Pourquoi on accorde à "bon marché" la nature d'adjectif mais on lui refuse la variabilité?
La phrase et l'orthographe de
"Les melons sont bons et bon marché" me semble être une "contradictio in adiecto"! Et pourquoi pas "Les melons sont bons marchés?" Est-ce que les leaders de la grammaire française sont unanimes là-dessus?
On écrit: "les contribuables bons payeurs" et pourquoi pas "les melons bons marchés"?
(C'est moi qui graisse.)
Les spécialistes de la langue française sont unanimes : il convient d'écrire par ex.
des produits bon marché. Voici quelques ouvrages qui vont en ce sens :
Dictionnaire de l'Académie française s. v. Marché :
Adjt. (invariable dans cet emploi). Il a trouvé de vieilles gravures bon marché. Des produits bon marché, peu coûteux.
Le Grand Robert de la langue française (dernière version numérique) :
Adj. invar. Abordable, avantageux (contr.:cher, coûteux).Articles, produits bon marché, meilleur marché qu'ailleurs.
TLFi :
2. Adj. inv. Peu coûteux. Son déjeuner variait de deux à quatre sous selon que les oeufs étaient chers ou bon marché (HUGO, Misér., t. 1, 1862, p. 811). Le vin meilleur marché qu'ailleurs (BARRÈS, Cahiers, t. 11, 1917, p. 280). Les draps étaient lourds, de ces draps humides des hôtels bon marché (ARAGON, Beaux quart., 1936, p. 377).
Le Bon usage électronique, § 1045 :
:
[…]
Des livres bon marché sur l’étagère (Mauriac, Fin de la nuit, p. 169). […]
Il a trouvé de vieilles gravures bon marché. Des produits bon marché ( Ac. 2001 [qui ne mentionne pas l’emploi avec un verbe]). — Restaurants bon marché (Butor, Emploi du temps, p. 208 ; Beauvoir, Force de l’âge, p. 90). R3
la Banque de dépannage linguistique avance une explication de l'invariabilité en nombre de
bon marché (qui ne vaut pas pour
bon payeur :
Bon marché
La locution bon marché, accolée à un nom, signifie « qui ne coûte pas cher ». Dans cette locution, l’adjectif bon s’accorde avec le nom marché, qu’il qualifie. L’ensemble adjectif + nom s’apparente à un complément introduit par une préposition. Son emploi est l’abrégé de « à bon marché ». De fait, la locution bon marché ne s’accorde jamais avec le nom qu’elle caractérise : elle est invariable. Notons que la locution meilleur marché, signifiant « qui coûte moins cher », suit les mêmes règles d’accord.
Exemples :
- André achète toujours des chaussures bon marché.
- La vieille dame dégageait une odeur de parfums bon marché mélangés.
- Cette année, nous nous contenterons de vins bon marché.
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?id=3462
Merci pour cette réponse exhaustive.
De rien Gargantua : on est là pour essayer de répondre aux questions. 🙂
En effet, ce ne sont pas des explications bonnes marchées.