Tertullien, De praescriptione hereticorum, XLIV (PL 2, 55-56)

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Après avoir mentionné les pressioris… testimonia disciplinae des catholiques par opposition aux libera… omnia et soluta des hérétiques (ch. XLIII), Tertullien en vient même à se représenter (ironiquement, certes) la réception - tout à fait différente, et pourtant bien méritée - que le Christ accordera soit aux hérétiques (qui strupauerint… uirginem), soit aux catholiques (memores dominicarum et apostolicarum denuntiationum in fide integri [stantes]), lors du jugement dernier. (Je reproduirai tel quel le texte de la Patrologia Latina de Migne (1844), même s'il n'est pas toujours le meilleur et est ponctué sans grand sel…)
Proinde haec pressioris apud nos testimonia disciplinae ad probationem veritatis accedunt ; a qua divertere nemini expedit, qui meminerit futuri judicii quo omnes nos necesse est apud Christi tribunal astare reddentes rationem in primis ipsius fidei. Quid ergo dicent qui illam strupraverint adulterio haeretico, virginem traditam a Christo? Credo, allegabunt, nihil unquam sibi ab illo vel ab apostolis ejus, de seris et perversis doctrinis futuris praenuntiatum, et de cavendis abominandisque praeceptum. Agnoscant suam potius culpam quam illorum, qui nos tanto ante praestruxerunt. Adjicient praeterea multa de auctoritate cujusque doctoris haeretici ; illos maxime doctrinae suae fidem confirmasse, mortuos suscitasse, debiles reformasse, futura significasse, uti merito apostoli crederentur. Quasi nec hoc scriptum sit, venturos multos qui etiam virtutes maximas ederent, ad fallaciam muniendam corruptae praedicationis. Itaque veniam merebuntur? Qui vero memores dominicarum et apostolicarum denuntiationum in fide integri steterint, credo de venia periclitabuntur, respondente Domino : « Praenuntiaveram plane futuros fallaciae magistros in meo nomine et Prophetarum et Apostolorum etiam; et discentibus meis eadem ad vos praedicare mandaveram; semel evangelium et ejusdem regulae doctrinam apostolis meis delegaveram ; sed cum vos nos crederitis, libuit mihi postea aliqua inde mutare : ressurrectionem promiseram etiam carnis ; sed recogitavi ne implere non possem : natum me ostenderam ex virgine ; sed postea turpe mihi visum est : patrem dixeram qui solem et pluvias fecit, sed alius me pater melior adoptavit : prohibueram vos aurem accomodare haereticis, sed erravi…? » Talia capit opinari eos qui exorbitant, et fidei veritatis periculum non cavent.
Le texte devient très comique à la fin, avec sa construction parallèle et surprenante, et on peut aussi apprécier la tension ironique, qui oscille entre l'improperium et le «mettre à nu le ridicule». Néanmoins, si la syntaxe n'est pas trop hardie pour du Tertullien, il y a deux phrases (soulignées) qui m'offrent de la résistance, à savoir:
  • sed recogitavi ne implere non possem;
  • Talia capit opinari eos qui exorbitant.
Dans la première, le ne est-il un adverbe d'affirmation (cf. Gaffiot, 1 ne) ? Ou alors plutôt (simple conjonction) : pour que je ne puisse ne pas l'accomplir ?

Dans la seconde, le verbe capit, qui en est le sujet ? Quel sens peut-il avoir suivi d'une proposition infinitive (si j'ai bien compris la construction) ?
J'ai fait du progrès : un tel Domenico Grazi a écrit au 17[sup]e[/sup] siècle que « CAPIT. Appresso Tertulliano alcune volte significa esser lecito » (cf. https://books.google.de/books?id=EOxMAAAAcAAJ&pg=PA106&lpg=PA106&dq=talia+capit+opinari+eos&source=bl&ots=7jGkzXGM7Y&sig=ZI3vbD3X3Ar1r3gP3t0hsGpR36U&hl=de&sa=X&ved=0ahUKEwiL0u-5ppXTAhUJ6CYKHVXuAWUQ6AEIJDAE#v=onepage&q=talia%20capit%20opinari%20eos&f=false).
P.-S. : Il faudrait corriger le sujet du message : non pas hetericorum, mais haereticorum.
Bonjour, "capit" a bien ici le sens intransitif et équivaut à "potest" ( voir aussi Prudence, Apotheosis, 86 et Paulin de Nole, Carmina IX,22-23)
En ce qui concerne "recogitavi" , je pense qu'il se construit comme peut se construire "cogito" avec "ut-ne'"; = "avoir l'intention de (ne …pas); "cogitare ne" signifie aussi "prendre garde (en réfléchissant) que". "Recogitavi ne…non" pourrait se traduire- mais c'est du lourd à éviter absolument - par "j'ai pris garde en réfléchissant sans cesse que…ne pas" . Je lis dans une traduction: "j'ai craint que ne..pas", cette dernière traduction me semble pertinente vu le contexte.

cordialement
Pour recogitare, Blaise indique le sens de "repenser après coup" avec la référence du passage.
poenulus a écrit :Bonjour, "capit" a bien ici le sens impersonnel et équivaut à "potest" ( voir aussi Prudence, Apotheosis, 86 et Paulin de Nole, Carmina IX,22-23)
En ce qui concerne "recogitavi" , je pense qu'il se construit comme peut se construire "cogito" avec "ut-ne'"; = "avoir l'intention de (ne …pas); "cogitare ne" signifie aussi "prendre garde (en réfléchissant) que". "Recogitavi ne…non" pourrait se traduire- mais c'est du lourd à éviter absolument - par "j'ai pris garde en réfléchissant sans cesse que…ne pas" . Je lis dans une traduction: "j'ai craint que ne..pas", cette dernière traduction me semble pertinente vu le contexte.

Jacques: La traduction de "Recogitavi" par "J'ai pensé après coup" proposée par Blaise me semble ignorer la construction "ne…non" qui invite à y voir une nuance de crainte. Que penser?

cordialement
Que penser?
Pour ma part, je pense que la notion de crainte est une glose que ce soit à partir de cogito ou de recogito. Et la construction avec ut ou ne ne suffit pas à la justifier.
Evidemment, ce que l'on remue ou "re-remue" dans son esprit peut être interprété de diverses façons.
Mais traduire par craindre est me semble-t-il trop abrupt, trop précis.
Bonsoir. Il est vrai que ce "recogitavi ne… non" est chatouillant… Comment expliqueriez- vous alors la présence de "ne…non"?

cordialement
J'avoue que je ne suis pas assez calée pour l'expliquer. 🙂
Je me fie à Félix Gaffiot II, 1, c, qui indique cette construction comme possible avec cogito.