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Mais Duras n'a pas suivi complétement A.R.Grillet , elle a pris les éléments qu'elles voulait , et son but est que le lecteur se forge sa propre idée de l'histoire d'où la notion de contribution accrue du lecteur .
"""""Je vous ai dit qu'il y avait eu influence dans certaines œuvres, par exemple Le Ravissement de Lol V. Stein, et non fidélité aux idées de RG.
Du reste, et c'est la différence avec le Surréalisme, Le NR n'a pas produit de manifeste ni même eu de "leader" au début de son apparition. Les essais bien connus de Robbe-Grillet et de Sarraute ont paru assez longtemps après les premiers romans.
Attention d'autre part : vous avez recopié un article assez violemment à charge contre M. Duras, notamment à la fin ; il est bon de ne pas faire vôtre les arguments qu'il contient sans les avoir reconsidérés, ce qui me semble une tâche pour le moins difficile."""""
Oui , en effet , c'est un texte très critique mais ce qui m'a intéressé , c'était le mot "influence de A.R.Grillet sur " …
Oui, en effet.
Pour le bilan du NR :
_reproche au roman dit Balzacien d'accorder une trop grande importance aux facteurs sociologiques et psychologiques du personnage qualifiées de dépassées .
_ élément central c'est l'écriture et non le style
_ Influence du cinéma et du théâtre dans l'écriture
_ rôle de la description du temps et de l'espace
_mise en valeur des objets , des gestes et situations
_ mort du personnage et du héros""""Non, ce n'est pas un bilan, mais des arguments à développer dans la seconde partie. Quant à la mort du héros, elle n'est pas propre au NR…
Il y a des idées dont vous n'aviez pas parlé du reste : le rapport avec le cinéma, l'écriture opposé au style."""""
Ok!J'ai du mal à percevoir cette idée de bilan , est-ce un simple résumé des idées directrices ?
Si je me tiens au 1er axe , l'idée qui revient , c'est la notion d'illusion du réel , de chronologie linéaire , d'intrigue bien ficelée et de narrateur omniscient .
Ce que j'appelle bilan, c'est en fait une synthèse dans laquelle vous allez porter un regard d'ensemble sur votre sujet. Il faut à présent définir en une phrase ou deux la conception que les néo-romanciers se sont fait de leur art, montrer en quoi leur expérience était nouvelle (bien qu'il y ait eu des signes avant-coureurs chez certains romanciers), et évaluer cette expérience : que faut-il en penser ? quelles sont ses limites ? quelle influence a-t-elle exercé sur les romans ultérieurs ? est-ce une expérience close ? etc…
Dans le 2ème axe , j'ai parlé brièvement du cinéma , puisque le NR offre une nouvelle vision de l'espace , les objets prennent de l'importance et sont au premier plan . Aussi A.R.Grillet est un géomètre et un cinéaste .
C'est toujours un peu cahotique : en fait, vous intégrez mal votre documentation à votre raisonnement. Je crois que l'essentiel du problème vient de là.
Pour l'écriture , je fais référence au roman traditionnel qui s'intéresse au style et au beau ? c-a-d le fond et la forme du texte .Et la littérature est engagée contrairement au NR .
Là encore, il y a plusieurs idées associées. Vous passez trop vite sur chaque argument. Les romans ne cherchent pas toujours le beau : prenez Zola, Mauriac…
"""""""""Pour les limites du NR :
_ Malgré que le langage utilisé soit plus accessible à tous , la présence d'intrigues superposées avec l'utilisation du procédé de mise en abyme ? peut mener au désintéressement du lecteur en raison du trouble suscité par cette écriture .Dites "bien que" plutôt que "malgré que".
La mise en abyme n'est pas propre au NR : quel sens donnez-vous à l'expression, du reste ?
Que vient faire le point d'interrogation après "abyme" ?
Le mot "trouble" est peu adéquat : le lecteur n'est pas troublé, il est désorienté.""""""""""
Ok ! La mise en abyme renvoie au fait qu'il y'a des histoires secondaires dans l'histoire principale .
Eh non, c'est partiellement faux (erreur cmlassique). Pour qu'il y ait une mise en abyme, il faut que le récit secondaire reprenne la structure ou le thème du récit primaire. Un exemple célèbre : dans les Faux-Monnayeurs, d' A. Gide, un des personnages écrit un roman dont le titre est précisément celui du roman.
""""""Pour l'introduction , je verrais bien :
En France, à partir des années 50 , un mouvement remet en cause le principe de l’action décrite et de la chronologie. En effet, le nouveau roman reproche au roman de type balzacien donner trop d'importance aux facteurs sociologiques et psychologiques qualifiées de dépassées et suggère un roman qui donne une nouvelle vision de l'espace , du temps et des objets…
Est-ce correcte ? Bien que le NR n'est ni un mouvement ni une école …
Mais je trouve que ce serait bien de parler dés le début du contexte du NR , non ?Oui, cf ce que j'ai dit plus haut. Une phrase doit être retirée, c'est "le principe … chronologie" : vous en ferez un argument.
