Quels livres faire lire aux élèves ?
57 réponses · Page 1 / 3
Bonjour à tous.
Je suis nouvelle ici. Je viens d'avoir mon premier poste en Suisse, où j'habite et je suis un peu désemparée. J'ai une classe qui correspond à des 4ème français qui est un peu difficile, ce que je savais, mais pour qui la lecture est un vrai fléau…
Quel livre lisez-vous en 4ème? Nous avons commencé par La Mare au Diable selon notre programme cantonal, mais c'est un peu galère… Alors je réfléchis déja à la suite parce que j'aimerais tellement leur faire partager l'amour de la lecture, avec tout ce que ça apporte.
Donc ce message est pour recharger mes batteries et avoir des témoignages de livres qui vous ont marqués et dont vous gardez un bon souvenir. J'espère que je suis dans la bonne partie du forum.
A bientôt.
Bienvenue!
En France, une grande thématique du programme des quatrièmes est le fantastique. Ce qui permet par exemple de lire du Maupassant.
J'ai aussi fait Les Misérables (en version abrégée) Je n'ai plus trop tout ça en tête, en fait.
Séb
En 4ème j'ai étudié La planète des Singes de Pierre Boulle, et bien que personne n'était motivé pour lire, ça a tout de même bien plu, vu que ça avait permis à la prof de faire des comparaisons livres/adaptations cinématographiques, et que la SF plaît mieux en général 😜
Je ne me rappelle plus trop des programmes, mais j'avais aussi étudié des nouvelles de Théophile Gautier et de Maupassant, pour le fantastique, et ça avait été moins apprécié.
Pour ce qui est de ma part, mes profs m'ont fait lire pas mal d'uvrages.
Mais il est important de savoir que c'était une classe de "looseur" donc quand on ne voulait pas lire….
Le prof a néanmoins trouvé différents moyens pour nous motiver:
-lire un livre et rencontrer l'auteur (pas pour les classiques forcément )
-lire un livre et essayer de modifier l'histoire à la manière de (comme cela tu fais un exercice rédaction")
-lire un livre et aller voir une expo sur l'auteur
Bref. Il y a quand même pas mal de trucs qui motivent les élèves. Évidemment, il y aura toujours des gens qui ne liront pas.
Je ne réponds pas trop à ta question mes je 'apporte un p'tit témoignage tant que mes souvenirs du secondaire sont encore (vaguement)là.
un p'tit conseil encore: je sais que c'est pas toujours facile mais évite de faire une interrogation sur le livre: j'adorais lire mais quand je savais qu'il y avait un test à la clé, je n'aimais quasiment jamais le livre en question.
Très simple :
1) Avant de donner à lire à toute la classe, il faut être comédien. Présenter l'auteur comme on raconte un conte près du feu. Fasciner, voilà la première approche.
2) Donner une date butoir.
3) Quand la date arrive, le lire à la classe. Par étapes.
4) Procéder à une lecture analytique.
5) terminer en regardant le film adapté.
Des exemples pour ado : Des livres de science-fiction, Ray Bradbury (Fahrenheit 451 est un très bon exemple : société où le livre est interdit, ses conséquences sur l'homme…), Edgar Poe, Maupassant, Mérimée, Hoffmann, surtout pas Hugo ! (car il faut un contexte historique pesant), Stephen King, Perrault, Buzzati, Stevenson, Borgès, Lovecraft pourquoi pas ; en France, Villiers de l'Isle Adam, Baudelaire et ses contes en prose, Cazotte, Nodier…
On s'est tjrs demandé pq la littérature fantastique avait cette richesse qui attirait en particulier les ados : parce que la littérature fantastique joue avec nos émotions, plus que tout autre genre. D'ailleurs, plus qu'un genre, il s'agit d'un indice, d'une pulsion. L'envie d'ailleurs peut en être une. Le fantastique qui puise son essence dans la peur de l'inconnu peut construire l'adolescent et le sublimer : car en lisant des récits qui font peur, on arrive peu à peu à contrôler nos émotions. On l'affronte mieux dans la réalité. Belle catharsis que n'ont pas compris la majorité des professeurs, des universitaires qui nous pondent un programme austère, loin des préoccupations des étudiants. Attention, il ne faut pas s'adapter à l'élève, il faut le comprendre. Nuance.
