Tertullien, Ad martyras, IV, 7

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Dans cette courte lettre (surtout ch. IV), Tertullien donne plusieurs exemples de personnes qui se sont tuées, selon lui, « dans l’intérêt d’une vaine gloire ou d’une renommée éphémère » (trad. Genoude, 1852, cf. IV, 3 : famae et gloriae causa), pour que ceux qui sont les athlètes du Seigneur ne craignent pas le martyre, qui leur procurerait une récompense beaucoup plus durable. Il y a maints noms connus dans cette liste, mais parfois les références sont un peu plus obscures ; en voici une dont la cible je ne parviens pas à déchiffrer. (Au début de la citation, l'auteur s'imagine une reproche possible des martyrs.)
« Sed mortis metus non tantus est, quantus est tormentorum. » Itaque cessit carnifici meretrix Atheniensis ? Quae conscia coniurationis cum propterea torqueretur a tyranno, et non prodidit coniuratos et novissime linguam suam comestam in faciem tyranni exspuit, ut nihil agere in se sciret tormenta, etsi ultra perseverarent. (Oehler, Leipzig, 1853)
Qui est cette meretrix Atheniensis ?
Il s'agirait de la courtisane Leœna, qui a coupé sa langue et l'a crachée au tyran (Pisistrate ?)
Je me suis intéressé à cette Léæna et je me suis donc mis à lire le récit qu'en donne Plutarque (Peri adoleschias, 8). En faisant cela, je suis tombé sur quelques difficultés. D’abord, en voici ledit texte (cf. éd. Bernardakis, Teubner, 1891) :
καλὸν δὲ καὶ Λέαινα τῆς ἐγκρατείας ἔχει γέρας· ἑταίρα τῶν περὶ Ἁρμόδιον ἦν καὶ Ἀριστογείτονα καὶ τῆς ἐπὶ τοὺς τυράννους συνωμοσίας ἐκοινώνει ταῖς ἐλπίσιν ὡς γυνή· καὶ γὰρ αὕτη περὶ τὸν καλὸν ἐκεῖνον ἐβάκχευσε κρατῆρα τοῦ ἔρωτος, καὶ κατωργίαστο διὰ τοῦ θεοῦ τοῖς ἀπορρήτοις. ὡς οὖν ἐκεῖνοι πταίσαντες ἀνῃρέθησαν, ἀνακρινομένη καὶ κελευομένη φράσαι τοὺς ἔτι λανθάνοντας οὐκ ἔφρασεν, ἀλλ᾽ ἐνεκαρτέρησεν, ἐπιδείξασα τοὺς ἄνδρας οὐδὲν ἀνάξιον ἑαυτῶν παθόντας, εἰ τοιαύτην ἠγάπησαν. Ἀθηναῖοι δὲ χαλκῆν ποιησάμενοι λέαιναν ἄγλωσσον ἐν πύλαις τῆς ἀκροπόλεως ἀνέθηκαν, τῷ μὲν θυμοειδεῖ τοῦ ζῴου τὸ ἀήττητον αὐτῆς τῷ δ᾽ ἀγλώσσῳ τὸ σιωπηρὸν καὶ μυστηριῶδες ἐμφαίνοντες.
  • Léæna était bien la compagne de beaucoup de monde (c.-à-d. des amis ded tyrannoctones) ?!
  • La construction du verbe ἐκοινώνει est-elle : *ἐκοινώνει ταῖς ἐλπίσιν τῆς συνωμοσίας ?
  • Cet εἰ garde-t-il toujours sa valeur conditionnelle ?
Ce texte me semble assez amusant avec son association entre l'amour et le délire bacchique… Et pourtant, je ne suis pas sûr d'avoir saisi toute la portée de la précision ὡς γυνή…
Léæna était bien la compagne de beaucoup de monde ?
Je le comprends ainsi. Elle est courtisane de ceux qui gravitent autour d'Harmodios et d'aAristogeiton.
La construction du verbe ἐκοινώνει est-elle : *ἐκοινώνει ταῖς ἐλπίσιν τῆς συνωμοσίας ?
D'après le Bailly, le verbe se construit avec le génitif de la chose à laquelle on participe, ici, la conjuration : τῆς συνωμοσίας.
Cet εἰ garde-t-il toujours sa valeur conditionnelle ?
Oui, il me semble. (s'ils avaient aimé une femme telle)
Et pourtant, je ne suis pas sûr d'avoir saisi toute la portée de la précision ὡς γυνή…
La précision "en tant que femme" s'applique, je crois à ταῖς ἐλπίσιν.
Mot à mot : "avec des espérances en tant que femme" = "avec les espérances qu'une femme peut avoir" (sous-entendu ici : l'amour).
Et "τῶν περὶ…" ne désigne que la personne seule. Je ne me souviens plus du nom de cette figure.
Et "τῶν περὶ…" ne désigne que la personne seule.
Tu veux dire courtisane de quelqu'un de l'entourage d'Harmodios et de…
Non, courtisane d'Harmodios et d'Aristogiton.
Le pluriel au lieu du singulier pour un nom propre se trouve chez Platon et chez Plutarque, mais dans le cas présent, je reconnais qu'il y a doute.
Je n'ai pas souvenir de ces exemples. Mais mon grec est plus ancien que le tien; 😉
Au début d'un dialogue de Platon, Socrate dit (en substance, je cite de mémoire) : "Soudain, je vois venir des Phèdre et des Agathon" (= Phèdre et Agathon).
Pour Plutarque, il y a une référence dans le Bailly.
Comme si je disais : "Voilà t'y pas des Jehan, des Laoshi qui s'en prennent à mon expression "la version est l'activité roi". 😂
Je comprends. 🙂