N'oubliez pas d'annoncer votre plan.Et attention : en français, il ne faut pas mettre d'espace avant le point et la virgule.""""""""
J'en ferais un argument dans le 2ème axe , non ?
Si on s'en tient à un plan dialectique , si on devait faire la thèse du roman traditionnel : c'est donner l'illusion du réel et le NR ce serait entre autres le refus de toute littérature engagée .
Mais comment arriver à distinguer dans ce type de sujet l'argument de la thèse ?
Et pour le point et la virgule , vous voulez dire ceci par exemple:
En effet, ….. des objets. Mais (là on laisse un espace avant la majuscule )
- Oui, dans le second axe.
- Votre sujet n'est pas dialectique puisque vous n'avez rien à discuter (sauf à la fin, dans le bilan), mais à exposer la critique des néo-romanciers et ce qu'ils ont proposé dans leurs œuvres.
Quant à la thèse de ces mêmes écrivains, que vous pouvez énoncer en tête de votre première partie, elle est la suivante : le roman traditionnel est un genre qui n'est plus adapté au monde d'aujourd'hui. L'idée de l'illusion du réel est déjà un argument.
A ce sujet : le Nouveau-Roman fonde en fait un réalisme total, objectif et subjectif (qu'on pense à
la Jalousie de RG) en incluant non seulement ce qui "existe" dans la fiction, mais encore ce qui est possible (d'où les scènes reprises avec des variantes, les versions contradictoires de tel ou tel fait…). Mais on peut critiquer une telle démarche dans la mesure où l'on n'épuise jamais le "réel" ; une page sur la description d'un quartier de tomate ou d'un bouton de porte ne suffit pas en fait, et deux lecteurs ne reconstitueraient pas la même image de l'objet décrit. Cela explique du reste le recours au cinéma amplement opéré par RG.
- Oui pour la ponctuation.
Je ne sais pas si vous avez lu suffisamment d'extraits d'œuvres : je vous donne ici un extrait significatif d'un roman de RG :
II est presque l'heure de l'apéritif et A… n'a pas attendu davantage pour appeler le boy, qui apparaît à l'angle de la maison, portant le plateau avec les deux bouteilles, trois grands verres et le seau à glace. Le chemin qu’il suit, sur les dalles, est sensiblement parallèle au mur et converge avec le trait d’ombre au niveau de la table, ronde et basse, où il place le plateau avec précaution, près du roman à couverture vernie.
C'est ce dernier qui fournit le sujet de la conversation. Les complications psychologiques mises à part, il s'agit d'un récit classique sur la vie coloniale, en Afrique, avec description de tornade, révolte indigène et histoires de club. A … et Franck en parlent avec animation, tout en buvant à petites gorgées le mélange de cognac et d'eau gazeuse servi par la maîtresse de maison dans les trois verres.
Le personnage principal du livre est un fonctionnaire des douanes. Le personnage n’est pas un fonctionnaire, mais un employé supérieur d’une vieille compagnie commerciale. Les affaires de cette compagnie sont mauvaises, elles évoluent rapidement vers l’escroquerie. Les affaires de la compagnie sont très bonnes. Le personnage principal – apprend-on – est malhonnête. Il est honnête, il essaie de rétablir une situation compromise par son prédécesseur, mort dans un accident de voiture. Mais il n’a pas eu de prédécesseur, car la compagnie est de fondation toute récente ; et ce n’était pas un accident. Il est d’ailleurs question d’un navire (un gand navire blanc) et non de voiture.
Franck, à ce propos, se met à raconter une anecdote personnelle de camion en panne. A…, comme la politesse l’exige, s’inquiète de détail prouvant l’attention qu’elle porte à son hôte, qui bientôt se lève et prend congé, afin de regagner sa propre plantation, un peu plus loin vers l’est.
A… s’accoude à la balustrade. De l’autre côté de la vallée, le soleil éclaire de ses rayons horizontaux les arbres isolés qui parsèment la brousse, au-dessus de la zone cultivée. Leurs ombres très longues barrent le terrain de gros traits parallèles.
Alain Robbe-Grillet, La jalousie, éd. de Minuit.
Vous pourrez remarquer :
- Le point de vue "objectif" adopté ici par le narrateur ; c'est pourtant le voyeur qui observe la scène (d'où le titre).
- La fusion des points de vue du N. et de A… à la fin (qui l'emporte sur l'autre ?)
- Les propositions contradictoires du second paragraphes (la chose et son contraire coexistent ou il existe deux réalités possibles).
- Le caractère "géométrique" des descriptions (vous parliez justement de "géomètre" à propos de RG)
Que pensez-vous de ce texte ?