Bonjour à tous,
Dans la phrase suivante, ne vaudrait-il pas mieux écrire : ne trouvait rien de mieux que d'aller… ?
un jeune homme de vingt ans qui ne trouvait rien mieux que d’aller rejoindre Cocteau à chaque fois que Gide se montrait trop pressant…
Merci d'avance pour votre réponse 🙂
bonjour Comedo
J'ai voulu répondre trop vite à ta question (ayant mal lu les deux phrases)
Il me semble que ta version est plus courante mais l'autre doit-être également possible.
Je te réponds hâtivement ,tu auras des intervenants qui seront beaucoup plus précis 🙂
Tu oublies un 'de', relis.
EDIT :
Quand on modifie son texte, il faut le préciser en 'edit'.
:/
Normalement, il faut le de : rien de bon, rien de mieux, rien d'autre, etc…
Le Robert des difficultés signale cependant que la langue littéraire utilise parfois rien autre.
Alors, ce rien mieux est peut-être lui aussi une simple coquetterie littéraire.
Quel est l'auteur de cette phrase ?
Entendu aussi parfois, dans des provinces, et il ne s'agissait pas de "littéraires' .
pardon pour ma réponse hâtive et qui n'a pas repris les codes du site
🙂
Oui, la formule a des relents soit de textes anciens :
II n'est rien mieux à soy, que ce qui est donné.(l'Heptaméron)
soit de tournures populaires assez fréquentes sur la Toile :
-Si t'as rien mieux à faire tu peux toujours travailler Yamo!
-Pendant l'installation d'une mise à jour de mon ordi je n'ai rien mieux à faire que prendre en photo mon petit déj improvisé
-D'autres n'ont rien mieux à faire que de déverser leur jalousie sur les sites web au lieu de lire le bescherelle.
-Je veux dire des journalistes n'ont rien mieux à faire que s'acharner sur des jeunes filles de 20 ans ?
un jeune homme de vingt ans qui ne trouvait rien mieux que d’aller rejoindre Cocteau à chaque fois que Gide se montrait trop pressant…
Je pense aussi à
une tournure inversée qu'aurait intentionnellement employée un auteur plutôt opposé à Gide.
Difficile à transposer dans la phrase, mais dans ce genre :
"
Rien ne saurait être mieux que d'aller rejoindre Cocteau, à chaque fois que Gide se montre trop pressant…"
EDIT :
Non, en fait ce n'est pas inversé dans ma présentation.
EDIT2 :
Je penche plutôt pour une tournure provinciale. J'ai déjà entendu aussi "…rien plus que…"
Personnellement, je peux trouver la nuance suivante :
(1) -
Il ne trouvait rien de mieux que d’aller = il ne trouvait pas meilleure option que d’aller.
C’est le constat d’un pis-aller.
(
mieux modifie
rien)
(2) -
Il ne trouvait rien mieux que d’aller = il ne trouvait mieux rien que d'aller : ce qu'il aimait par-dessus-tout était d’aller.
C’est l’expression d’un goût.
(
mieux modifie le verbe)
Il me semble que la phrase (1) peut s’interpréter des deux façons (pis-aller / goût), alors que la (2) ne peut qu’exprimer un goût.
Il est une construction proche dans laquelle la présence ou l’absence de la préposition donnent des énoncés contraires.
Enfin, je devrais plutôt dire "donnaient des énoncés contraires", puisque la distinction tend à se perdre de nos jours, les deux locutions étant de plus en plus synonymes et signifiant le sens positif = tout à fait / absolument.
Voir la
note :
https://fr.wiktionary.org/wiki/rien_moins_queEt moi, il n'y a rien que j'aime plus que la barbe de trois jours me serait plus naturel.
Mais sinon, les observations de Katioucha me paraissent pertinentes.
Bonjour.
J’ai lu cette discussion hier, il y avait plusieurs points que je trouvais intéressants et que je voulais reprendre, mais ils ont été effacés. Il s’agissait notamment de cas où la construction avec la préposition était incorrecte. Pourriez-vous me les rappeler. En vous remerciant.
Cordialement.
Jules
Bonsoir, 🙂
Hmmm, a priori il n’avait pas été si clairement affirmé que la construction était incorrecte.
J’avais évoqué le verbe aimer*, en remarquant que je trouvais que ça sonnait moins bien avec la préposition que sans, en constatant que - atypiquement - les constructions sans de étaient plus nombreuses que celles avec dans GoogleLivres. Bref, quelques indices qui peuvent aller dans le sens de l’incorrection, mais à ce stade, point d’affirmation de ma part.
