Origine de "je ne sache pas que"

Langue française

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Cette construction me fait tiquer depuis longtemps déjà. Si l'on en croit les références suivantes,

1) https://www.jstor.org/stable/287589?seq=1#page_scan_tab_contents ;
2) https://books.google.fr/books?id=JF7YuzLqU6EC&pg=PA143&lpg=PA143&dq=peux+puis+sais+sache&source=bl&ots=QomeCYt-dB&sig=9-RGTKIUX1f4mmaVIlssHgSMaYE&hl=en&sa=X&ved=0ahUKEwje6Zuh4fzRAhWGLsAKHZovB74Q6AEIQzAF#v=onepage&q=peux%20puis%20sais%20sache&f=false

il semblerait qu'il soit possible de - voire qu'il faille - voir dans ce sache un indicatif tout ce qu'il y a de plus normal, et qu'il s'agisse en réalité d'un cas similaire à l'alternance je peux/je puis.

J'en viens dès lors à me demander si cette même forme dans à ce que je sache n'était pas, à l'origine, un indicatif (cf. les constructions similaires à ce que je vois, de ce que je comprends, de ce que je sais, ?à ce que je sais), qui aurait été facilement réinterprété comme un subjonctif pour des raisons phonétiques (c'est bien simple, les formes sont identiques) et sémantiques (l'analogie avec pour autant que je sache, par exemple).

Qu'en pensez-vous ?

Soit dit en passant, l'anglais I don't know that he's ready m'a toujours perturbé
Morphologiquement, sache est bien un subjonctif. La forme remonte à l'étymon sapiam (subj. de *sapio, "savoir" en latin vulgaire) ; p devant y aboutit normalement à ch, comme dans sepia > "seiche", hapja > "hache", etc…
Je ne sache pas n'équivaut pas à je ne sais pas et, d'autre part, à ce que je vois a comme correspondant à ce que je sais, et non *à ce que je sache.
Le subjonctif et la négation atténuent la constatation exprimée ; la tournure est un archaïsme provenant des XVIème ou XVIIème siècles.
Morphologiquement, sache est bien un subjonctif
L'auteur 1) affirme que dans je sache ont été confondus deux étymons différents : sapiam, bien sûr, mais également sapio ; et que les formes actuelles de l'indicatif, je sais, tu sais, il sait, ne sont pas étymologiques mais analogiques.
La forme sais (sai en AF) remonte à sapio, mais dans ce verbe, ainsi que dans les verbes *abio (habeo) et *debio (debeo), la labiale est tombée dès le latin vulgaire.
On a donc : *sayo > sai (le -s de sais est bien sûr analogique).
Mmh, voilà qui semble porter un coup dur à sa théorie (et à la mienne, par corollaire)… Est-il possible d'avoir deux évolutions phonétiques régulières distinctes pour une même forme ?
Ce n'est pas une même forme : sapio a vu sa labiale tomber car, de même que *a(b)io et *de(b)io, son emploi fréquent comme semi-auxiliaire à l'indicatif présent lui conféré un statut de proclitique, ce qui n'est pas le cas de la forme sapiam. De plus, le -a de la désinence a joué un rôle.
Je ne pense pas qu'on puisse avoir la forme sace ou sache à l'indicatif présent en AF.

Bonjour,

Comment explique-t-on la tournure "je ne sache pas que…" ?

Est-ce que ça veut dire "je ne sais pas que…" ou y a-t-il une nuance ?

Bonsoir,Vous avez posé la même question il y a quelques années.Voici le lien vers les réponses : > @""#p452903 Bonjour,

Pouvez-vous m'expliquer cette expression :
"je ne sache pas que …"
?

Merci.

Bonsoir.Tu dis qu’ Untel est venu ? Je ne sais pas s’il est venu. (Simple constat de mon ignorance du fait)Je ne sache pas qu’Untel soit venu. (À ma connaissance, Untel n’est pas venu. Mais je peux me tromper. ) = Untel n’est pas venu, que je sache.Cette tournure est en fait souvent employée ironiquement. On fait mine de douter, mais en fait on est certain qu’ Untel n’est pas venu, contrairement à ce qu’affirme l’interlocuteur. https://parler-francais.eklablog.com//je-ne-sache-pas-que-que-je-sache-a58651295

Mille mercis, Jehan.

C’est vraiment une curiosité !

Je lis le lien.

Désolé d’avoir déjà posé la question.