Anthologie poétique sur le thème des traditions et croyances

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je dois créer une anthologie poétique sur le thème des traditions et des croyances; mais j'ai beaucoup cherché et je ne trouve pas de poésies qui correspondent bien à mon thème.
Pourriez-vous m'en suggérer ? Merci d'avance !
Pourquoi alors avoir choisi ce thème ?


On croyait dans ces temps
Victor Hugo

Diane, ta coutume est de tout déchirer
Théodore Agrippa d'Aubigné

Us et coutumes
Claude JUGAN

En ce temps-là…
Bernard LANZA

En ce temps-là vivaient le Roi Charmant
Robert de BONNIÈRES (1850-1905)
Je pensais au contraire trouver de nombreuses poésies sur ce thème qui me semblait intéressant et assez original. Merci beaucoup pour votre aide mais je ne vois pas en quoi les poésies que vous me conseillez ont un rapport avec les traditions et croyances. J'aimerais qu'elles traitent de la diversité des cultures et des religions, d'exotisme…
C'est quand même vraiment gentil de vous être donné la peine de m'en conseiller; j'espère que vous en connaissez d'autres qui soient plus reliées à mon thème.
Merci encore !
Ancêtres

Grands visages surgis de la mémoire ancestrale
comme miroirs retrouvés après mille brisures
le blanc de l'oeil en abîme

grands visages dévisagés qui nous dévisagent
seuls témoins de nos gestes aveugles
face à nous-mêmes doubles d'ombre

grands visages de l'effroi zébrés de silence
clameurs de toutes couleurs peintures de guerre
au seuil d'un pays sans nom

ceux qui nous regardent ne sont pas d'ici
et nous avons la tête ailleurs quand nous parlons aujour'hui
nous avons la tête en forêt quand nous parlons plaine

dépaysage sans retour
comment nommer ? comment dire ?
comment faire pour parvenir ?

(Roland Giguère, Forêt vierge folle, 1978)

Chaka
Tam-Tam au loin, rythme sans voix qui fait la nuit et tous les villages au loin
Par-delà forêts et collines, par-delà le sommeil des marigots…
Et moi je suis celui-qui-accompagne, je suis le genou au flanc du tam-tam, je suis la baguette sculptée
La pirogue qui fend le fleuve, la main qui sème dans le ciel, le pied dans le ventre de la terre
Le pilon qui épouse la courbe mélodieuse. Je suis la baguette qui bat laboure le tam-tam.
Qui parle de monotonie ? La joie est monotone la beauté monotone
L’éternel un ciel sans nuage, une forêt bleue sans un cri, la voix toute seule mais juste.
Dure ce grand combat sonore, cette lutte harmonieuse, la sueur perles de rosée !
Mais non, je vais mourir d’attente…
Que de cette nuit blonde – ô ma Nuit ô ma Noire ma Nolivé –
Que du tam-tam surgisse le soleil du monde nouveau.

Œuvre poétique, Léopold Sédar Senghor, Seuil.
Décret


Ceci n'est point du temps qui se mesure. Acclamons la vertu du passé, le portant comme une chaîne : mais qui soit d'or.

Ceci n'est pas geste qu'on incruste. Acceptons les hauts faits accomplis : mais saluons l'avènement libre des autres qui viendront peut-être.

Cette femme exhale les dix genres de beautés ; chaque maintien d'elle appelle un trait fameux, l'ombre délicate d'une héroïne :

Mais donnons un poème à celle « On ne peut dire qui elle est » ni pourquoi elle est belle ; et parmi les Noms Dynastiques, enclavant le vide d'un qui n'eut pas d'aube et n'aura pas de deuil :

Honorez du titre souverain l'Empereur qui aurait pu l'être, et qui ne daigne point promulguer d'autre édit.
Victor Segalen (Stèles)
XXII - Parfum exotique


Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal