Dissertation sur le nouveau roman

Entraide scolaire

40 réponses · Page 2 / 2

Je n'ai pas obtenu la note que j'escomptais .Je suis donc en train de refaire le devoir pour améliorer ma méthode en dissertation étant donné que je n'ai pas à ma disposition de correction .

Pour l'argument par exemple dont on a parlé précédemment , à part le fait de regrouper les idées , y'a t-il certaines tournures à éviter surtout lorsqu'on doit se focaliser sur une œuvre en particulier ?
Gabrielle74 a écrit :Le surréalisme , c'est entre autres l'écriture automatique …

Entre autre, oui, vous faites bien de le préciser. En dépit de quelques rapprochements faits par certains critiques, on ne peut guère tenter d'invoquer le Surréalisme dans le cadre de ce devoir. En tout cas, le NR, dans son ensemble, ne relève pas de l'écriture automatique.

Par rapport à M.Duras , j'ai trouvé ceci :
En réalité, son seul héritage réside dans la déconstruction totale du roman traditionnel français. Stylistiquement, l’auteur joue avec le mutisme, obscurcit volontairement sa narration et laisse le champ libre aux interprétations multiples…..Ainsi, pour Duras, l’écriture ne s’oppose plus à la lecture, les deux s’imbriquent à l’intérieur de l’œuvre produite. …….. Le roman n’est plus un mais multiple. Idéal pour retourner et intellectualiser des histoires sans fin et sans fondement.Ainsi, pour Duras, l’écriture ne s’oppose plus à la lecture, les deux s’imbriquent à l’intérieur de l’œuvre produite………Par exemple, dans le célèbre Ravissement de Lol V. Stein, peut-être la seule œuvre intéressante de l’auteur, l’histoire ne se comprend et ne s’apprécie que par son absence. Impossible de savoir quand commence l’histoire, quand elle se finit. La trame ne se fonde que sur les réminiscences de son narrateur (Jack Hold). Pour combler cet abysse, Duras ressort sa parade indémodable du triangle amoureux, aussi vide qu’insupportable. Comme chez Robbe-Grillet, il y a chez Duras cette volonté de faire de la bande sonore que nous écoutons au fil des pages, une chambre d’écho où s’entendent plusieurs voix et par conséquent plusieurs points de vues. Mais là où « le pape du nouveau roman » maîtrise parfaitement (et parfois même à l’excès) son sujet, Duras ne peut s’empêcher d’incorporer une profondeur factice censée justifier la pauvreté du récit.
Mais Duras n'a pas suivi complétement A.R.Grillet , elle a pris les éléments qu'elles voulait , et son but est que le lecteur se forge sa propre idée de l'histoire d'où la notion de contribution accrue du lecteur .

Je vous ai dit qu'il y avait eu influence dans certaines œuvres, par exemple Le Ravissement de Lol V. Stein, et non fidélité aux idées de RG.
Du reste, et c'est la différence avec le Surréalisme, Le NR n'a pas produit de manifeste ni même eu de "leader" au début de son apparition. Les essais bien connus de Robbe-Grillet et de Sarraute ont paru assez longtemps après les premiers romans.
Attention d'autre part : vous avez recopié un article assez violemment à charge contre M. Duras, notamment à la fin ; il est bon de ne pas faire vôtres les arguments qu'il contient sans les avoir reconsidérés, ce qui me semble une tâche pour le moins difficile.


Pour le bilan du NR :
_reproche au roman dit Balzacien d'accorder une trop grande importance aux facteurs sociologiques et psychologiques du personnage qualifiées de dépassées .
_ élément central c'est l'écriture et non le style
_ Influence du cinéma et du théâtre dans l'écriture
_ rôle de la description du temps et de l'espace
_mise en valeur des objets , des gestes et situations
_ mort du personnage et du héros

Non, ce n'est pas un bilan, mais des arguments à développer dans la seconde partie. Quant à la mort du héros, elle n'est pas propre au NR…
Il y a des idées dont vous n'aviez pas parlé du reste : le rapport avec le cinéma, l'écriture opposé au style.



Pour les limites du NR :
_ Malgré que le langage utilisé soit plus accessible à tous , la présence d'intrigues superposées avec l'utilisation du procédé de mise en abyme ? peut mener au désintéressement du lecteur en raison du trouble suscité par cette écriture .

Dites "bien que" plutôt que "malgré que".
La mise en abyme n'est pas propre au NR : quel sens donnez-vous à l'expression, du reste ?
Que vient faire le point d'interrogation après "abyme" ?
Le mot "trouble" est peu adéquat : le lecteur n'est pas troublé, il est désorienté.


D'après ce que j'ai lu sur Duras , la nouvelle génération d'écrivains a été influencée par elle mais penche plus vers le roman d'autofiction .

Oui, mais précisez "autofiction" et donnez des exemples.





Pour l'introduction , je verrais bien :

En France, à partir des années 50 , un mouvement remet en cause le principe de l’action décrite et de la chronologie. En effet, le nouveau roman reproche au roman de type balzacien de donner trop d'importance aux facteurs sociologiques et psychologiques qualifiées de dépassées et suggère un roman qui donne une nouvelle vision de l'espace , du temps et des objets…

Est-ce correcte ? Bien que le NR n'est ni un mouvement ni une école …
Mais je trouve que ce serait bien de parler dés le début du contexte du NR , non ?

Oui, cf ce que j'ai dit plus haut. Une phrase doit être retirée, c'est "le principe … chronologie" : vous en ferez un argument.
N'oubliez pas d'annoncer votre plan.


Et attention : en français, il ne faut pas mettre d'espace avant le point et la virgule.
Merci pour vos explications !



"""""""""Par rapport à M.Duras , j'ai trouvé ceci :
En réalité, son seul héritage réside dans la déconstruction totale du roman traditionnel français. Stylistiquement, l’auteur joue avec le mutisme, obscurcit volontairement sa narration et laisse le champ libre aux interprétations multiples…..Ainsi, pour Duras, l’écriture ne s’oppose plus à la lecture, les deux s’imbriquent à l’intérieur de l’œuvre produite. …….. Le roman n’est plus un mais multiple. Idéal pour retourner et intellectualiser des histoires sans fin et sans fondement.Ainsi, pour Duras, l’écriture ne s’oppose plus à la lecture, les deux s’imbriquent à l’intérieur de l’œuvre produite………Par exemple, dans le célèbre Ravissement de Lol V. Stein, peut-être la seule œuvre intéressante de l’auteur, l’histoire ne se comprend et ne s’apprécie que par son absence. Impossible de savoir quand commence l’histoire, quand elle se finit. La trame ne se fonde que sur les réminiscences de son narrateur (Jack Hold). Pour combler cet abysse, Duras ressort sa parade indémodable du triangle amoureux, aussi vide qu’insupportable. Comme chez Robbe-Grillet, il y a chez Duras cette volonté de faire de la bande sonore que nous écoutons au fil des pages, une chambre d’écho où s’entendent plusieurs voix et par conséquent plusieurs points de vues. Mais là où « le pape du nouveau roman » maîtrise parfaitement (et parfois même à l’excès) son sujet, Duras ne peut s’empêcher d’incorporer une profondeur factice censée justifier la pauvreté du récit. https://philitt.fr/2014/04/23/comment-marguerite-duras-a-deconstruit-le-roman-traditionnel-francais/
Mais Duras n'a pas suivi complétement A.R.Grillet , elle a pris les éléments qu'elles voulait , et son but est que le lecteur se forge sa propre idée de l'histoire d'où la notion de contribution accrue du lecteur .

"""""Je vous ai dit qu'il y avait eu influence dans certaines œuvres, par exemple Le Ravissement de Lol V. Stein, et non fidélité aux idées de RG.
Du reste, et c'est la différence avec le Surréalisme, Le NR n'a pas produit de manifeste ni même eu de "leader" au début de son apparition. Les essais bien connus de Robbe-Grillet et de Sarraute ont paru assez longtemps après les premiers romans.
Attention d'autre part : vous avez recopié un article assez violemment à charge contre M. Duras, notamment à la fin ; il est bon de ne pas faire vôtre les arguments qu'il contient sans les avoir reconsidérés, ce qui me semble une tâche pour le moins difficile."""""


Oui , en effet , c'est un texte très critique mais ce qui m'a intéressé , c'était le mot "influence de A.R.Grillet sur " …

Pour le bilan du NR :
_reproche au roman dit Balzacien d'accorder une trop grande importance aux facteurs sociologiques et psychologiques du personnage qualifiées de dépassées .
_ élément central c'est l'écriture et non le style
_ Influence du cinéma et du théâtre dans l'écriture
_ rôle de la description du temps et de l'espace
_mise en valeur des objets , des gestes et situations
_ mort du personnage et du héros

""""Non, ce n'est pas un bilan, mais des arguments à développer dans la seconde partie. Quant à la mort du héros, elle n'est pas propre au NR…
Il y a des idées dont vous n'aviez pas parlé du reste : le rapport avec le cinéma, l'écriture opposé au style."""""

Ok!J'ai du mal à percevoir cette idée de bilan , est-ce un simple résumé des idées directrices ?
Si je me tiens au 1er axe , l'idée qui revient , c'est la notion d'illusion du réel , de chronologie linéaire , d'intrigue bien ficelée et de narrateur omniscient .


Dans le 2ème axe , j'ai parlé brièvement du cinéma , puisque le NR offre une nouvelle vision de l'espace , les objets prennent de l'importance et sont au premier plan . Aussi A.R.Grillet est un géomètre et un cinéaste .

Pour l'écriture , je fais référence au roman traditionnel qui s'intéresse au style et au beau ? c-a-d le fond et la forme du texte .Et la littérature est engagée contrairement au NR .

"""""""""Pour les limites du NR :
_ Malgré que le langage utilisé soit plus accessible à tous , la présence d'intrigues superposées avec l'utilisation du procédé de mise en abyme ? peut mener au désintéressement du lecteur en raison du trouble suscité par cette écriture .

Dites "bien que" plutôt que "malgré que".
La mise en abyme n'est pas propre au NR : quel sens donnez-vous à l'expression, du reste ?
Que vient faire le point d'interrogation après "abyme" ?
Le mot "trouble" est peu adéquat : le lecteur n'est pas troublé, il est désorienté.""""""""""

Ok ! La mise en abyme renvoie au fait qu'il y'a des histoires secondaires dans l'histoire principale .



""""""Pour l'introduction , je verrais bien :

En France, à partir des années 50 , un mouvement remet en cause le principe de l’action décrite et de la chronologie. En effet, le nouveau roman reproche au roman de type balzacien donner trop d'importance aux facteurs sociologiques et psychologiques qualifiées de dépassées et suggère un roman qui donne une nouvelle vision de l'espace , du temps et des objets…

Est-ce correcte ? Bien que le NR n'est ni un mouvement ni une école …
Mais je trouve que ce serait bien de parler dés le début du contexte du NR , non ?

Oui, cf ce que j'ai dit plus haut. Une phrase doit être retirée, c'est "le principe … chronologie" : vous en ferez un argument.
N'oubliez pas d'annoncer votre plan.

Et attention : en français, il ne faut pas mettre d'espace avant le point et la virgule.""""""""


J'en ferais un argument dans le 2ème axe , non ?
Si on s'en tient à un plan dialectique , si on devait faire la thèse du roman traditionnel : c'est donner l'illusion du réel et le NR ce serait entre autres le refus de toute littérature engagée .


Mais comment arriver à distinguer dans ce type de sujet l'argument de la thèse ?

Et pour le point et la virgule , vous voulez dire ceci par exemple:
En effet, ….. des objets. Mais (là on laisse un espace avant la majuscule )
"""""""""

Mais Duras n'a pas suivi complétement A.R.Grillet , elle a pris les éléments qu'elles voulait , et son but est que le lecteur se forge sa propre idée de l'histoire d'où la notion de contribution accrue du lecteur .

"""""Je vous ai dit qu'il y avait eu influence dans certaines œuvres, par exemple Le Ravissement de Lol V. Stein, et non fidélité aux idées de RG.
Du reste, et c'est la différence avec le Surréalisme, Le NR n'a pas produit de manifeste ni même eu de "leader" au début de son apparition. Les essais bien connus de Robbe-Grillet et de Sarraute ont paru assez longtemps après les premiers romans.
Attention d'autre part : vous avez recopié un article assez violemment à charge contre M. Duras, notamment à la fin ; il est bon de ne pas faire vôtre les arguments qu'il contient sans les avoir reconsidérés, ce qui me semble une tâche pour le moins difficile."""""


Oui , en effet , c'est un texte très critique mais ce qui m'a intéressé , c'était le mot "influence de A.R.Grillet sur " …

Oui, en effet.

Pour le bilan du NR :
_reproche au roman dit Balzacien d'accorder une trop grande importance aux facteurs sociologiques et psychologiques du personnage qualifiées de dépassées .
_ élément central c'est l'écriture et non le style
_ Influence du cinéma et du théâtre dans l'écriture
_ rôle de la description du temps et de l'espace
_mise en valeur des objets , des gestes et situations
_ mort du personnage et du héros


""""Non, ce n'est pas un bilan, mais des arguments à développer dans la seconde partie. Quant à la mort du héros, elle n'est pas propre au NR…
Il y a des idées dont vous n'aviez pas parlé du reste : le rapport avec le cinéma, l'écriture opposé au style."""""

Ok!J'ai du mal à percevoir cette idée de bilan , est-ce un simple résumé des idées directrices ?
Si je me tiens au 1er axe , l'idée qui revient , c'est la notion d'illusion du réel , de chronologie linéaire , d'intrigue bien ficelée et de narrateur omniscient .


Ce que j'appelle bilan, c'est en fait une synthèse dans laquelle vous allez porter un regard d'ensemble sur votre sujet. Il faut à présent définir en une phrase ou deux la conception que les néo-romanciers se sont fait de leur art, montrer en quoi leur expérience était nouvelle (bien qu'il y ait eu des signes avant-coureurs chez certains romanciers), et évaluer cette expérience : que faut-il en penser ? quelles sont ses limites ? quelle influence a-t-elle exercé sur les romans ultérieurs ? est-ce une expérience close ? etc…

Dans le 2ème axe , j'ai parlé brièvement du cinéma , puisque le NR offre une nouvelle vision de l'espace , les objets prennent de l'importance et sont au premier plan . Aussi A.R.Grillet est un géomètre et un cinéaste .

C'est toujours un peu cahotique : en fait, vous intégrez mal votre documentation à votre raisonnement. Je crois que l'essentiel du problème vient de là.

Pour l'écriture , je fais référence au roman traditionnel qui s'intéresse au style et au beau ? c-a-d le fond et la forme du texte .Et la littérature est engagée contrairement au NR .

Là encore, il y a plusieurs idées associées. Vous passez trop vite sur chaque argument. Les romans ne cherchent pas toujours le beau : prenez Zola, Mauriac…

"""""""""Pour les limites du NR :
_ Malgré que le langage utilisé soit plus accessible à tous , la présence d'intrigues superposées avec l'utilisation du procédé de mise en abyme ? peut mener au désintéressement du lecteur en raison du trouble suscité par cette écriture .


Dites "bien que" plutôt que "malgré que".
La mise en abyme n'est pas propre au NR : quel sens donnez-vous à l'expression, du reste ?
Que vient faire le point d'interrogation après "abyme" ?
Le mot "trouble" est peu adéquat : le lecteur n'est pas troublé, il est désorienté.""""""""""


Ok ! La mise en abyme renvoie au fait qu'il y'a des histoires secondaires dans l'histoire principale .


Eh non, c'est partiellement faux (erreur cmlassique). Pour qu'il y ait une mise en abyme, il faut que le récit secondaire reprenne la structure ou le thème du récit primaire. Un exemple célèbre : dans les Faux-Monnayeurs, d' A. Gide, un des personnages écrit un roman dont le titre est précisément celui du roman.

""""""Pour l'introduction , je verrais bien :

En France, à partir des années 50 , un mouvement remet en cause le principe de l’action décrite et de la chronologie. En effet, le nouveau roman reproche au roman de type balzacien donner trop d'importance aux facteurs sociologiques et psychologiques qualifiées de dépassées et suggère un roman qui donne une nouvelle vision de l'espace , du temps et des objets…

Est-ce correcte ? Bien que le NR n'est ni un mouvement ni une école …
Mais je trouve que ce serait bien de parler dés le début du contexte du NR , non ?


Oui, cf ce que j'ai dit plus haut. Une phrase doit être retirée, c'est "le principe … chronologie" : vous en ferez un argument.
N'oubliez pas d'annoncer votre plan.


Et attention : en français, il ne faut pas mettre d'espace avant le point et la virgule.""""""""

J'en ferais un argument dans le 2ème axe , non ?
Si on s'en tient à un plan dialectique , si on devait faire la thèse du roman traditionnel : c'est donner l'illusion du réel et le NR ce serait entre autres le refus de toute littérature engagée .


Mais comment arriver à distinguer dans ce type de sujet l'argument de la thèse ?

Et pour le point et la virgule , vous voulez dire ceci par exemple:
En effet, ….. des objets. Mais (là on laisse un espace avant la majuscule )


- Oui, dans le second axe.
- Votre sujet n'est pas dialectique puisque vous n'avez rien à discuter (sauf à la fin, dans le bilan), mais à exposer la critique des néo-romanciers et ce qu'ils ont proposé dans leurs œuvres.
Quant à la thèse de ces mêmes écrivains, que vous pouvez énoncer en tête de votre première partie, elle est la suivante : le roman traditionnel est un genre qui n'est plus adapté au monde d'aujourd'hui. L'idée de l'illusion du réel est déjà un argument.

A ce sujet : le Nouveau-Roman fonde en fait un réalisme total, objectif et subjectif (qu'on pense à la Jalousie de RG) en incluant non seulement ce qui "existe" dans la fiction, mais encore ce qui est possible (d'où les scènes reprises avec des variantes, les versions contradictoires de tel ou tel fait…). Mais on peut critiquer une telle démarche dans la mesure où l'on n'épuise jamais le "réel" ; une page sur la description d'un quartier de tomate ou d'un bouton de porte ne suffit pas en fait, et deux lecteurs ne reconstitueraient pas la même image de l'objet décrit. Cela explique du reste le recours au cinéma amplement opéré par RG.

- Oui pour la ponctuation.

Je ne sais pas si vous avez lu suffisamment d'extraits d'œuvres : je vous donne ici un extrait significatif d'un roman de RG :
II est presque l'heure de l'apéritif et A… n'a pas attendu davantage pour appeler le boy, qui apparaît à l'angle de la maison, portant le plateau avec les deux bouteilles, trois grands verres et le seau à glace. Le chemin qu’il suit, sur les dalles, est sensiblement parallèle au mur et converge avec le trait d’ombre au niveau de la table, ronde et basse, où il place le plateau avec précaution, près du roman à couverture vernie.
C'est ce dernier qui fournit le sujet de la conversation. Les complications psychologiques mises à part, il s'agit d'un récit classique sur la vie coloniale, en Afrique, avec description de tornade, révolte indigène et histoires de club. A … et Franck en parlent avec animation, tout en buvant à petites gorgées le mélange de cognac et d'eau gazeuse servi par la maîtresse de maison dans les trois verres.
Le personnage principal du livre est un fonctionnaire des douanes. Le personnage n’est pas un fonctionnaire, mais un employé supérieur d’une vieille compagnie commerciale. Les affaires de cette compagnie sont mauvaises, elles évoluent rapidement vers l’escroquerie. Les affaires de la compagnie sont très bonnes. Le personnage principal – apprend-on – est malhonnête. Il est honnête, il essaie de rétablir une situation compromise par son prédécesseur, mort dans un accident de voiture. Mais il n’a pas eu de prédécesseur, car la compagnie est de fondation toute récente ; et ce n’était pas un accident. Il est d’ailleurs question d’un navire (un gand navire blanc) et non de voiture.
Franck, à ce propos, se met à raconter une anecdote personnelle de camion en panne. A…, comme la politesse l’exige, s’inquiète de détail prouvant l’attention qu’elle porte à son hôte, qui bientôt se lève et prend congé, afin de regagner sa propre plantation, un peu plus loin vers l’est.
A… s’accoude à la balustrade. De l’autre côté de la vallée, le soleil éclaire de ses rayons horizontaux les arbres isolés qui parsèment la brousse, au-dessus de la zone cultivée. Leurs ombres très longues barrent le terrain de gros traits parallèles.

Alain Robbe-Grillet, La jalousie, éd. de Minuit.
Vous pourrez remarquer :
- Le point de vue "objectif" adopté ici par le narrateur ; c'est pourtant le voyeur qui observe la scène (d'où le titre).
- La fusion des points de vue du N. et de A… à la fin (qui l'emporte sur l'autre ?)
- Les propositions contradictoires du second paragraphes (la chose et son contraire coexistent ou il existe deux réalités possibles).
- Le caractère "géométrique" des descriptions (vous parliez justement de "géomètre" à propos de RG)

Que pensez-vous de ce texte ?
""""C'est toujours un peu chaotique : en fait, vous intégrez mal votre documentation à votre raisonnement. Je crois que l'essentiel du problème vient de là.""""

On pourrait dire comme cela :
De par leurs professions , leur écriture est imprégnée entre autres d'une nouvelle vision de l'espace et des objets … Sinon comment faire pour intégrer le détail par rapport à R.G



""""Pour l'écriture , je fais référence au roman traditionnel qui s'intéresse au style et au beau ? c-a-d le fond et la forme du texte .Et la littérature est engagée contrairement au NR .
Là encore, il y a plusieurs idées associées. Vous passez trop vite sur chaque argument. Les romans ne cherchent pas toujours le beau : prenez Zola, Mauriac… """"


Je pense que quelques parts Balzac allie dans son écriture la forme et le style . En effet , Zola est classé comme un naturaliste (il parle du déterminisme et de l'hérédité ) et il décrit les choses de manière crue …

Comment faire pour ne pas tomber dans le piège de "plusieurs idées associées et fondues" ?

Et arriver à développer jusqu'au bout chaque idée tout en expliquant …
Pour le beau et le style , c'est le mouvement romantique et on ne doit pas en parler en principe avec le roman traditionnel .



"""""- Votre sujet n'est pas dialectique puisque vous n'avez rien à discuter (sauf à la fin, dans le bilan), mais à exposer la critique des néo-romanciers et ce qu'ils ont proposé dans leurs œuvres.
Quant à la thèse de ces mêmes écrivains, que vous pouvez énoncer en tête de votre première partie, elle est la suivante : le roman traditionnel est un genre qui n'est plus adapté au monde d'aujourd'hui. L'idée de l'illusion du réel est déjà un argument.
A ce sujet : le Nouveau-Roman fonde en fait un réalisme total, objectif et subjectif (qu'on pense à la Jalousie de RG) en incluant non seulement ce qui "existe" dans la fiction, mais encore ce qui est possible (d'où les scènes reprises avec des variantes, les versions contradictoires de tel ou tel fait…). Mais on peut critiquer une telle démarche dans la mesure où l'on n'épuise jamais le "réel" ; une page sur la description d'un quartier de tomate ou d'un bouton de porte ne suffit pas en fait, et deux lecteurs ne reconstitueraient pas la même image de l'objet décrit. Cela explique du reste le recours au cinéma amplement opéré par RG."""""