Jérémy a écrit :Très simple :
Ah bon? Que c'est beau et bien écrit… j'ai juste une ou deux questions: comment fais-je avec des élèves dont une bonne majorité a du mal à déchiffrer et à comprendre des phrases complexes? comment fais-je lorsque les élèves n'ont même pas acheté le bouquin et ne l'ont même pas avec eux même s'il a été prêté par le CDI?
D'autre part, lire un bouquin en classe: je ne vois pas très bien comment c'est matériellement possible…
Enfin bon, c'est avec ce genre de préceptes à l'emporte-pièces que l'on avance à grands pas vers une démagogie terrible…
Séb
Catwalk a écrit :Jérémy a écrit :Très simple :
comment fais-je avec des élèves dont une bonne majorité a du mal à déchiffrer et à comprendre des phrases complexes? comment fais-je lorsque les élèves n'ont même pas acheté le bouquin et ne l'ont même pas avec eux même s'il a été prêté par le CDI?
1) C'est le travail du professeur.
2) Un point à retirer de la note de lecture si le livre n'est pas à porter de main. Tu verras que les livres comme par hasard seront là, comme de gentils petits pains.
Mais cela confère un travail de la part du professeur à établir au préalable : vérifier si les livres sont là, sur le marché, demander aux élèves ce qu'ils veulent commander et c'est au professeur de commander lui-même les livres, il les donnera aux élèves. Il faut s'y prendre deux semaines à l'avance facile.
Question de gestion.
Jérémy a écrit :Catwalk a écrit :Jérémy a écrit :Très simple :
comment fais-je avec des élèves dont une bonne majorité a du mal à déchiffrer et à comprendre des phrases complexes? comment fais-je lorsque les élèves n'ont même pas acheté le bouquin et ne l'ont même pas avec eux même s'il a été prêté par le CDI?
1) C'est le travail du professeur.
2) Un point à retirer de la note de lecture si le livre n'est pas à porter de main. Tu verras que les livres comme par hasard seront là, comme de gentils petits pains.
Mais cela confère un travail de la part du professeur à établir au préalable : vérifier si les livres sont là, sur le marché, demander aux élèves ce qu'ils veulent commander et c'est au professeur de commander lui-même les livres, il les donnera aux élèves. Il faut s'y prendre deux semaines à l'avance facile.
Question de gestion.
Merci de me rappeler quel est mon travail…
Quand je parlais de démagogie, je n'étais pas loin… Tu crois sincèrement que je ne fais pas ça, déjà? Allez, un élève qui aligne les zéros et se fout littéralement 'en avoir un de plus ou un de moins, crois-moi, il ne lira pas ton livre!!! Point-barre!!!
J'ai déjà commandé des livres pour les élèves. C'est un vrai foutoir et c'est, de toute façon, illégal désormais de collecter de l'argent en classe. Je ne parle même pas de ceux qui n'amèneront jamais l'argent…
Non, faire lire un bouquin aux élèves, c'est un défi colossal… J'indique d'ailleurs que cela ne doit pas être si simple puisque j'ai entendu des inspecteurs préconisant certains allègements dans les programmes de lectures du secondaire, et notamment le collège…
Séb
Dans ce cas, je te prie de me pardonner. J'ai volontairement voulu être péremptoire pour que tu me donnes tes 4 vérités. J'y vois à présent plus clair. Je passe le Capes cette année, mais j'y vais à reculons. Merci.
