Grec : ν euphonique

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Dans la phrase :

τὸν ἵππον ἔτριϐεν καὶ ἐκτένιζε πᾶσαν ἡμέραν.

Pourquoi l'imparfait ἔτριϐεν compte un ν euphonique alors que ἐκτένιζε n'en compte pas ? Les deux verbes sont l'un comme l'autre devant une consonne.
Le -ν "éphelcystique", et non euphonique, peut figurer devant une consonne dans deux cas :
- s'il est suivi d'une ponctuation forte, ce qui n'est pas le cas ici ;
- pour éviter la succession de trois brèves prosodiques, et ce même en prose.
Ici, ἔτριϐε compte pour trois brèves (le groupe -τρ- ne compte la plupart du temps que pour une consonne), alors que ἐκτένιζε n'en compte que deux, le -ζ- étant une consonne double.
Μerci beaucoup. Ma grammaire ne me parle pas de nu éphelcystique et fait l'impasse sur la question des brèves. Je ne me suis jamais aperçu de ce phénomène jusqu'à aujourd'hui. Je croyais que ce nu n'avait pour rôle que d'adoucir la liaison entre les mots.
Si c'était le cas, ce nu attiré-à-la-suite n'apparaîtrait pas en fin de phrase 😀 Je l'ai toujours considéré avec un œil optimiste : c'est une liberté que nous offre la conjugaison grecque 🙂 !
De quelle liberté parlez-vous ? J'ajoute le nu selon mon humeur ?
Le « ν » éphelcystique peut s’employer avec les datifs pluriels en –σι, les 3è personnes terminées en -σι et en -ι ainsi que avec έστί (il/elle est) et εῐκοσι (vingt). Le « ν » éphelcystique est également un recours pour éviter l’hiatus, on parlera alors plutôt de « v » euphonique. L’édition des « Fables d’Ésope » de Émile Chambry propose justement ce cas de figure : dans τὸν ἵππον ἔτριβεν, ἐκτένιζεν πᾶσαν ἡμέραν, le « v » final de ἔτριβεν évite l’hiatus. Comme le fait remarquer Jacques, le grec n’est pas friand d’une succession de plus de deux brèves dans le même mot. C’est pourquoi le « ο « s’allonge en « ω » dans les comparatifs et superlatifs du type σοφώτεροϛ - σοφώτατοϛ , et que dans votre édition le « v » éphelcystique est présent à la fin de « ἔτριβεν »

On pourrait aussi envisager que la présence dans votre édition du « v » éphelcystique, contribue aux jeux sonores de ce passage (point 2)

τὸν ἵππον ἔτριϐεν καὶ ἐκτένιζε πᾶσαν ἡμέραν :
1) Τ Ν Ν Τ T N

2) Τ Ν Κ ΚΤ Ν

3) Ν EΤ ΤΕΝ

etc…

Mais c’est un autre débat…
Ces jeux sonores m'échappaient complètement. Désormais je vais y prendre garde pour apprécier davantage encore mes lectures. Grand merci pour votre commentaire.