Donc la thèse du NR , c'est le rejet catégorique d'une littérature engagée , non ?

C'est un argument quand vous dites que NR propose un réalisme total , objectif et subjectif , n'est-ce pas ? Qui implique aussi que chaque lecteur a une vision différente de la réalité .

Donc même l'illusion du réel , on ne doit pas en parler dans l'introduction ??



"""""""Vous pourrez remarquer :
- Le point de vue "objectif" adopté ici par le narrateur ; c'est pourtant le voyeur qui observe la scène (d'où le titre).
- La fusion des points de vue du N. et de A… à la fin (qui l'emporte sur l'autre ?)
- Les propositions contradictoires du second paragraphes (la chose et son contraire coexistent ou il existe deux réalités possibles).
- Le caractère "géométrique" des descriptions (vous parliez justement de "géomètre" à propos de RG)
Que pensez-vous de ce texte ? """""""""""""


C'est la vision de A qui semble l'emporte vers la fin . Ce texte est un bon exemple qui montre bien la différente de la perception de la réalité entre N et A . Le N semble aussi absent .La description de A est très minutieuse .
""""C'est toujours un peu chaotique : en fait, vous intégrez mal votre documentation à votre raisonnement. Je crois que l'essentiel du problème vient de là.""""

On pourrait dire comme cela :
De par leurs professions , leur écriture est imprégnée entre autres d'une nouvelle vision de l'espace et des objets … Sinon comment faire pour intégrer le détail par rapport à R.G


- "de par" est impropre.
- Quelles professions, et de qui parles-tu ?
Ce que tu veux dire, c'est que la pratique du cinéma a permis à RG de mieux faire percevoir une nouvelle vision de l'espace et des objets.
Pas que cela : l'image, en mettant sur le même plan, du point de vue de la perception, ce qui est "réel" et ce qui est imaginé, amène l'auteur a inventer une écriture qui permettra les mêmes effets.

""""Pour l'écriture , je fais référence au roman traditionnel qui s'intéresse au style et au beau ? c-a-d le fond et la forme du texte .Et la littérature est engagée contrairement au NR .

Là encore, il y a plusieurs idées associées. Vous passez trop vite sur chaque argument. Les romans ne cherchent pas toujours le beau : prenez Zola, Mauriac… """"

Je pense que quelques parts Balzac allie dans son écriture la forme et le style . En effet , Zola est classé comme un naturaliste (il parle du déterminisme et de l'hérédité ) et il décrit les choses de manière crue …

Ce que vous dites de Balzac ne signifie pratiquement rien, désolé.

Comment faire pour ne pas tomber dans le piège de "plusieurs idées associées et fondues" ? Et arriver à développer jusqu'au bout chaque idée tout en expliquant …
Pour le beau et le style , c'est le mouvement romantique et on ne doit pas en parler en principe avec le roman traditionnel .


C'est un problème de méthode. Il faut isoler chaque argument, le développer afin de le rendre convaincant - et en même temps faire la preuve que vous savez raisonner et utiliser vos connaissances -, et l'illustrer par un exemple expliqué ou commenté. L'ensemble argument - exemple forme un paragraphe.


"""""- Votre sujet n'est pas dialectique puisque vous n'avez rien à discuter (sauf à la fin, dans le bilan), mais à exposer la critique des néo-romanciers et ce qu'ils ont proposé dans leurs œuvres.
Quant à la thèse de ces mêmes écrivains, que vous pouvez énoncer en tête de votre première partie, elle est la suivante : le roman traditionnel est un genre qui n'est plus adapté au monde d'aujourd'hui. L'idée de l'illusion du réel est déjà un argument.
A ce sujet : le Nouveau-Roman fonde en fait un réalisme total, objectif et subjectif (qu'on pense à la Jalousie de RG) en incluant non seulement ce qui "existe" dans la fiction, mais encore ce qui est possible (d'où les scènes reprises avec des variantes, les versions contradictoires de tel ou tel fait…). Mais on peut critiquer une telle démarche dans la mesure où l'on n'épuise jamais le "réel" ; une page sur la description d'un quartier de tomate ou d'un bouton de porte ne suffit pas en fait, et deux lecteurs ne reconstitueraient pas la même image de l'objet décrit. Cela explique du reste le recours au cinéma amplement opéré par RG."""""



Donc la thèse du NR , c'est le rejet catégorique d'une littérature engagée , non ?
C'est un argument quand vous dites que NR propose un réalisme total , objectif et subjectif , n'est-ce pas ? Qui implique aussi que chaque lecteur a une vision différente de la réalité .

Non, la thèse, je vous l'ai donnée. C'est un argument parmi d'autres.
Quand je dis que parle de réalisme objectif et subjectif (mais ici, on n'en a pas parlé, et il vaut mieux le laisser de côté), ce n'est pas encore un argument parce que je n'ai rien démontré. C'est ce qu'on appelle une idée générale.


"""""""Vous pourrez remarquer :
- Le point de vue "objectif" adopté ici par le narrateur ; c'est pourtant le voyeur qui observe la scène (d'où le titre).
- La fusion des points de vue du N. et de A… à la fin (qui l'emporte sur l'autre ?)
- Les propositions contradictoires du second paragraphes (la chose et son contraire coexistent ou il existe deux réalités possibles).
- Le caractère "géométrique" des descriptions (vous parliez justement de "géomètre" à propos de RG)
Que pensez-vous de ce texte ? """""""""""""


C'est la vision de A qui semble l'emporte vers la fin . Ce texte est un bon exemple qui montre bien la différente de la perception de la réalité entre N et A . Le N semble aussi absent .La description de A est très minutieuse .

