Bonjour,
je crée ce post pour vous demander votre aide à propos de ce texte que je trouve extrêmement compliqué.
Le problème c'est que je ne comprends pas très bien les enjeux de ce texte. Cependant, j'ai compris que le temps jouait un rôle très important. Mais aussi l'évolution de la sonnerie et de la mort d'Archimède. Bien sûr, il y a une absence de ponctuation mais je ne sais pas comment l'interpréter.
Merci d'avance pour votre aide.
je crée ce post pour vous demander votre aide à propos de ce texte que je trouve extrêmement compliqué.
Le problème c'est que je ne comprends pas très bien les enjeux de ce texte. Cependant, j'ai compris que le temps jouait un rôle très important. Mais aussi l'évolution de la sonnerie et de la mort d'Archimède. Bien sûr, il y a une absence de ponctuation mais je ne sais pas comment l'interpréter.
Merci d'avance pour votre aide.
Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France de Blaise Cendrars (1950)
Tous les visages entrevus dans les gares
Toutes les horloges
L’heure de Paris l’heure de Berlin l’heure de Saint-Pétersbourg et l’heure de toutes les gares
Et à Oufa, le visage ensanglanté du canonnier
Et le cadran bêtement lumineux de Grodno
Et l’avance perpétuelle du train
Tous les matins on met les montres à l’heure
Le train avance et le soleil retarde
Rien n’y fait, j’entends les cloches sonores
Le gros bourdon de Notre-Dame
La cloche aigrelette du Louvre qui sonna la Barthélemy
Les carillons rouillés de Bruges-la-Morte
Les sonneries électriques de la bibliothèque de New-York
Les campanes de Venise
Et les cloches de Moscou, l’horloge de la Porte-Rouge qui me comptait les heures quand j’étais dans un bureau
Et mes souvenirs
Le train tonne sur les plaques tournantes
Le train roule
Un gramophone grasseye une marche tzigane
Et le monde, comme l’horloge du quartier juif de Prague, tourne éperdument à rebours.
Effeuille la rose des vents
Voici que bruissent les orages déchaînés
Les trains roulent en tourbillon sur les réseaux enchevêtrés
Bilboquets diaboliques
Il y a des trains qui ne se rencontrent jamais
D’autres se perdent en route
Les chefs de gare jouent aux échecs
Tric-trac
Billard
Caramboles
Paraboles
La voie ferrée est une nouvelle géométrie
Syracuse
Archimède
Et les soldats qui l’égorgèrent
Et les galères
Et les vaisseaux
Et les engins prodigieux qu’il inventa
Et toutes les tueries
L’histoire antique
L’histoire moderne
Les tourbillons
Les naufrages
Même celui du Titanic que j’ai lu dans le journal
Autant d’images-associations que je ne peux pas développer dans mes vers
Car je suis encore fort mauvais poète
Car l’univers me déborde
Car j’ai négligé de m’assurer contre les accidents de chemin de fer
Car je ne sais pas aller jusqu’au bout
Et j’ai peur.



