Bonjour,
Comment détecter l'ironie ?
Cordialement.
Comment détecter l'ironie ?
Cordialement.
11 réponses
La fiche argumentation du site a écrit :L'ironie est une argumentation par l'absurde, qui tente de séduire le lecteur par un appel à son intelligence. En effet le lecteur doit comprendre qu’il est appelé à prendre ses distances avec la formulation brute et qu’il doit inverser les affirmations de l'auteur. C'est un jeu subtil, fascinant, mais qui peut produire l'effet contraire à celui qui est escompté si le lecteur accepte tout au premier degré.
L'ironie est une arme essentielle de la stratégie argumentative parce qu'elle rend le récepteur complice, qu'elle l’oblige à parcourir la moitié du chemin dans l'adhésion à la thèse. L’opinion se dissimule en effet derrière une formulation strictement inverse ; aussi le lecteur doit-il être attentif et réagir aux indices qui la lui indiquent :
- une logique absurde : elle consiste à relier une cause donnée et une conséquence sans rapport avec elle. L'absurdité marquée de cette relation doit heurter le lecteur. Par exemple, Montesquieu, dénonçant le racisme primaire s'exprimait ainsi : "[Les nègres] ont le nez si écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre".
- la caricature poussée jusqu’au cynisme : Le lecteur est averti par l'énormité du propos ou son caractère franchement ignoble. Montesquieu : "Le sucre serait trop cher si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves."
- l'antiphrase : c'est le procédé essentiel. Il s'agit ici de juger un phénomène à l'inverse de ce qu'on attendrait. Devant les gribouillis d’un apprenti écrivain, le critique va encenser le « caractère admirable » de la production. Comme le compliment est public, forcé par l’exagération et le ton, il ne laisse aucun doute sur les intentions de celui qui le prononce au point que le récipiendaire en est souvent marqué à vie.
- la caricature poussée jusqu’au cynisme : Le lecteur est averti par l'énormité du propos ou son caractère franchement ignoble. Montesquieu : "Le sucre serait trop cher si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves."Avec un bémol. L'exemple est mal choisi : l'argument cité est en effet ignoble mais il n'est pas caricatural. Il avait bel et bien cours à l'époque. C'est par cet argument que les planteurs, en 1802, ont convaincu Bonaparte de rétablir l'esclavage.