Queneau, Ombre d’un doute

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour, je dois faire un commentaire rédigé d'un texte de Raymond Queneau intitulé "Ombre d'un doute"
Malheureusement j'ai toujours eu du mal avec les commentaires et j'ai vraiment besoin d'assurer pour ce travail…si quelqu'un pouvait m'aider dans ma rédaction j'en serais vraiment ravi ! Il n'y a rien sur internet par rapport à ce poème…je vous le met ci dessous:
Je mdemandd squ'on fait icigo sur cette boule d'indigo c'est pour la rime qu'on dit ça et c'est pour la raison sans doute que tout
Imondo va sfairfoutre en grand habit de tralala

on est là comme cornichons eusglobnaturellement rond comment trouver d'autre épithète de même qu'après l'agonie quand on sait bien que c'est fini faut dire qu'en fait il réquièste

les gens vont à droite et à goche comme si y avait pas d'anicroche car c'est la vie euh qui veut ça et c'est la mort assurément qui provoque ces enterrments qu'on aperçoit ici et là
Je mdemandd squ'on fait icigo
sur cette boule d'indigo
c'est pour la rime qu'on dit ça
et c'est pour la raison sans doute
que tout le monde va sfairfoutre
en grand habit de tralala

On est là comme cornichons
susglobnaturellement rond
comment trouver d'autre epithète
de même qu'après l'agonie
quand on sait bien que c'est bien fini
faut dire qu'en fait il requièste

les gens vont à droite et à goche
comme si y avait pas d'anicroche
car c'est la vie euh qui veut ça
et c'est la mort assurément
qui provoque ces enterrements
qu'on aperçoit ici et là "
Poésie ou fantaisie ?

Le langage parlé joue avec les mots et l'orthographe
Au delà de l'apparence, des interrogations existentielles : la vie/la mort/ l'au-delà
La dérision qui refuse de prendre la poésie au sérieux

Pour un art poétique

Prenez un mot, prenez en deux
faites cuire comme des oeufs
prenez un petit bout de sens
puis un grand morceau d’innocence
faites chauffer à petit feu
au petit feu de la technique
versez la sauce énigmatique
saupoudrez de quelques étoiles
poivrez et puis mettez les voiles
Où voulez-vous donc en venir ?
A écrire
Vraiment ? à écrire ?

Raymond Queneau
Un sujet sérieux traité sur le ton de la fantaisie. La vie, la mort, quel sens ?

On serait tenté en commentant ce poème de s'intéresser uniquement à la forme, ce qui est interdit bien sûr…et pourtant.
Il faudra donc traiter du quoi, bien sûr, mais surtout du comment.

On y retrouve la façon habituelle de Raymond Queneau de recourir à la création de mots, soit en reproduisant fidèlement le son du mot parlé, soit en transcrivant phonétiquement la prononciation du mot énoncé à l'oral
(cf.
si tu t'imagines
xa va xa va xa
va durer toujours
la saison des za
la saison des za
saison des amours)


Queneau s'est beaucoup intéressé au langage et en vient à faire une distinction entre le français littéraire, langue morte, et le néo-français ou français parlé.
« Le français des grammaires est une langue morte; ça n'aurait aucune importance si tous les français étaient également morts, seulement comme il y en a encore une quantité appréciable de vivants, il paraît même que cette quantité augmente tous les ans ; eh bien, c'est malheureux pour les français de ne pas avoir le droit d'écrire comme ils parlent et, par conséquent, comme ils sentent. » (Bâtons, chiffres et lettres, p. 32)
« Il ne s'agit pas de forger de toutes pièces un nouveau langage, mais bien de donner une forme à ce qui ne saurait se couler dans le monde cabossé d'une grammaire défraîchie. » (Bâtons, chiffres et lettres, p. 49)
Fais des recherches sur l'Oulipo, et sur le rapport de Queneau avec les mots. Cela pourra t'aider.
Bonjour,

En complément des excellentes pistes de floreale et Laoshi, je soulignerais comment Queneau exorcise ses maux (la peur de la mort et du néant) par les mots.
Toutefois, à la différence des poètes élégiaques, il ne cherche pas l'immortalité par sa poésie. Il veut seulement, sans l'avouer, apprivoiser son angoisse par le jeu langagier.
Il veut seulement, sans l'avouer, apprivoiser son angoisse par le jeu langagier.
Après le quoi ?, et le comment ?, cela pourrait-être le pourquoi ?. 🙂 😉