Je vous ai posé la question pour vous sensibiliser, mais je n'attendais pas de réponse. Il est difficile de savoir. Mettons qu'il y a fusion.
Ce que je voulais savoir, c'est si ce texte vous intéresse au point de voir lire l'ensemble du livre, par exemple. La réponse peut être utilisée dans le bilan final (bien que traditionnellement, on n'ait pas à donner un avis étroitement personnel).
Pour le "De par leurs professions" , j'aurais peut être mis à la place "étant donné que " mais votre tournure est plus claire .


"""Donc la thèse du NR , c'est le rejet catégorique d'une littérature engagée , non ?
C'est un argument quand vous dites que NR propose un réalisme total , objectif et subjectif , n'est-ce pas ? Qui implique aussi que chaque lecteur a une vision différente de la réalité .""""

Non, la thèse, je vous l'ai donnée. C'est un argument parmi d'autres.
Quand je dis que parle de réalisme objectif et subjectif (mais ici, on n'en a pas parlé, et il vaut mieux le laisser de côté), ce n'est pas encore un argument parce que je n'ai rien démontré. C'est ce qu'on appelle une idée générale.


Donc si vous aviez démontrer , cela deviendrait un argument ? Mais en tout cas , c'est une bonne idée , cela montre bien l'ambivalence de la perception .


Comment qualifierez-vous l'écriture dans le roman traditionnel ? Pour ces écrivains , l'écriture n'est qu'un moyen pour raconter une aventure .

Vous feriez comment la transition entre les deux parties ? D'après ce que j'ai lu à ce propos , elle se compose de trois étapes.


Sinon merci pour votre aide 🙂

Pour le "De par leurs professions" , j'aurais peut être mis à la place "étant donné que " mais votre tournure est plus claire .


Il faut dire : "du fait de leur profession".

"""Donc la thèse du NR , c'est le rejet catégorique d'une littérature engagée , non ?
C'est un argument quand vous dites que NR propose un réalisme total , objectif et subjectif , n'est-ce pas ? Qui implique aussi que chaque lecteur a une vision différente de la réalité .""""


Non, la thèse, je vous l'ai donnée. C'est un argument parmi d'autres.
Quand je dis que parle de réalisme objectif et subjectif (mais ici, on n'en a pas parlé, et il vaut mieux le laisser de côté), ce n'est pas encore un argument parce que je n'ai rien démontré. C'est ce qu'on appelle une idée générale.


Donc si vous aviez démontrer , cela deviendrait un argument ? Mais en tout cas , c'est une bonne idée , cela montre bien l'ambivalence de la perception .

Oui, il reste à le prouver en faisant mention de passages précis.

Comment qualifierez-vous l'écriture dans le roman traditionnel ? Pour ces écrivains , l'écriture n'est qu'un moyen pour raconter une aventure .

Non, c'est plus précis : pour R. Barthes, par delà la langue, qu'il ne choisit pas, et le style, qu'il ne contrôle pas tout à fait parce que celui-ci est lié à sa personnalité, l'écriture est la part de liberté dont l'auteur dispose pour inscrire son œuvre dans des codes esthétiques ou moraux renvoyant à son temps, donc à l'Histoire. C'est ainsi, par exemple, qu'au XIXème siècle, il existe une "écriture romanesque" faite de conventions : 3ème personne, passé simple, etc… Ces simples marqueurs installent le lecteur dans la certitude qu'il lit des faits historiques réels, alors qu'ils sont simplement rendus crédibles.
Mais c'est bien difficile. Laissons cela…

Vous feriez comment la transition entre les deux parties ? D'après ce que j'ai lu à ce propos , elle se compose de trois étapes.

Vous avez peut-être lu cela, mais ce n'est dans aucune instruction, et je vous avoue que c'est pour moi très secondaire. Il est évident qu'un "soudure entre parties s'impose" : à vous de trouver une phrase ou deux.

Sinon merci pour votre aide


De rien, c'est un plaisir.

Ce que j'aimerais, c'est que vous postiez un paragraphe intégralement rédigé avec un argument développé et appuyé sur des exemples.

Suggestion : pour Robbe-Grillet, quelle est la fonction du roman si celui-ci ne doit être ni divertissant, ni engagé, ni didactique ? (A mettre dans la seconde partie)
D'accord !

Concernant la fonction du roman , A.R.Grillet a dit que le roman est l'expression d'une époque et ne peut donc lui survivre .
Sa fonction serait donc de représenter la réalité de l'époque par le biais de l'écriture . Pour lui , je pense , le roman est une fiction mais c'est dans la forme du roman que réside son sens et sa réalité .
Ces critiques, en espérant une littérature humaine profonde ou une littérature au service d’une cause (littérature engagée), réduisent le roman à une signification qui est sans rapport avec lui : le roman ne peut être considéré comme un moyen pour atteindre une valeur qui le dépasse. Pour Alain Robbe-Grillet l’art est tout : il se suffit par conséquent à lui-même et il n’y a rien au-delà. L’oeuvre d’art (roman, peinture, symphonie ) est : elle n’a pas besoin de justification.

En fait, pour Robbe-Grillet, c’est dans la forme du roman que réside sa réalité (pas dans quelque chose qui lui serait extérieur). C’est aussi dans sa forme que réside son sens, sa signification profonde, son contenu. Un écrivain qui veut écrire un roman est d’abord préoccupé par l’écriture (comme un peintre a en tête des lignes et des couleurs). Ce qui se passera dans le livre vient après, engendré par l’écriture elle-même : le travail textuel peut produire de la fiction et même modifier celle-ci. L’écrivain Claude Simon avait d’ailleurs déjà exprimé cette idée à maintes reprises. C’est cette forme qui constitue le monde particulier de l’écrivain et qui frappera le lecteur (si, dans « L’étranger » de Camus, l’on change le temps des verbes et remplace la première personne du passé composé par la troisième personne du passé simple, tout l’univers de Camus disparaît aussitôt).