Je pense que ça vaut également pour le verbe savoir. Il y en a sans doute d’autres.
À mon avis il y a trois cas de figure :
- Des verbes qui acceptent les deux constructions sans nuances de sens.
- Des verbes qui acceptent les deux constructions avec nuances de sens.
- Des verbes qui n’acceptent pas (ou moins) la construction avec de (comme aimer ou savoir).
(Et puis finalement, peut-être aussi un 4e cas de figure : des verbes qui n’acceptent pas (ou moins) la construction sans de.)
* d’où la phrase de lamaneur qui reprend ce verbe, mais préfère avec icelui éviter la construction avec ne … rien (de) mieux que.
En passant, étant donné la suppression de plusieurs messages après mon commentaire 10 et celui de lamaneur (qui devait alors être non le 11e, mais le 14 ou 15e ), ce dernier tombe un peu comme un poil de barbe sur la soupe ! 😀 😜 🆒
Merci Katioucha pour votre réponse, je crois que vous aviez donné une explication sur le fait que la préposition "de" s’associait mal avec le verbe "aimer", mais je n'arrive plus à m'en souvenir. Pourriez-vous me la remémorer ?
Si on retient l’hypothèse selon laquelle :
(1) Dans
rien de mieux que =
mieux modifie
rien : Il n’est chose meilleure que.
(2) Dans
rien mieux que =
mieux modifie le verbe : Il n’y a rien que [verbe] mieux que
(1)
Je n’aime rien de mieux que manger de la soupe aux poils de barbe de trois jours.
??? Je n’aime pas chose meilleure que manger de la soupe…
(2)
Je n’aime rien mieux que manger de la soupe aux poils de barbe de trois jours.
Il n’y a rien que j’aime mieux que manger de la soupe…
Autant (2) est parfaitement correct, autant (1) est sinon complètement agrammatical en tout cas pas loin.
Avec
connaitre les deux sont possibles avec une nuance (plutôt une différence qu'une nuance d'ailleurs) de sens obligatoire :
(1)
Je ne connais rien de mieux que de manger…
Je ne connais meilleure chose que de manger…
(2)
Je ne connais rien mieux que de manger…
Il n’y a rien que je connaisse mieux que de manger
Bon, c'est clair qu'avec ce contexte ça fonctionne moyennement, mais le blocage est sémantique et non syntaxique - enfin, en fait il est un peu syntaxique aussi. Avec un substantif ça convient nettement mieux qu' avec un verbe ; je mets donc des substantifs pour montrer la nuance de sens entre les deux constructions :
(1 bis)
Je ne connais rien de mieux que la pêche à la mouche.
Je ne connais pas de meilleure chose que la pêche à la mouche.
(2 bis)
Je ne connais rien mieux que la pêche à la mouche.
Il n’y a rien que je connaisse mieux que la pêche à la mouche.
Avec le
trouver de la phrase de départ, les deux constructions fonctionnent avec une nuance de sens possible (et non obligatoire contrairement au cas précédent).
un jeune homme de vingt ans qui ne trouvait rien mieux que d’aller rejoindre Cocteau à chaque fois que Gide se montrait trop pressant…
(1)
Un jeune homme de vingt ans qui ne trouvait pas chose meilleure qu’aller…
(2)
Il n’y avait rien que ce jeune homme de vingt ans trouvait mieux qu’aller…
Dans ce cas et comme je l'avais indiqué plus haut, la phrase (1) peut aussi bien s'interpréter comme l'expression d'un goût que d'un pis-aller. La (2) ne pouvant exprimer qu'un goût.
Petit « avertissement », je ne sais pas pourquoi ce sujet t’intéresse, si c’est juste par curiosité, fais ce que tu veux de mes impressions, si c’est pour utiliser par exemple dans un devoir, vas-y avec moult moult précautions, ou bien affine les choses !Comedo a écrit :Bonjour à tous,
Dans la phrase suivante, ne vaudrait-il pas mieux écrire : ne trouvait rien de mieux que d'aller… ?
un jeune homme de vingt ans qui ne trouvait rien mieux que d’aller rejoindre Cocteau à chaque fois que Gide se montrait trop pressant…
Merci d'avance pour votre réponse 🙂
Si tu veux dire
rien mieux que de ne serait-il pas incorrect ?, la réponse est négative.
Le service du Dictionnaire de l'Académie française vient de répondre ceci à mon interrogation formulée à ce sujet il y a plusieurs jours :
L’usage préfère rien de mieux mais rien mieux n’est pas incorrect.