Bonsoir vemissa, 🙂
Ni mes réflexions personnelles, ni mes recherches n’ont donné grand-chose. 😞
Le Bon Usage me semble très décevant à cet égard. Je te donne le lien pour info, peut-être sauras-tu mieux l’exploiter que moi.
https://books.google.fr/books?id=SX0wDQAAQBAJ&pg=PA822&lpg=PA822&dq=%22lorsqu%27on+transforme+une+forme+affirmative+en+forme+n%C3%A9gative%22&source=bl&ots=U22DgOK0zX&sig=2RrHqynOK3Ks8e4ZgLzIZpF1pdM&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwifwaahruXSAhUCvxQKHTUyA2MQ6AEIKDAB#v=onepage&q=%22lorsqu%27on%20transforme%20une%20forme%20affirmative%20en%20forme%20n%C3%A9gative%22&f=false
Plus fructueux me parait cet
https://tidsskrift.dk/index.php/revue_romane/article/view/11198/21238 article de Gaatone dont je cite de longs extraits qui, me semble-t-il, éclairent en partie notre question.
Mais en partie seulement et de façon frustrante malgré tout puisque ce qui ressort, c’est que souvent l’alternance entre
DE et
DES est possible, sans que des règles bien précises puissent l’expliquer ; là où c’est frustrant par rapport à notre cas, c’est qu’il me semble que s’il y a en effet des formulations pour lesquelles le choix serait en effet possible, il en est d’autres où seule l’une des deux formes me parait acceptable :
Ils ne refusent pas de prendre de mesures contre le réchauffement.
Ils n’apprécient pas de prendre de mesures contre le réchauffement.
Ils n’acceptent pas de prendre de mesures contre le réchauffement.
Ils ne détestent pas prendre de mesures contre le réchauffement.
Dans ces cas,
DE me semble parfaitement
incorrect – mais peut-être mon intuition est-elle mauvaise.
Qu’en dis-tu ? Qu’en dites-vous ?
Là en revanche, le choix me semble plus acceptable, bien que je préfère l’un ou l’autre selon les cas :
Ils n’aiment pas prendre de / des mesures contre le réchauffement. (Je préfère le
DES.)
Ils ne souhaitent pas prendre de / des mesures contre le réchauffement. (Je préfère le
DE.)
Ils ne comptent pas prendre de / des mesures contre le réchauffement. (Plutôt
DE.)
Et maintenant, allez hop, quelques passages de l’article susceptibles de nous intéresser (graissage et soulignage par bibi) :
II est important de noter que l'influence du terme négatif sur le prédéterminant du syntagme nominal peut s'exercer même à une certaine distance du verbe négatif. On rencontrera donc des phrases où le syntagme nominal objet direct d'un verbe à la forme positive se trouve précédé par de négatif, en particulier lorsqu'il s'agit d'un infinitif ou d'une proposition subordonnée, eux-mêmes objets d'un verbe principal négatif:
II ressort de ces exemples que la portée de la négation peut déborder le cadre de la proposition où elle se trouve et atteindre des groupes verbaux (infinitifs ou autres) étroitement liés, du point de vue syntaxique, au verbe négatif. Il faut cependant ajouter que l'emploi de de négatif dans les contextes mentionnés ci-dessus ne paraît pas contraignant. Dans toutes ces phrases, les articles indéfinis ou partitifs semblent parfaitement acceptables. Nous reviendrons plus loin sur cette question.
Même en contexte formellement négatif, l'emploi de de est encore lié à une autre restriction dont il est nécessaire à présent de faire état. Il faut en effet que le syntagme nominal objet direct soit lui-même visé par la négation, autrement dit, que son existence soit niée par le terme négatif de la phrase. Il n'en est pas nécessairement toujours ainsi: la négation peut ne porter que sur le verbe, ou sur le rapport verbe-objet sans que l'existence de ce dernier soit niée, ou même sur un tout autre terme. Dans ce cas, l'emploi de de devient impossible
Ce pourrait être une bonne piste, qui pourrait par exemple expliquer :
Ils ne refusent pas de prendre des mesures > si leur avis est pris en compte, les mesures seront prises et ne sont donc pas niées : le
DES est ainsi justifié.
Mais ne fonctionne pas avec :
Ils n’acceptent pas de prendre des mesures > si leur avis est pris en compte, les mesures ne seront pas prises et sont donc niées : le
DES ne devrait pas être possible, ou au moins on devrait avoir le choix entre DE et DES.
Il est possible que cette règle ne fonctionne pas ou mal étant donné que l’expression du refus ou de l’acceptation des sujets ne détermine pas entièrement le sort de l’existence ou non de ces mesures.
On constate en effet que dans de très nombreux cas, aucune règle précise ne peut justifier le choix de l'article plein au lieu de de ou vice-versa. Il est clair que l'usage est hésitant. Mais ces hésitations sont elles-mêmes liées à certains contextes. Il apparaît, par exemple, que le non-emploi de de est facilité par l'éloignement dans la phrase du substantif objet direct relativement à la négation:
Ce pourrait encore être une bonne piste, mais dans nos exemples, seul le verbe conjugué change, la distance du SN COD reste identique.
Il arrive d'ailleurs qu'on rencontre côte à côte, en coordination dans la même phrase, l'emploi de de négatif et celui de l'article plein :
D'autres qui n'ont rien pris au départ dévalisent les estaminets, demandent
à des maisons privées si l'on n'a pas de charcuterie pour eux, ou tout au
moins du pain pas trop rassis. (L. Aragon, La semaine sainte, p. 359)
C'est au contraire une excellente créature qui n'a jamais dit du mal de
personne, ni fait de mal à personne. (M. Proust, op. cit., V. 11, p. 485)
Ces différences d'emploi ne peuvent s'expliquer par des différences de sens. On pourrait, au mieux, alléguer l’éloignement du syntagme du pain dans la première phrase, par rapport au verbe négatif, et, dans la seconde, invoquer des raisons d'euphonie (éviter la répétition de de devant et derrière mal). Mais ce qui est important, c'est que ces facteurs secondaires ne peuvent jouer que grâce au relâchement de la contrainte grammaticale imposant l'emploi de de devant un substantif objet négatif et indéfini.
Bref, on n'a pas beaucoup avancé !! 😀