On ne peut donc parler du roman comme d’une chose indépendante de sa forme. L’art n’a pas pour but d’ornementer le message de l’auteur. Il n’exprime rien que lui-même. Il est donc ridicule de dire : « Cet écrivain a quelque chose à dire et il le dit bien ». L’écrivain véritable n’a pas quelque chose à dire : il a seulement une manière de dire. C’est cette manière de dire qui constitue son projet d’écrivain. Il doit créer un monde, mais c’est à partir de rien. L’aliénation de la littérature (l’aliénation est un état de dépendance) dans le monde moderne est de croire que l’écrivain a un message à transmettre.
Eh bien on est loin du compte !
On reprendra cela demain, si vous le voulez bien.
Ok !
Sinon , ce serait de troubler le lecteur mais là c'est plus un objectif…
Sa fonction serait donc de représenter la réalité de l'époque par le biais de l'écriture

Cela, c'est la conception de Stendhal ! cf sa fameuse définition : "Un miroir qu'on promène le long d'un chemin"
J'ai trouvé cette phrase dans ce site https://www.site-magister.com/nouvrom.htm .Mais le NR n'a pas un but en soi .

Sinon ,il y'a cette citation de Jean Ricardou : le roman devait être moins « l'écriture d'une aventure que l'aventure d'une écriture ».
Concernant la fonction du roman , A.R.Grillet a dit que le roman est l'expression d'une époque et ne peut donc lui survivre .
Sa fonction serait donc de représenter la réalité de l'époque par le biais de l'écriture . Pour lui , je pense , le roman est une fiction mais c'est dans la forme du roman que réside son sens et sa réalité .


Ces critiques, en espérant une littérature humaine profonde ou une littérature au service d’une cause (littérature engagée), réduisent le roman à une signification qui est sans rapport avec lui : le roman ne peut être considéré comme un moyen pour atteindre une valeur qui le dépasse. Pour Alain Robbe-Grillet l’art est tout : il se suffit par conséquent à lui-même et il n’y a rien au-delà. L’oeuvre d’art (roman, peinture, symphonie ) est : elle n’a pas besoin de justification.

En fait, pour Robbe-Grillet, c’est dans la forme du roman que réside sa réalité (pas dans quelque chose qui lui serait extérieur). C’est aussi dans sa forme que réside son sens, sa signification profonde, son contenu. Un écrivain qui veut écrire un roman est d’abord préoccupé par l’écriture (comme un peintre a en tête des lignes et des couleurs). Ce qui se passera dans le livre vient après, engendré par l’écriture elle-même: le travail textuel peut produire de la fiction et même modifier celle-ci. L’écrivain Claude Simon avait d’ailleurs déjà exprimé cette idée à maintes reprises. C’est cette forme qui constitue le monde particulier de l’écrivain et qui frappera le lecteur (si, dans « L’étranger » de Camus, l’on change le temps des verbes et remplace la première personne du passé composé par la troisième personne du passé simple, tout l’univers de Camus disparaît aussitôt).

On ne peut donc parler du roman comme d’une chose indépendante de sa forme. L’art n’a pas pour but d’ornementer le message de l’auteur. Il n’exprime rien que lui-même. Il est donc ridicule de dire : « Cet écrivain a quelque chose à dire et il le dit bien ». L’écrivain véritable n’a pas quelque chose à dire : il a seulement une manière de dire.C’est cette manière de dire qui constitue son projet d’écrivain.Il doit créer un monde, mais c’est à partir de rien. L’aliénation de la littérature (l’aliénation est un état de dépendance) dans le monde moderne est de croire que l’écrivain a un message à transmettre.

J'ai trouvé cette phrase dans ce site https://www.site-magister.com/nouvrom.htm .Mais le NR n'a pas un but en soi .


Sinon ,il y'a cette citation de Jean Ricardou : le roman devait être moins « l'écriture d'une aventure que l'aventure d'une écriture ».

- Il faut toujours indiquer l'auteur d'un texte que l'on publie (je parle du 1er extrait).

Ce que vous avez rédigé n'est pas bon pour trois raisons :
- Au tout début, vous mélangez critique du roman traditionnel et fonction du NR alors qu'on a dit que cela devait constituer deux parties distinctes.

- La seconde proposition est fausse dite ainsi : il existe une "réalité sociale", par exemple, dont le NR ne se soucie pas (cf mon allusion à Stendhal).

- La dernière phrase et quelques remarques faites à la suite de la 1ère citation se rapprochent de ce qu'il faut dire, mais cela reste vague, peu développé, et on attend des exemples qui ne doivent pas être des citations d'une page !!! Les exemples sont des allusions précises à des romans ou à des passages. On ne peut du reste pas faire de citations longues un jour d'examen, vu que l'on ne dispose pas des œuvres…

Vous avez fait de bonnes recherches, mais vous n'avez pas tiré parti de vos documents. Je mets en gras les éléments qui pouvaient vous fournir la réponse à la question qui, il est vrai, contient un petit piège.
Je la repose :

Quelle fonction Robbe-Grillet (disons pour simplifier) assigne-t-il au roman ?

Vous répondrez en un paragraphe de 5-6 lignes entièrement rédigé (argument + exemples que vous pouvez tirer de vos textes).
Voilà ce que je propose :

Dans le Nouveau roman , la littérature n'est pas engagée .Comme l'a souligné A.R.Grillet , le roman qui est une forme d'art , n'a pas besoin de justification pour exister par lui-même .Cependant , le roman n'est pas indépendant de sa forme qui est l'écriture , puisque c'est dans sa forme que réside sa signification profonde .Un romancier doit se focaliser en premier lieu sur l'écriture et celle-ci pourra produire à son tour de la fiction .De ce fait , l'écrivain véritable n'a pas de message à transmettre mais c'est par le biais de son écriture qu'il exprime son projet d'écrivain , en créant un monde à partir de rien .Selon Jean Ricardou , le Nouveau roman devient donc l'aventure d'une écriture.

