À la manière de Rousseau, raconter un épisode marquant de votre vie

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
j'ai 18 ans et je suis en école d'ingénieur.
Notre prof de français nous a donné un exercice à faire : sur le modèle du Peigne Cassé de Rousseau (épisode où Rousseau conte un moment de sa vie où il a fait face pour la première fois à l'injustice, ce qui sera à l'origine de son combat contre l'injustice), raconter un épisode marquant de votre vie et dire en quoi il a forgé un trait de votre personnalité.

J'ai choisi de le faire sur la première fois où j'ai pris connaissance de l'horreur de la Shoah.
C'est un sujet qui me tient beaucoup à coeur, c'est pourquoi j'aimerais recevoir un peu d'aide.
Je ne demande pas à ce que vous fassiez le devoir à ma place, j'ai déjà écrit le texte, mais je cherche simplement quelqu'un pour m'aider à reformuler les phrases. J'aimerais avoir des belles phrases 🙂
Merci beaucoup d'avance, si vous êtes prêt à m'aider je vous enverrai ce que j'ai fait!
Bonne journée!

svp 😞
Bonjour.

Pourquoi ne pas poster ton texte ici ?
Bonjour,
c'est un peu personnel, je cherche d'abord quelqu'un pour m'aider si possible
bonsoir

Je suis aussi étonnée que tu ne postes pas ton texte ici car personne ne te connaît tu ne mets pas de nom mais des XXXX .Je corrige des lettres très personnelles en anglais mais je n'ai jamais rencontré un seul "auteur" de ces lettres .
😉
Ok je vais le mettre ici alors,
le devoir est a rendre pour demain donc si vous le voyez trop tard ce n'est pas la peine 🙂
voilà:


Je suis et ai toujours été l’aîné de ma famille. L’absence de grand-frère ou de grand-sœur pour me faire comprendre la dure réalité qu’est notre monde ainsi que la présence de parents très protecteurs, ont fait de moi un enfant très innocent, voir naïf. A l’époque, ma vision du bien et du mal était très manichéenne : il faut suivre les règles et si quelqu’un est puni c’est qu’il a forcément fait quelque chose de mal. Je n’avais sûrement pas encore conscience du principe de méchanceté gratuite.
J’étais en classe de CE1, j’avais 7 ans. Ce jour-là, ma maîtresse décide de nous parler en cours d’histoire de la seconde guerre mondiale. C’est ainsi que je pris connaissance de manière plutôt brutale de la Shoah, des camps de la mort et de l'extermination massive des juifs et d'autres minorités. Bien évidemment, ma maîtresse nous l’expliquait avec nos mots, sans tenter de nous choquer, mais je me rappelle avoir tout de suite compris la portée de son propos. Étant plutôt un enfant impressionnable, cette nouvelle me fit froid dans le dos. Je commençai alors à me poser beaucoup de questions : comment l'humain a-t-il pu permettre cela ? Pourquoi ma famille ne m'en a-t-elle jamais parlé avant ? «Pourtant… ma famille du côté maternel est juive pratiquante et mon père a plusieurs ancêtres juifs… Cette rafle a-t-elle eu des conséquences sur ma famille? » Me demandais-je.
En rentrant à la maison, je décide aussitôt d'en parler à mes parents. J'apprends alors que bien que mes grands-parents maternels n’aient pas été touchés, ma famille paternelle en a souffert directement. Mon père m'explique qu'il a ainsi perdu son arrière-grand-mère. Le traumatisme et les blessures furent tels dans sa famille que le judaïsme devint un sujet tabou : son grand-père lui interdisait d'en parler et il fut décidé que ni mon père, ni mon grand-père ne seraient juifs.
Dix ans plus tard, je garde encore un souvenir très clair de cet événement marquant. À ce moment-là, je pense qu'une partie de mon innocence s'est envolée. J’ai compris de manière frontale l'horreur dont l'humain était capable et jusqu'où la haine et l'ignorance pouvaient aller. Cette injustice dont ont souffert des millions d’innocents m’a toujours révolté et explique l’importance qu’ont les notions de justice et d’égalité pour moi. C'est pour cela que la lutte contre les stigmatisations des minorités est pour moi primordiale. Cette tragédie, qui m’a beaucoup affectée, a aussi été à l'origine d'un attachement fort à la religion de mes ancêtres et c'est une des raisons pour laquelle, à 13 ans, j’ai décidé de faire ma bar-mitsvah qui est le symbole du passage à l’âge adulte dans le judaïsme.
C'est aussi ainsi que je pris conscience de l'importance du devoir de mémoire. De ce fait, je me suis rendu à Auschwitz il y a quelques années afin de voir de mes propres yeux l'horreur dans laquelle étaient parqués des millions de déportés. Cet endroit est le symbole de la terreur généralisée et est le lieu de l’un des plus grands massacres de l’histoire de l’humanité. Je vis les baraquements, les lits superposés des condamnés, des chaussures d'enfants empilées, des montagnes de cheveux dont les juifs avaient été privés, en même temps que leur identité et leur dignité. J’ai visité le camp en hiver, pendant qu’il neigeait, comme si la situation ne prêtait pas assez au tragique. Là-bas, des listes de départ en déportation sont disponibles et c'est les yeux embués de larmes que je pu lire mon nom de famille suivi du prénom de mon arrière-arrière-grand-mère, Georgette. Sa fiche m'informe qu'elle fut sélectionnée comme inapte au travail et gazée : elle mourut seulement 5 jours après sa déportation au départ de Drancy.
Ce sont ces souvenirs, bien que douloureux, qui ont forgés une grande partie de moi-même.