Proust, Du côté de chez Swann - Analyse logique d’un extrait

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

En vue de la passation d'un concours, je m'exerce à l'analyse logique. J'ai choisi l'extrait de M.Proust, que voici :
Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.

Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.
Je souhaiterais savoir si possible si l'analyse logique que j'en ai faite est correcte :

Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine (proposition principale) / que le dimanche matin à Combray (proposition subordonnée relative introduit par le pronom relatif que – complement du groupe nominal « petit morceau de madeleine) / (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe = proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de cause introduite par la conjonction de subordination « parce que » complément circonstancielle de cause du verbe offrir), / quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, (proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de temps introduite par la conjonction de subordination « quand » complément circonstancielle de temps du verbe offrir) / ma tante Léonie m'offrait (proposition principale)/ après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. (proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de temps introduite par après – complément circonstancielle de temps du verbe offrir)

La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé (proposition principale)/ avant que je n'y eusse goûté (proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de temps introduite par avant que- complément circonstancielle de temps du verbe rappeler)/ ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers,(proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de cause introduite par « parce que » complément de cause du verbe se rappeler) / leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents (proposition indépendante juxtaposée par la virgule) / ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, (proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de cause – complement circonstancielle de cause du verbe rappeler) / rien ne survivait, (proposition indépendante juxtaposée par la virgule) / tout s'était désagrégé (proposition juxtaposée par le ; )/; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot — s'étaient abolies, ou, ensommeillées (proposition juxtaposée par le ; )/ , avaient perdu la force d'expansion (proposition juxtaposée par la ,) / qui leur eût permis de rejoindre la conscience. (proposition subordonnée relative introduite par qui – complément du nom la force)

Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, (proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de temps à valeur d'opposition introduite par quand – complément circonstancielle de temps du verbe rester) / l'odeur et la saveur restent encore longtemps, (proposition principale) / comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir. (proposition subordonnée circonstancielle de comparaison
Bonjour.

Eh bien, tu ne choisis pas trop la facilité… ni la brièveté !
Je vais essayer de corriger par petits bouts.
Je ne signale que tes erreurs.
Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
Tu as analysé "que le dimanche matin à Combray" comme une proposition entière…
Or, il n'y a pas de verbe ! Ce n'est donc pas la proposition entière.
En fait, la relative entière est "que le dimanche matin à Combray (…) ma tante m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul".
Et "après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul" n'est pas une proposition subordonnée conjonctive, ni même une proposition tout court. D'ailleurs, cet infinitif passé avoir trempé n'a pas de sujet distinct du sujet de offrait. Et le mot après n'est pas une conjonction de subordination, c'est une préposition. Nous avons ici un simple groupe prépositionnel à noyau infinitif, complément circonstanciel de temps de offrait.
La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
Attention. On écrit complément circonstanciel (adjectif au masculin) proposition circonstancielle (adjectif au féminin).

La première subordonnée CC de cause est "peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents", le verbe conjugué de cette proposition étant avait quitté. Quant à "en ayant souvent aperçu", ce n'est pas une proposition, aucun sujet n'est mentionné.

La deuxième subordonnée de cause est "peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait", le verbe conjugué étant survivait.
Le mot abandonnés n'est qu'un participe épithète du nom souvenirs, ce n'est pas le verbe d'une proposition !

Proposition indépendante : "les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies"; verbe conjugué s'étaient abolies.
Quant à "ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion", c'est une proposition indépendante coordonnée à la première par la conjonction de coordination ou, le sujet les formes étant sous-entendu et non répété.
Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.
Attention, le mot Mais ne fait pas partie de la subordonnée CC de temps, il introduit la très longue proposition principale: "Mais (…) après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps (…) à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir."
Quant à la subordonnée de comparaison, c'est simplement la subordonnée elliptique "comme des âmes", avec le verbe "restent" sous-entendu.
Merci beaucoup pour cette correction !