Là je pense avoir mis les arguments mais je n'ai pas su incorporer des exemples précis sur A.R.G .
Sur le fond, c'est bien. On arrive à quelque chose qui tient la route. Sur le plan de la forme, c'est moins bien, dans le sens où tu as fait ce qu'on appelle un "montage" de citations, mais c'était un peu inévitable. Comme exemple, tu peux dire que les descriptions, comme celle qui ouvre l'extrait que j'ai retranscrit, n'ont aucune fonction précise alors que c'est toujours le cas dans les romans traditionnels : chez Balzac, par exemple, la description des lieux permet une première saisie des mentalités des personnages qui y vivent, en même temps qu'elle donne un cadre stable et sûr au récit. Ici, rien de tel : le trajet "sensiblement parallèle au mur" témoigne d'un simple regard sur les faits et les choses, il n'est pas chargé de révéler quoi que ce soit. D'où l'impression d'étrangeté qu'on a à la lecture (mais pourquoi nous dit-il cela ?).
Tu peux parler d'autotélisme pour dire de l'œuvre qu'elle n'a d'autre but qu'elle-même. Mais il faut savoir qu'on n'épuise pas la matière du NR en disant cela. Ce n'est pas pour rien que le NR a suscité beaucoup d'études dont certaines font appel au structuralisme ou, dans une toute autre direction, à la psychanalyse.
Mais là commence le travail du spécialiste, dont je ne suis pas.
Ok!
Merci pour votre aide attentive 🙂

Votre exemple , je le verrais bien dans mon paragraphe , avant ou après cette phrase ""De ce fait , l'écrivain véritable n'a pas de message à transmettre mais c'est par le biais de son écriture qu'il exprime son projet d'écrivain , en créant un monde à partir de rien "" puisque j'ai l'impression qu'avec le terme "de ce fait" , j'en ai déjà tiré une conclusion assez hâtive qui mériterait d’être étayé par un exemple .

Qu'en pensez-vous ? Dans le sens , on fait d'abord le constat puis on met l'exemple .


"""Ce n'est pas pour rien que le NR a suscité beaucoup d'études dont certaines font appel au structuralisme ou, dans une toute autre direction, à la psychanalyse."""

Est-ce votre phrase pourrait être considérée comme une sorte d'ouverture dans une conclusion bien qu'on ait déjà parlé de la conclusion un peu plus tôt ?


Est-ce que vous auriez une astuce pour distinguer la thèse de l'argument pour un mouvement ou une école ?
Oui, mais il ne crée pas un monde à partir de rien : il donne au contraire de ce monde une vision "à l'état pur" : le regard s'abîme dans l'objet sans qu'on puisse savoir pourquoi. Ce qui fait que ce monde prend alors une dimension insolite. La liberté, c'est celle de l'écrivain, pas celle d'un nouveau Dieu créateur, à l'instar de Balzac. Barthes disait que dans les descriptions du NR, on trouve "l'enregistrement d'une vision" (on est par là une fois de plus renvoyé au cinéma).
En conclusion, dans le "bilan", vous pouvez tirer parti de la position de Lucien Goldmann, critique marxiste, qui dit (en substance) que les néo-romanciers n'échappent pas à une inscription de leur œuvre dans l'Histoire. La disparition de la notion de personnage et le rôle accru de l'objet, jusqu'à accéder à une certaine autonomie, ne sont que le reflet de l'évolution de l'Homme qui devient peu à peu une "marchandise", voire un objet du fait du développement du Capitalisme. Les néo-romanciers, tout en critiquant l'engagement, auraient ainsi mis en lumière la crise de l'individu au XXème siècle, et leurs œuvres pourraient être alors dotées d'une portée sociologique. Cela me fait penser à un passage des Gommes où un garçon de café fait des gestes automatiques sous le regard d'un patron à la fois réel et "fantomatique". Le style mis à part, on n'est pas très loin de la Nausée de Sartre ou même de l'Étranger de Camus.

Non, il n'y a pas d'astuce pour distinguer la thèse des arguments. La thèse est une prise de position, les arguments tentent de prouver le bien-fondé de cette prise de position et d'en convaincre le lecteur.

Mais les mouvements littéraires ne sont pas toujours réductibles à une thèse…
D'accord !
Votre conclusion est très intéressante .
C'est une conclusion parmi d'autres.

Je reviens un moment sur le problème de l'objectivité. En fait, puisque tout passe par un regard, et que ce regard choisit ce qu'il décrit, même s'il le fait apparemment de façon exhaustive, le réalisme que l'on évoque à propos de Robbe-Grillet est en fait un réalisme subjectif (en cela, il s'oppose à l'omniscience du narrateur classique). Par conséquent, il faut corriger notre analyse en parlant, non de regard "objectif", mais de regard tourné vers l'objet, ce qui n'est pas pareil.
Un cas intéressant est donné par le film l'Année dernière à Marienbad, dans lequel X s'efforce de convaincre A. qu'ils se sont rencontrés et aimés l'année précédente à Marienbad. Le spectateur y adhère parce qu'il n'a pas à se demander si c'est vrai ; il a seulement à se laisser porter par ce qu'il voit et ce qu'il entend, vu que la réalité est en fait constituée par la vision du héros… Là aussi, l'objectivité et la subjectivité se réunissent.

On a rempli 4 pages ! Vous êtes vraiment consciencieuse et perfectionniste, ce dont je vous félicite. Je vous souhaite une pleine réussite dans vos études. 🙂 🙂