Tu aurais pu être plus clair alors car j'ai senti que j'allais m'énerver une vielle de pré-rentrée et ça, c'est très très mauvais pour mon petit coeur 😉
Je le répète: faire lire relève souvent de la gageure. Ce sera ma huitième rentrée demain et, malgré tout, j'ai des exemples à la pelle. Par exemple, cette année, j'ai déjà tout prévu. Le mois où les élèves doivent acheter le livre et puis le mois quand il faut le lire… Sur la liste de fournitures scolaires (bonjour M. Darcos), on a indiqué qu'il fallait prévoir un investissement de 10 euros pour des bouquins dans l'année. Et ben, je suis sûr que des parents vont venir me faire remarquer que, non, on ne va pas acheter les bouquins par ce que, en fait, il y en a finalement pour 13 euros… Je ne parle pas des élèves vivant dans une misère noire mais qui arbore fièrement leurs téléphones (dont certains coûtent le 1/5ème de ma paye; j'ignorais même qu'il y avait des téléphones à ce prix) et lecteurs MP3…
Alors, si tu passes le CAPES, bon courage pour le concours… Ensuite, c'est un peu tout sauf la bonne parole IUFMesque… J'ai perdu beaucoup d'illusions déjà et, il faut le dire, dans mon malheur, j'ai effectué ma première année comme titulaire avec des élèves exceptionnels alors la suite ne peut être que désenchantement… Il faut se battre souvent pour des futilités, des bricoles… Et si j'ai la réputation d'être "cool", mes élèves savent aussi qu'il ne faut pas me chercher car la première chance est la première chance et il n'y en aura pas de seconde… Ce qui est affligeant, c'est le niveau des élèves en matière d'écriture et de lecture… Alors, après, faire lire 9 bouquins comme le recommandent les programmes (et comme un inspecteur me l'a dit), c'est de l'utopie totale!!!
J'ai déjà posté sur le sujet, mais, cette année, on a une pseudo réforme sur l'enseignement de la grammaire. Peut-être, peut-être pas. C'est écrit dans certains textes, pas repris dans d'autres, repris dans la circulaire de rentrée, pas repris car les documents qui devaient accompagner cette reforme ne sont pas encore publiés… Oui, il faut plutôt se démener comme on peut…
J'indique, pour ne pas noircir le tableau, que j'ai été prof en ZEP (ZEP dure, "auditée" par une inspection générale), en milieu rural (poste APV en ce moment), centre-ville… Un panel assez large mais un constat similaire…
Et, pour positiver, malgré tout, j'adore ce boulot car c'est, précisément, un défi permanent. Il faut emmener un maximum d'élèves vers l'émulation. Une heure de cours ne ressemblera jamais à une autre… C'est aussi palpitant… Disons que je me sens plus professeur tout court que professeur de français.
Séb
Je te félicite et te souhaite bien du courage, du bonheur, pour cette année. J'en suis à me demander sérieusement si je ne devrais pas me réorienter vers une fillière commerciale… Je l'avoue… A moins d'aller jusqu'au doctorat et encore… Prof à l'université ? Hm… Ne pas contourner le probleme, ne pas contourner le probleme…
Jérémy a écrit :JProf à l'université ?
Je me suis laissé dire que, même à la Fac, ce genre de problèmes se posait parfois… Ce sont des enseignants du supérieur qui me l'ont dit, très dépités… Je vous rappelle que, dans certaines facs, il y a des contrôles de maîtrise de la langue française avant d'entrer en fac de lettres… C'est dire où nous en sommes arrivés!!! Mais bon, des problèmes de fournitures scolaires et autres problèmes de fond subliminaux accaparent manifestement davantage nos grands dirigeants…
Séb qui arrête sur ce sujet car il a complètement détourné le sujet du sujet (?!) et il s'en excuse…
C'est dur à dire, mais il faut "jouer les policiers"
Il faut sévir. Punir, retirer des points, convoquer les parents… Les moyens sont multiples. Surtout, il faut leur faie comprendre dès le départ quelles sont leurs obligations. Ils doiven savoir que le fait d'avoir leur matériel est indispensable et que ce n'est pas facultatif.
Merci de ce débat! Trés intéressant…
Je vais essayer de leur donner envie de lire ce livre et d'autre. Peut-être faire ce qu'on fait avec des plus jeunes genre rallye-lecture.
En tout cas, merci 1000x pour ces conseils. On va y arriver, et même si ce n'est pas toute la classe, je me dis que si j'arrive à en intéresser un, j'aurais déja servi à quelque chose…
Bonjour K@,
En 4° j'ai évidement étudié le fantastique (qui n'as pas eu beaucoup de succès dans ma classe), mais je me souviens avoir aussi étudié 3 pièces de Molière. Notre prof avait choisi des pièces non versifiées ("L'avare", "Les Fourberies de Scapin" et "Le médecin malgré lui") pour nous simplifier la compréhension des textes, mais cela lui avait permis de nous donner quelques bases sur les registres et toutes les notions qui se réfèrent au théâtre (en + d'un vocabulaire certain). La séquence sur le théâtre a eu beaucoup de succès et s'est clôturée par une représentation de "Les Fourberies de Scapin".
Bonne continuation!
Bonjour,
En 4ème, j'ai également étudié le fantastique ("Le horla" de Maupassant). J'avais aussi lu, "Des souris et des hommes" de Steinbeck, "Sa majesté des mouches" de Golding, du théâtre, avec "Le Cid" de Corneille.
Ces oeuvres m'avaient bien plu.
"La Horla", ma bête noire! Je l'ai aussi lu en 4° et je crois que c'est ce qui a fait naître en moi … comment dire… une certaine aversion pour Maupassant… :/
Ah, et aussi (ça me revient!), nous avions étudié "Poèmes à Lou" d'Apollinaire, mais nous étions vraiment trop jeunes pour cela… :/ :/ :/
J'ai redécouvert ce recueil cette année en 1°…
Bonjour,
Je me permets de m'immiscer dans la discussion car je cherchais justement des informations à ce sujet.
Quels livres choisir pour étudier avec une élève de 4 è en difficulté?
J'ai pensé choisir un roman, "Pur chèvre" de Dominique Souton, "Deux graines de cacao" ou bien encore "Le poney rouge" de John Steinbeck, puis une pièce de théâtre, une comédie comme le bourgeois gentillhomme par exemple, et troisièmement un livre de fiction, par exemple un livre de Ray Bradbury, mais j'ai peur que ce dernier auteur soit un peu complexe.
Qu'en pensez vous?
Ce choix est-il judicieux? Je voudrais des conseils sur la difficulté des livres, sur le style, et aussi sur le nombre. (Trois livres pour l'année me semble être un bon nombre, est-ce que je me trompe?).
Je précise que cette élève n'est pas scolarisée, en effet elle sort d'un cursus SEGPA et n'est pas acceptée à l'école dans la voie générale, hors elle ne veut pas rentrer si jeune dans le monde du travail.
Je vous remercie par avance de vos conseils.
Pourquoi ne pas la laisser choisir? Je le fais avec des classes de 5ème et de 4ème . La consigne est la suivante : choisir un roman adapté à votre âge (pas de Oui-Oui à la mer…). Le complte-rendu se fait sous forme de dessin! je leur demande de parler du livre en résumant ce qu'ils ont retenu oralement et de présenter une illustration sous forme de dessin ou de collage qui soit représentatif du roman (une ou plusieurs scènes, des éléments représentatifs de l'histoire, le ou les personnages…). Ils doivent évidemment justifier leur chois d'illustration. Cela à l'avantage de les obliger à parler sans notes.
Pour information , les programmes officiels préconisent la lecture d'au moins 9 livres par an (en étude, par extraits, ou en lecture simple).
Bonsoir,
Je vous remercie pour votre réponse.
J'avais aussi pensé à cette éventualité, mais ce n'est pas évident de laisser choisir quelqu'un qui n'a vraiment pas l'habitude de lire… De plus, est-ce que le choix doit être 100 % libre?
Ou bien il faut un peu "cadrer" le choix?
Oui les 9 ouvrages par an, je sais que les recommandations officielles préconisent cela, je ne sais pas s'il me sera possible d'atteindre ce chiffre, mais en fait dans ma question je n'ai pas précisé, je parlais des livres d'études en tant qu'oeuvres complètes, pas de lecture libre ou de lecture d'extraits…
Est ce que les recommandations officielles précisent quelque chose à ce sujet? Est ce qu il faut par exemple que les livres choisis couvrent 3 siècles, ou plusieurs genres différents préalablement définis… ? J'ai vu qu'il y a presque toujours un livre fantastique, est-ce un choix des enseignants ou non?
Je pense qu'il faut que je choisisse quelques livres que l'on étudiera, plus la laisser choisir des livres dont les comptes rendus se feront à l'oral. L'idée du dessin est pas mal, cela doit permettre d'aider à s'exprimer lorsqu'il y a quelques difficultés à organiser sa pensée.
Autres questions : combien d'heures de français par semaine?
quel ouvrage conseillez vous ? J'aime bien "la plume et les mots", même s'il est un peu ancien, et aussi les livres de grammaire de la collection plus que parfait, de Bordas je crois.