Bonjour Marina,
Voilà un sujet qui ne peut laisser indifférent tant il touche à notre être profond.
De plus c'est un champ d'investigation immense dans lequel nos connaissances sont forcément parcellaires. La réponse que je peux t'apporter est immanquablement marquée au sceau de ma culture gréco-latine et judéo-chrétienne (au risque de me montrer ignorant d'autres traditions). Enfin il est possible que notre civilisation scientiste et hédoniste n'apprécie que modérément le fait religieux et les obscurités du mythe. Il existe de ce fait un risque à examiner de l'extérieur une sagesse comme s'il s'agissait simplement d'un objet de musée. Le mythe a en effet été l'expression de croyances vivantes (ou du moins qui ont aidé des hommes à vivre).
Ces préliminaires posés, nous pouvons commencer le grand voyage initiatique.
D'abord quelques définitions :
Le
mythe
Phénomène culturel complexe, le mythe peut être étudié selon différents points de vue. Généralement, c'est un récit, chargé de symboles, qui raconte l'origine du monde, des dieux, la création des animaux, des hommes, l'origine des traditions, des rites et de certaines formes de l'activité humaine. Le mythe est fondateur et presque toutes les cultures en ont possédé ou en possèdent. Relation d'événements situés dans un temps antérieur à l'histoire des hommes, récit mettant en scène des êtres et des processus surnaturels, le mythe est lié, à maints égards, à la religion. Il éclaire, par sa nature multiforme, bien des aspects de la vie individuelle et culturelle.
Religion :
· « Chemin spirituel » qui met en relation avec Dieu, à travers une doctrine et une pratique.
· Ensemble de croyances et de pratiques culturelles qui constituent les rapports de l’Homme avec une ou des puissances divines ou surnaturelles.
Ces deux définitions permettent d'affecter à chaque notion son champ d'application, les liens qu'elles entretiennent comme les différences qui les séparent. Par ex. on pourrait démontrer que le mythe est la production d'un groupe alors que la religion est plutôt vécue sur le mode personnel (même s'il existe des formes d'expression communautaires)…
Il existe donc deux voies royales (du moins dans notre civilisation occidentale)
- La tradition gréco-latine,
- La tradition judéo-chrétienne (qui a, par ailleurs, ici ou là, incorporé des traditions païennes en les christianisant).
Je vais te donner quelques pistes à creuser.
Pour la tradition gréco-latine :
Outre Orphée,
Dionysos, le vin, l'ivresse sacrée, le dieu lié à la déclamation théâtrale… De nombreux poèmes se réfèrent à ce dieu de la vie, de la danse, du lien avec les forces cosmiques… Si tu veux creuser le sujet ici [lien invalide] ou
là. Tu y découvriras les liens entre poésie dramatique et culte…
Apollon : est le dieu archer grec de la clarté solaire, de la beauté, de la raison, des arts et plus précisément de la musique et de la poésie.
Si tu veux en savoir plus :
va voir ici
Mais tu te rends compte que s'y rattachent tous les cultes solaires, la célébration de la lumière, et de la poésie divinatoire… Il fut le symbole du mécénat royal de Louis XIV…
Il y aurait aussi les Titans, Hercule et du manière générale toute la mythologie qui irrigue notre poésie. Les grands textes fondateurs restent l'
Iliade et l'
Odyssée, mais il faudrait citer aussi Hésiode, Virgile, Ovide…
Pour la tradition judéo-chrétienne :
La
Bible a été une source d'inspiration poétique au moins aussi importante que la mythologie gréco-latine.
Pour examiner les liens directs entre
Bible et poésie, il suffit de parcourir quatre livres à l'influence prédominante :
- la
Genèse avec sa structure à base de refrain "Il y eut un soir, il y eut un matin…" qui rythme la création. C'est à elle que nous devons le puissant mythe poétique du jardin d'Eden, de l'arbre de vie, le déluge…
- Ensuite il y a les
Psaumes bibliques qui associent danse, poésie, royauté, sacerdoce et prière. Le Roi David dansait nu et s'accompagnait de la harpe pour interpréter les poèmes qu'il avait composés…
- Et encore le magnifique
Cantique des cantiques, modèle souvent repris de poésie amoureuse avec ses thèmes de la vigne, de la colombe, de la biche…
- Enfin le genre apocalyptique avec ses monstres, ses anges, son combat grandiose entre le Bien et le Mal…
Te citer tous les poèmes qui, de près ou de loin, se sont inspirés de ces traditions est impossible. Il convient de remarquer que ces traditions n'ont pas été qu'un réservoir de thèmes et d'images, mais ont aussi inspiré des techniques d'écriture et que le poète a toujours été considéré comme un esprit inspiré visité par les dieux. Note enfin que la plupart de ces textes étaient faits pour être lus à haute voix, déclamés dans des cérémonies le plus souvent religieuses.