenter ma chance à l'université est la plus belle chose qui me soit arrivée, parce que ça me correspond parfaitement. Je veux avoir des points dont je suis fier et m'ouvrir des perspectives pour l'avenir, dans le domaine universitaire. Et plus largement, la philo c'est quelque chose que je vis au quotidien, donc m'y investir davantage tombe sous le sceau de l'évidence. Je sais que j'ai une grande capacité de travail, à condition de la stimuler et de l'entretenir. Cependant, j'ai quelques soucis que je ne parviens pas à dépasser et qui m'empêchent de faire cette sorte de saut "qualitatif", du mec qui fait le job à au mec qui prend vraiment les choses au sérieux et qui se "donne à fond", comme on dit.
1/ Evidemment, étant à l'université, je n'ai aucun encadrement. Et pire, pendant les périodes de vacances, rien pour m'imprimer un rythme. J'ai un peu cherché à fréquenter des étudiant/e/s plus "sérieux/se/s", mais vu la différence d'âge j'ai un peu de mal à lier des amitiés, j'ai l'impression de ne pas du tout raisonner de la même façon qu'eux/elles. Le campus est minuscule, et les bibliothèques sont très peu ouvertes en été. Parfois, je travaille dans des cafés pour ne pas rester chez moi, mais ça revient vite cher (mais ça fonctionne assez bien). J'ai toujours eu l'habitude que le rythme vienne d'ailleurs. Chez moi, c'est le calme, l'aléatoire, le repos. D'autant plus que je vis dans un espace réduit.
Comment peut-on faire pour imprimer un rythme de travail relativement strict sans s'enfermer dans un cycle de procrastination/remords/auto-flagellation qui ne nous avance pas bien loin ?
2/ Les cours à l'université sont très bien, mais on n'a évidemment pas le temps de tout voir, et beaucoup de choses mériteraient un approfondissement. Parfois, le prof abandonne carrément un chapitre par manque de temps. Sauf que le chapitre en question m'intéresse, mais avancer par soi-même, ce n'est pas tout à fait pareil. Beaucoup de domaines m'intéressent en philosophie, parfois des choses plus précises, ou parfois j'aimerais pouvoir couvrir un auteur qui a tout simplement été mis de côté parce que je pense qu'il me sera utile.
Cependant, là encore, sans guidance aucune, j'ai du mal à m'en sortir. Est-ce que vous avez des idées pour compléter le programme d'une année, pour aller plus loin, sans se laisser déborder par l'accessoire ? J'aimerais beaucoup approfondir mon cours de philosophie des sciences, par exemple. Mais quand je commence, je rentre dans des "détails" tels que je perds beaucoup de temps sur des choses un peu accessoires (en tous cas au point où j'en suis dans mes études).
Savez-vous comment organiser un travail autodidacte en complément de l'université ?
3/ Un truc qui m'a posé problème au cours de l'année, c'est l'équilibre vie sociale/cours. Mes amis et moi sortons souvent en ville (dans les bars, ce genre de trucs), ça finit tard, ça fait mal au crâne, etc. C'était facile quand je travaillais, parce que j'assumais et j'étais à mon poste à l'heure dite. Mais sans cela, j'ai beaucoup de mal à poser des limites pour que cela n'arrive plus. J'ai un peu peur que si je travaille davantage, je ne puisse plus voir mes amis que pour un sandwich à midi si on arrive à se croiser.
Un truc qui me permet d'avancer, c'est cette idée que pour être heureux, il faut apprendre à changer ses désirs plutôt qu'à changer le monde (coucou René). La vraie question pour moi, ce n'est pas de savoir comment jongler tout le temps avec les amis et l'étude, mais plutôt comment apprendre à préférer l'étude aux amis. Quand je rentre à 21 heures, je me sens un peu idiot d'être chez moi tout seul alors que les autres passent un bon moment entre eux. Pourtant, je sais que c'est le prix à payer, mais je n'ai pas ce déclic qui me fait me dire "ben oui, c'est comme ça, tant pis".
Est-ce que l'un/l'une d'entre vous a une expérience similaire ? Qu'en avez vous fait ? Je ne cherche pas une consultation de psycho, hein 🙂 Simplement de savoir comment ça se passe pour les autres.
Voilà ! Désolé pour ce très long message. Merci d'avoir lu (jusqu'au bout ou non). J'espère que ça ne sonne pas pompeux de dire, en gros : « oui pour moi l'université c'est trop limité », ce n'est pas du tout le cas. Ce que je veux dire c'est plutôt que je peux faire mieux que ce qu'on attend de moi et que j'en ai envie. Je pourrais tout à fait continuer avec des points similaires à ceux que j'ai eu jusque là mais je n'en serais jamais fier.
Je m'arrête là. Merci encore et une belle soirée/journée à vous tous et toutes 🙂
Je suis étudiant en licence (ici on appelle ça bachelier en fait, je suis en Belgique) de philosophie. J'ai 27 ans, j'ai repris les études après plusieurs années de travail à l'étranger, etc (je n'ai que le diplôme du secondaire). J'ai terminé cette année ma première année de licence en philosophie. Je suis globalement satisfait de mes résultats pour quelqu'un resté si longtemps hors parcours scolaire.
J'ai deux examens à repasser en août, et j'a une moyenne de 12,5. Je suis donc sûr de passer en deuxième (je vais décrire en long et en large le fonctionnement du système académique belge, sauf s'il y a des curieux/se) On n'a pas de classement des élèves, mais comme on est très peu, je sais que je suis parmi les 3-4 meilleurs. Peu importe d'ailleurs, mais me comparer aux autres m'aide aussi à me situer, savoir où j'en suis. Retourner à l'université m'a obligé à affronter beaucoup d'insécurités personnelles sur mes capacités, etc.
