Prérequis pour lire Dostoïevski

Littérature

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je suis un passionné de littérature depuis plusieurs années et je n'ai encore jamais lu de roman de Dostoïevski, mis à part L'idiot, que j'ai vraiment adoré. Un ami m'a convaincu d'acheter ses oeuvres complètes dans la traduction de Markowicz.

Je me demande si le contexte historique de l'époque est essentiel à la compréhension de ses oeuvres en profondeurs et, si tel est le cas, j'aimerais savoir quels sont les grands éléments historiques auxquels Dostoïevski fait souvent référence dans son oeuvre. Si vous avez des documentaires sur Dostoïevski, des sites sur le contexte historique de la Russie de l'époque, des prérequis qui ne concernent pas nécessairement le contexte historique mais qui sont essentiels à la compréhension, ou des conseils de tout genre pour lire Dostoïevski, ce serait très apprécié!
Si c'est possible, j'aimerais aussi savoir s'il y a un ordre préférable dans lequel je devrais lire son oeuvre. Devrai-se débuter par des nouvelles ou plutôt par les grands classiques comme Crime et Châtiment, Les démons ou Les frères Karamazov?
Bonjour,

Une des clés pour entrer dans cette oeuvre est le rapport que son auteur a entretenu avec la foi orthodoxe.
Une recherche sur les deux termes donne une série de documents révélateurs. Je pense notamment à des conférences sur France Culture traitant le problème du mal chez cet écrivain.
On peut regarder utilement son rapport à la montée du nihilisme, ses liens avec le socialisme.
Disons qu'une connaissance, même synoptique et approximative, de la Russie tsariste et pré-révolutionnaire ainsi que d'une rapide biographie de Dostoïevski ne peut pas nuire à la compréhension de ses oeuvres. Mais il est inutile d'aller plus loin : c'est la lecture de Dostoïevski qui vous en apprendra sur son auteur et sur la Russie et non l'inverse. Le seul pré-requis qui vous eût réellement rendu service, c'est la connaissance de la langue russe afin de pouvoir le lire en V.O. Or, si ce n'est pas le cas, il va falloir faire le choix d'une ou plusieurs traductions. C'est d'autant plus compliqué que l'oeuvre de Dostoïevski fait l'objet, depuis toujours, de querelles d'interprétation experte auxquelles les non-russophones (c'est malheureusement mon cas), n'entendent rien. Je sais, par exemple, que la traduction Markowicz chez Babel (dont j'ai, personnellement, adoré celle de l'Homme du Sous-Sol) a fait hurler les puristes mais je suis incapable de vous dire pourquoi. Ce que je fais personnellement pour essayer de contourner cet écueil : je me procure systématiquement des traductions différentes (parfois plusieurs pour le même ouvrage) afin de faire émerger un profil général, ce que je pense avoir réussi à faire malgré tout après avoir lu tous les ouvrages de Dostoïevski. Maintenant, par quel ouvrage commencer ? Je conseille souvent de commencer par le dernier : c'est, en général celui qui peut être lu comme une sorte de testament intellectuel de l'auteur et, par conséquent, c'est souvent celui qui donne (ou ne donne pas) envie d'en savoir plus sur lui et de lire le reste de son oeuvre. Je crois que si vous commencez par les Frères Karamazov (par exemple dans la traduction Mongault chez Folio précédée d'une introduction signée Sigmund Freud himself) vous ne serez pas déçu. Bonne lecture (et revenez nous confier vos impressions).
[…] c'est la lecture de Dostoïevski qui vous en apprendra sur son auteur et sur la Russie et non l'inverse […]
Je suis assez d'accord sur l'idée de commencer par la lecture, même si des notes ne peuvent pas nuire; c'est pourquoi j'ai choisi les éditions dans La Pléiade : je trouve les traductions de bonne qualité littéraires, pour avoir pu les comparer avec d'autres en éditions de poche ; les traductions dans La Pléiade se retrouvent aussi dans certaines éditions de poche.
Il n'y a pas d'ordre : les cinq « grands romans » sont absolument indispensables, mais les ouvrages plus courts sont du plus grand intérêt également.
Par la suite, rien n'empêche de lire des ouvrages sur la Russie au XIXe siècle, mais, là encore, d'autres lectures, complémentaires, sont d'un grand apport : Tolstoï, Saltykov Chtchédrine, Tchékhov, Tourguéniev, Gogol, Leskov, Griboïèdov, Lermontov, Pouchkine…
Il paraît que Nekrassov est également excellent, mais je ne l'ai pas encore lu.
Par la suite, rien n'empêche de lire des ouvrages sur la Russie au XIXe siècle, mais, là encore, d'autres lectures, complémentaires, sont d'un grand apport : Tolstoï, Saltykov Chtchédrine, Tchékhov, Tourguéniev, Gogol, Leskov, Griboïèdov, Lermontov, Pouchkine…
Il paraît que Nekrassov est également excellent, mais je ne l'ai pas encore lu
Tout à fait d'accord. A compléter par l'audition exhaustive des oeuvres de Rachmaninov et de Scriabine et le visionnage, tout aussi exhaustif, des films d'Einsenstein, de Tarkovski et de Sokourov, pour avoir un peu plus qu'un aperçu de cette fascinante âme russe.
Pas de prérequis. C'est un courant, un bain qui parfois convient, parfois ne convient pas. J'ai lu Les frères Karamazov sans en décrocher en une semaine. Idem pour Humiliés et offensés, et pour L'Adolescent. Entrée toutefois plus délicate envers Les Démons qui relus plus tard me furent un délice. Idem pour L'Idiot. Pas de recette. On lit et on se laisse prendre …ou pas.
Je n'ai rien à ajouter à cette excellente parole. 😉
Eh bien moi, j'ai lu Les frères Karamazov avec peine et L'idiot bien plus facilement . 🙂