Quels sont les temps qui sont maintenant désuets ?

Langue française

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Après avoir lu « Les jours de mon abandon », je me suis intéressé au temps de la conjugaison des verbes qui étaient une fois très utilisés, mais ne le sont plus maintenant. Je sais que le passé simple fut très populaire à l'oral il y a longtemps, et aussi le subjonctif imparfait, mais y en a-t-il d'autres ? Je suis surtout intéressé aux temps qui ont disparu de la langue parlée. De plus, je pense que j'aimerais vraiment intégrer ces temps désuets dans ma façon de parler, puisqu'il me semble, peut-être que c'est juste moi, mais que ces temps sont très élégants. Les autres auraient-ils de la difficulté à me comprendre si j'abordais l'apprentissage et l'intégration de ceux-ci dans mon langage parlé de tous les jours ?

Merci.
Sont devenus presque inusités, mais à l'oral seulement : le passé simple, le passé antérieur de l'indicatif, l'imparfait et le plus que parfait du subjonctif, le conditionnel passé deuxième forme.
Si tu décides de les employer (à bon escient), évidemment on te comprendra puisque tous les gens qui savent lire le français les ont rencontrés dans des textes écrits.
On se dira peut-être : Tiens, il parle comme un livre. 🙂
Dans une conversation, ces temps peuvent paraitre ridicules et prétentieux. Et à l'écrit, c'est limite. Mais le ridicule ne tue plus ! 😉
A l'écrit, je n'hésite pas à employer le SI ou le SPQP à la troisième personne.
Moi aussi, fût-ce ridicule.
Dernièrement, j'ai écrit dans un forum (pas du tout langue française), au sujet de règles de déontologie :
"Et pourtant, il eut suffi qu'il se l'appliquât."
Ai-je correctement écrit ?
Non : il eût suffi… (sans cela, c'est le passé antérieur, qui n'a rien à faire ici).

Ricardo, connais-tu la Complainte amoureuse d'Alphonse Allais ?
Cette Complainte est décidément un grand classique de ce forum ! 😜
Complainte amoureuse

Oui, dès l'instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes.
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes.
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris !
En vain, je priai, je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que je mis.
Ah ! Fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le disse,
Qu'avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu'enfin je m'opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse,
Pour que vous m'assassinassiez !
Non : il eût suffi… (sans cela, c'est le passé antérieur, qui n'a rien à faire ici).

Ricardo, connais-tu la Complainte amoureuse d'Alphonse Allais ?
Merci, Jacques, donc subjonctif pour les deux verbes : plus-que-parfait et imparfait.
Où trouver des exemples d'emploi du passé antérieur dans une phrase, que je puisse faire la comparaison ?
Oui, j'ai dû lire cette complainte il y a longtemps.
Le passé antérieur apparaît surtout dans les propositions temporelles, pour exprimer une "action" passée ponctuelle qui s'est déroulée juste avant une ou plusieurs autres actions passées ponctuelles, exprimées au passé simple.
Ex : Dès qu'il eut pris sa décision, il se leva et partit.
Ex : Dès que j'eus (et non j'eusse) pris…

D'autre part, dans ton exemple, "eût", substituable à "aurait" est en fait qualifié de "conditionnel passé 2ème forme" dans les grammaires traditionnelles, que tu as dû connaître. Mais il faut savoir qu'historiquement, le SPQP et le CP2 sont exactement le même temps du point de vue de la forme.
Merci, Jacques.
D'autre part, dans ton exemple, "eût", substituable à "aurait" est en fait qualifié de "conditionnel passé 2ème forme" dans les grammaires traditionnelles, que tu as dû connaître. Mais il faut savoir qu'historiquement, le SPQP et le CP2 sont exactement le même temps du point de vue de la forme.
Non, à mon époque, on ne parlait que du "plus-que-parfait du subjonctif", dans cet ordre et en toutes lettres. Tout au moins, dans l'école que j'ai fréquentée en CM2, 6ème, 5ème et 4ème, fin des années quarante et mille-neuf-cent-cinquante : L'école du centre à Drancy.
Pour la petite histoire, cette ville était encore dans le département de la Seine (75), et n'avait rien à voir avec l'actuel 93.