Sauf qu'en fait, j'ai assez peu travaillé cette année. Globalement, à part pour un travail final sur lequel j'ai beaucoup travaillé (j'ai eu 17), j'ai pu me contenter d'aller aux cours, prendre des notes et réviser trois-quatre jours avant un examen et j'ai eu d'assez bons points (et la moyenne dans certains qui m'intéressaient moins). Les deux qui me restent, c'est un échec pour de vrai et un que j'ai juste "signé" dans une période de démotivation où je n'arrivais pas à me concentrer. Là je suis en vacances et je m'ennuie un peu, car je les ai déjà pratiquement préparés.
Du coup, je me dis que si je travaillais pour de vrai, je pourrais vraiment montrer de quoi je suis capable. Pouvoir retenter ma chance à l'université est la plus belle chose qui me soit arrivée, parce que ça me correspond parfaitement. Je veux avoir des points dont je suis fier et m'ouvrir des perspectives pour l'avenir, dans le domaine universitaire. Et plus largement, la philo c'est quelque chose que je vis au quotidien, donc m'y investir davantage tombe sous le sceau de l'évidence. Je sais que j'ai une grande capacité de travail, à condition de la stimuler et de l'entretenir. Cependant, j'ai quelques soucis que je ne parviens pas à dépasser et qui m'empêchent de faire cette sorte de saut "qualitatif", du mec qui fait le job à au mec qui prend vraiment les choses au sérieux et qui se "donne à fond", comme on dit.
1/ Evidemment, étant à l'université, je n'ai aucun encadrement. Et pire, pendant les périodes de vacances, rien pour m'imprimer un rythme. J'ai un peu cherché à fréquenter des étudiant/e/s plus "sérieux/se/s", mais vu la différence d'âge j'ai un peu de mal à lier des amitiés, j'ai l'impression de ne pas du tout raisonner de la même façon qu'eux/elles. Le campus est minuscule, et les bibliothèques sont très peu ouvertes en été. Parfois, je travaille dans des cafés pour ne pas rester chez moi, mais ça revient vite cher (mais ça fonctionne assez bien). J'ai toujours eu l'habitude que le rythme vienne d'ailleurs. Chez moi, c'est le calme, l'aléatoire, le repos. D'autant plus que je vis dans un espace réduit.
Comment peut-on faire pour imprimer un rythme de travail relativement strict sans s'enfermer dans un cycle de procrastination/remords/auto-flagellation qui ne nous avance pas bien loin ?
2/ Les cours à l'université sont très bien, mais on n'a évidemment pas le temps de tout voir, et beaucoup de choses mériteraient un approfondissement. Parfois, le prof abandonne carrément un chapitre par manque de temps. Sauf que le chapitre en question m'intéresse, mais avancer par soi-même, ce n'est pas tout à fait pareil. Beaucoup de domaines m'intéressent en philosophie, parfois des choses plus précises, ou parfois j'aimerais pouvoir couvrir un auteur qui a tout simplement été mis de côté parce que je pense qu'il me sera utile.
Cependant, là encore, sans guidance aucune, j'ai du mal à m'en sortir. Est-ce que vous avez des idées pour compléter le programme d'une année, pour aller plus loin, sans se laisser déborder par l'accessoire ? J'aimerais beaucoup approfondir mon cours de philosophie des sciences, par exemple. Mais quand je commence, je rentre dans des "détails" tels que je perds beaucoup de temps sur des choses un peu accessoires (en tous cas au point où j'en suis dans mes études).
Savez-vous comment organiser un travail autodidacte en complément de l'université ?
3/ Un truc qui m'a posé problème au cours de l'année, c'est l'équilibre vie sociale/cours. Mes amis et moi sortons souvent en ville (dans les bars, ce genre de trucs), ça finit tard, ça fait mal au crâne, etc. C'était facile quand je travaillais, parce que j'assumais et j'étais à mon poste à l'heure dite. Mais sans cela, j'ai beaucoup de mal à poser des limites pour que cela n'arrive plus. J'ai un peu peur que si je travaille davantage, je ne puisse plus voir mes amis que pour un sandwich à midi si on arrive à se croiser.
Un truc qui me permet d'avancer, c'est cette idée que pour être heureux, il faut apprendre à changer ses désirs plutôt qu'à changer le monde (coucou René). La vraie question pour moi, ce n'est pas de savoir comment jongler tout le temps avec les amis et l'étude, mais plutôt comment apprendre à préférer l'étude aux amis. Quand je rentre à 21 heures, je me sens un peu idiot d'être chez moi tout seul alors que les autres passent un bon moment entre eux. Pourtant, je sais que c'est le prix à payer, mais je n'ai pas ce déclic qui me fait me dire "ben oui, c'est comme ça, tant pis".
Est-ce que l'un/l'une d'entre vous a une expérience similaire ? Qu'en avez vous fait ? Je ne cherche pas une consultation de psycho, hein 🙂 Simplement de savoir comment ça se passe pour les autres.
Voilà ! Désolé pour ce très long message. Merci d'avoir lu (jusqu'au bout ou non). J'espère que ça ne sonne pas pompeux de dire, en gros : « oui pour moi l'université c'est trop limité », ce n'est pas du tout le cas. Ce que je veux dire c'est plutôt que je peux faire mieux que ce qu'on attend de moi et que j'en ai envie. Je pourrais tout à fait continuer avec des points similaires à ceux que j'ai eu jusque là mais je n'en serais jamais fier.
Je m'arrête là. Merci encore et une belle soirée/journée à vous tous et toutes 🙂



